«C’était incroyable» : à Marseille, un vol Ryanair à destination de Marrakech décolle en laissant 83 passagers au sol
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«C’était incroyable» : à Marseille, un vol Ryanair à destination de Marrakech décolle en laissant 83 passagers au sol Par Nicolas Farmine, Le Figaro Marseille Le 22 avril 2026 à 18h10 Suivre Sujets aéroport avion Lire dans l’app Sauvegarder Nouvelle fonctionnalité ! Avec votre compte, vous pouvez désormais sauvegarder des articles pour les lire plus tard sur tous vos appareils. Sauvegarder Fermer Sauvegarder un article Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils. Créer un compte Se connecter Copier le lien Lien copié Mail Facebook X Linkedin Messenger WhatsApp Ryanair dément avoir «abandonné» ses passagers. ANTOINE BOUREAU / Hans Lucas via AFP Les passagers ont été empêchés de prendre leur avion en raison d’un engorgement au niveau du contrôle aux frontières. Certains d’entre eux sont allés jusqu’à envahir le tarmac pour protester, mais l’appareil a fini par décoller. Passer la publicité Passer la publicité Publicité «Je m’étais pourtant juré de ne plus prendre Ryanair...», peste Nicolas auprès du Figaro. Le sexagénaire, qui avait déboursé pas moins de 1500 euros pour se rendre à Marrakech avec sa femme et sa fille depuis l’aéroport de Marseille Provence, a bien failli ne jamais voir la couleur du sol marocain. La faute à une situation ubuesque qui a cloué 83 passagers au sol samedi soir dernier. «On avait pris le dernier vol de la journée à destination du Maroc, prévu pour 22 heures 30. On a été appelés pour se rendre aux contrôles des passeports, mais il y avait beaucoup d’attente», poursuit Nicolas en rembobinant le fil de cette soirée mouvementée. «Il y avait seulement deux agents pour contrôler tout un avion et les contrôles biométriques étaient éteints. C’était incroyable», ajoute celui qui fait plusieurs allers-retours entre la France et le Maroc dans l’année pour voir ses proches. 104 passagers seulement passent le contrôle aux frontières, avant que les contrôles du terminal 2 ne s’arrêtent net. Passer la publicité Publicité «Ils ont commencé à contrôler des passeports, avant de tout arrêter à quelques minutes de la fin de l’embarquement. L’un des agents a soudainement indiqué que Ryanair n’enregistrerait plus de passagers et que le vol devait partir. La situation est montée en pression et une personne nous a indiqué qu’on pourrait reprendre un vol mardi en l’échange d’une centaine d’euros», poursuit le passager, toujours extrêmement remonté ce mercredi. Des dizaines de passagers envahissent le tarmac Voyant que leur vol n’avait pas encore décollé, des dizaines de passagers en colère ont alors forcé les contrôles aux frontières puis l’embarquement et se sont retrouvées sur le tarmac pour protester, comme constaté par Le Figaro sur de nombreux clichés et vidéos pris par les passagers. «On était devant l’avion, entourés des forces de l’ordre qui tentaient de discuter avec nous et compatissaient. Puis une policière est arrivée et nous a dit que Ryanair allait nous rembourser. J’étais avec ma fille, il était 1 heure du matin et on n’avait aucun moyen pour rentrer chez nous», souffle Nicolas, qui a finalement quitté l’aéroport dans la nuit. Le vol a finalement décollé aux alentours de 1 heure 50 du matin, lesté d’une grande partie de ses passagers. «C’était une ruse pour nous faire quitter le tarmac. Ils ont essayé de nous la mettre à l’envers pour qu’on dégage», lâche le sexagénaire avec amertume. Lui et ses proches ont finalement pu décoller vers Casablanca le lendemain via un vol sur la compagnie Royal Air Maroc, moyennant 750 euros supplémentaires et 4 heures de route en voiture pour rallier Marrakech. Pourquoi avoir empêché les passagers de monter à bord de l’avion, alors même que l’appareil est resté cloué au sol plusieurs heures durant ? «La compagnie aérienne a un créneau à respecter. À un moment donné, Ryanair a décidé de partir sans consulter la police aux frontières (PAF)», souffle une source proche du dossier, dessinant les contours d’une situation «rarissime» conséquente à «un enchaînement de mauvaises décisions». Quatre jours plus tôt pourtant, un avion de la même compagnie avait décollé de l’aéroport de Vatry en direction de Marrakech à vide, faute d’agents de sûreté disponibles à l’embarquement, comme le rappelle France 3 . Ryanair refuse de rembourser les passagers Selon le témoignage de certains passagers, seuls deux policiers étaient présents pour réaliser les contrôles des passeports avant l’embarquement, ce qui aurait provoqué un engorgement et empêché des dizaines de personnes d’accéder au vol. «Le dispositif était tout à fait normal et proportionné», nuance une source proche du dossier. «L’équipage devait rentrer pour ne pas accumuler les heures de vol et l’avion devait être stationné au Maroc. La compagnie a décidé de partir avec 104 passagers à bord, tout en plantant 83 personnes en les laissant au sol», avance-t-on. Passer la publicité Publicité Contacté par Le Figaro, l’aéroport Marseille Provence a indiqué qu’une enquête interne avait été ouverte pour faire la lumière sur cet évènement, tout en condamnant fermement l’envahissement du tarmac par certains passagers. L’une d’elles, qui a témoigné dans les colonnes de La Provence, a été placée en garde à vue quelques heures après les faits et a été convoquée au tribunal judiciaire d’Aix-en-Provence en janvier 2027 en vue d’une notification d’un avertissement pénal probatoire. «C’était le chaos, mais il n’y a pas eu de la violence de la part des passagers», défend Nicolas. De son côté, Ryanair dément fermement avoir «abandonné» ses 83 passagers. «Certains passagers ont manqué leur vol, essentiellement parce qu’ils n’étaient pas présents dans la zone de la porte d’embarquement lorsque l’embarquement pour leur vol a débuté et fermé. Les passagers ont manqué leur vol, ils n’ont pas été laissés derrière», martèle la compagnie auprès du Figaro. «Ryanair nous a répondu qu’ils ne s’estimaient pas responsables de la situation. L’aéroport nous répond de voir avec la compagnie pour un remboursement. On cherche à retrouver le contact de l’ensemble des 83 passagers afin de se réunir et de prendre un avocat», ajoute Nicolas, conscient de l’absurdité de la situation.





