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"C’est le seul endroit où exister" : qui sont ces Français qui plébiscitent les réunions ?

سياسة
L'Express
2026/04/21 - 06:30 501 مشاهدة

Nombreux sont les détracteurs des réunions : 70 % des salariés aux États-Unis, selon le chercheur américain Steven Rogelberg (The Surprising Science of Meetings, Oxford University Press, 2019), et 80 % en France les jugeraient "pas du tout efficaces" (environ 9% les jugent "très efficaces" et 11 % "assez efficaces", étude Deskeo, 2024). Ces rendez-vous professionnels sont souvent perçus comme des entraves : ainsi, 67 % des salariés jugent que leur productivité en pâtit et ils sont près de 90 % à faire autre chose pendant ce temps contraint (Deskeo). Sans compter les multiples coûts cachés de ces séances de brainstorming.

Mais alors, qui sont ces 20 % de Français qui défendent cette méthode de travail ? Ce sont "quatre profils et ils se reconnaîtront" répond Tonvoisin Debureau, pseudonyme d’un enseignant-chercheur titulaire d’un doctorat en business administration, auteur notamment de Réunionite chronique (Gereso, 2026), qui a dressé un "portrait forensique d’une espèce méconnue… fruit de vingt-cinq ans d'observation en milieu corporate".

Les quatre cavaliers de la réunionite

"L'Homo reunionicus narcissicus" est le premier des quatre. Pour l’expert, ce narcissique "aime les réunions pour une raison d'une limpidité confondante : c'est le seul endroit où il existe vraiment. A son bureau, il se fane. En réunion, il est en scène. La salle est son théâtre, l'ordre du jour sa partition - qu'il n'a jamais lue, puisqu’il n’y en a pas. Pour lui, la réunion n'est pas un outil de travail. C'est un miroir".

Ce salarié qui réalise ses rêves d’acteur au milieu des autres, rivalise avec celui que Tonvoisin Debureau nomme "Hierarchicus affirmans". "Le Gladiateur du statut ne participe pas aux réunions... Il les colonise. Chaque convocation lui rappelle qu'il est là, qu'il compte. Ne pas être dans la salle ? Une menace existentielle. Comme le chien qui renifle les autres dans le parc, mais en costume trois-pièces, en tailleur ou en jean". On trouve ces profils "surtout là où la réunion est le travail : le conseil, la fonction publique, le management intermédiaire... Plus l'organisation est grande, plus l'espèce prospère", analyse l’enseignant.

Chez les aficionados de la réunionite aiguë, on retrouve aussi, "l'Escapologiste du livrable (Delivericus evitans)". Un classique. Il "aime les réunions désorganisées, celles qui ne produisent rien - précisément parce que ne rien produire est son objectif. Pendant qu'il 'synergise' et 'aligne les parties prenantes', il ne fait pas. C'est un génie de l'évitement". Le roi de l’esquive qui agace mais réussit. Ce qui nous amène au quatrième cavalier de la réunionite : "le Thermophile social (Gregarius anxietus) plus rare, plus touchant". C'est celui qui affectionne les réunions "parce qu'il craint le silence. La réunion est son rempart contre la solitude du travail moderne - ce paradoxe cruel d'open spaces surpeuplés où l'on se sent plus seul qu'un ermite, sans parler du télétravail : l’histoire revisitée de Robinson Crusoé".

L’effet Crusoé, stigmate de la période Covid-19 où tout était réunion à distance. Cinq ans ont passé et même si la technologie a évolué, David Gautron, partner chargé de l’expérience collaborateur chez Julhiet Sterwen (cabinet de conseil en transformation) confirme que "l’attention en distanciel doit rester un point de vigilance". Une étude menée en 2026 par le cabinet indique que "77 % des salariés pointent encore des effets négatifs sur la productivité, liés notamment à une attention plus difficile à maintenir à distance".

Un regain d'attractivité

David Gautron note toutefois une évolution positive dans l’appréciation des réunions : ainsi, 79 % des managers estiment que leur qualité s’est améliorée, et 74 % qu’elles sont plus courtes (soit une hausse de 11 points pour ces deux indicateurs par rapport à l’enquête précédente). Constat partagé par les salariés (67 % et 64 %). Selon lui, ce regain d'attractivité s'explique par des réunions plus cadrées : moins de sept participants, une durée de 30 à 45 minutes maximum, une préparation en amont, un ordre du jour, un temps de parole bien distribué, un plan d’action et un compte rendu. Une meilleure technologie, ainsi que l’IA pour le compte rendu et le plan d’action leur confèrent une efficacité renouvelée.

Cependant, 74 % des salariés notent que le nombre de réunions a augmenté depuis la pandémie (Deskeo, 2024). Que révèle cette réunionite ? "Une addiction avec un mécanisme pavlovien 'on convoque donc on existe' : Convoco ergo sum." Une faiblesse, selon Tonvoisin Debureau : l'incapacité à trouver sa valeur autrement. Mais aussi une force : "ces 20 % sont des lanceurs d'alerte malgré eux". Le chercheur estime que "si des salariés cherchent dans les réunions inutiles la reconnaissance et le lien que l'organisation ne leur donne pas ailleurs, c'est que l'entreprise moderne a échoué à satisfaire des besoins humains fondamentaux".

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