... | 🕐 --:--
-- -- --
عاجل
⚡ عاجل: كريستيانو رونالدو يُتوّج كأفضل لاعب كرة قدم في العالم ⚡ أخبار عاجلة تتابعونها لحظة بلحظة على خبر ⚡ تابعوا آخر المستجدات والأحداث من حول العالم
⌘K
AI مباشر
186834 مقال 299 مصدر نشط 38 قناة مباشرة 8915 خبر اليوم
آخر تحديث: منذ 5 ثواني

"C’est une révolution !" : pourquoi la victoire de Péter Magyar va tout changer à Bruxelles

سياسة
L'Express
2026/04/15 - 14:00 501 مشاهدة

Ils ne pouvaient rêver d’une meilleure soirée. A la télévision, le Hongrois Péter Magyar, ravi d’avoir défait dans les urnes Viktor Orban, bête noire des Européens et cheval de Troie de Vladimir Poutine, prononce ces quelques mots, que l’on n’espérait plus entendre, depuis longtemps, à Bruxelles : "Aujourd’hui, le peuple hongrois a dit oui à l’Europe". Pendant ce temps, à 1 100 kilomètres à vol d’oiseau de Budapest, les téléphones crépitent, les boucles WhatsApp surchauffent et toute la "bulle" bruxelloise exulte de bonheur. On s’envoie quelques émojis, on se laisse (un peu) aller. "Put*** mais le pognon qu’ils vont se faire !", pianote un haut fonctionnaire de la Commission européenne à un ami qui travaille au Parlement de Strasbourg en référence aux 17 milliards d’euros que la Hongrie, appauvrie sous Orban, devrait toucher - ces fonds étaient gelés en raison du non-respect de l’Etat de droit. Ce soir-là, on célèbre la victoire de Péter Magyar autant qu’on savoure la défaite de Viktor Orban. "Ça nous enlève une sacrée épine du pied, résume le conseiller d'un commissaire européen. On n’aura plus à faire attention à ce qu’on dit, à qui on le dit, et ça va tout débloquer. On n’imagine pas ce que ça va changer ici. C’est une révolution !"

Magyar est, certes, un illustre inconnu, mais un illustre inconnu vaut mieux qu’un informateur de Moscou… Il y a trois semaines, le Washington Post révélait ce que l’on soupçonnait déjà depuis des années dans les hautes instances de l’UE : le ministre hongrois des affaires étrangères, Péter Szijjártó, a régulièrement transmis des informations sensibles à son homologue russe, Sergueï Lavrov. Les Hongrois étaient par conséquent exclus de certaines discussions, notamment au stratégique Conseil de l’UE ; avec Péter Magyar, ils devraient être réintégrés. C’est la première conséquence, majeure, de cette large victoire du juriste de 45 ans - il a remporté les deux tiers des 199 sièges au parlement hongrois.

Le regard que les Etats membres portent sur la Hongrie en est nécessairement modifié. "Magyar n’est pas forcément un allié, mais ce n’est pas un ennemi", observe un cadre de Renew, le principal groupe centriste et libéral du Parlement européen. La Hongrie ne devrait plus être une force de blocage, comme elle l’a été ces seize dernières années. A brève échéance, l’important prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine, dont Kiev dit avoir impérativement besoin, devrait être débloqué.

Pas europhile mais pragmatique

Toute une série de projets, bloqués jusqu’alors par Orban, devraient avancer. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, veut s’en assurer, profitant de l’élan de la victoire de Magyar pour remettre sur la table la question du droit de veto, dont elle estime qu’il faudrait se débarrasser pour passer au vote par une majorité qualifiée. Sujet crispant s’il en est, les "petits" pays y voyant un moyen pour se faire entendre. Mais d’aucuns espèrent que la défaite d’Orban coupera l’herbe sous le pied à ceux qui tentaient de s’inspirer de son "modèle" : le Premier ministre slovaque, Robert Fico, et le chef du gouvernement de la République tchèque, Andrej Babiš. "On a coupé la tête de la pieuvre illibérale, claironne un haut fonctionnaire européen. Les tentacules ne bougeront plus longtemps". Le même considère que Fico et Babiš étaient entraînés par Orban, ne se mettaient jamais en première ligne mais suivaient la ligne du théoricien du concept de "démocratie illibérale". Par un effet domino, la victoire de Péter Magyar peut donc avoir un impact sur l’ensemble de l’Europe centrale.

On forme d’ailleurs le vœu, peut-être pieux, que le nouveau leader hongrois s’inspire du miracle polonais pour redresser les finances du pays. "Il fait partie de cette génération qui, comme Giorgia Meloni, n’est pas du tout europhile mais pragmatique. Ils ont compris qu’ils avaient besoin des fonds européens donc ils tendent la main", relève un eurodéputé Renew. Dernière conséquence, non des moindres : avec la victoire de Magyar, les financements des think tanks illibéraux devraient se tarir. Comme l’a récemment raconté L’Express, Orban avait par exemple fait du Mattias Cornivus Collegium (MCC), qui a une antenne à Bruxelles, une puissante machine de propagande, gavée d’argent. Lors de sa campagne anticorruption et pro-UE, Péter Magyar a promis de dissoudre ce vaste appareil de propagande et de "récupérer les biens publics attribués au MCC".

Le soulagement qui domine à Bruxelles ne dissimule pas, toutefois, quelques craintes à Strasbourg, où l’on anticipe que sur certains sujets le parti de Magyar, Tisza, devra marquer sa différence avec le Parti populaire européen, dans lequel ses élus siègent. "Il aura quand même besoin de montrer, à un moment, qu’il est Hongrois avant d’être européen", tempère un élu PPE. Du reste, les rapports de force restent inchangés au Parlement européen, où les illibéraux du Fidesz d’Orbán conservent une grande influence au sein du groupe de Jordan Bardella, les Patriotes pour l’Europe.

مشاركة:

مقالات ذات صلة

AI
يا هلا! اسألني أي شي 🎤