«C’est la méthode Notre-Dame-de-Paris» : l’État va lever les blocages sur 150 projets industriels stratégiques pour la France
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«C’est la méthode Notre-Dame-de-Paris» : l’État va lever les blocages sur 150 projets industriels stratégiques pour la France Par Elsa Bembaron Le 22 avril 2026 à 13h56 Suivre Sujets Emmanuel Macron industrie Lire dans l’app Sauvegarder Nouvelle fonctionnalité ! Avec votre compte, vous pouvez désormais sauvegarder des articles pour les lire plus tard sur tous vos appareils. Sauvegarder Fermer Sauvegarder un article Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils. Créer un compte Se connecter Copier le lien Lien copié Mail Facebook X Linkedin Messenger WhatsApp Si le projet de mine de lithium d’Imerys, où est le Président ce mercredi, fait logiquement partie de cette liste, il est loin d’être le seul. Kacper Pempel / REUTERS En déplacement dans l’Allier, le président de la République a détaillé ce mercredi la nouvelle méthode de l’État pour accélérer la mise en œuvre de projets industriels et agricoles jugés stratégiques pour la France. Passer la publicité Passer la publicité Publicité Reconstruire Notre-Dame en cinq ans, tenir les délais des Jeux Olympiques à Paris. Personne n’y croyait, la France l’a fait. Mais ces chantiers exceptionnels ont bénéficié de mesures... exceptionnelles. Or, le pays a aujourd’hui besoin de relancer son industrie, parce que tout miser sur les services était «une erreur». Emmanuel Macron, en déplacement dans l’Allier, veut que 150 projets industriels, répartis sur tout le territoire, soient désormais traités avec «la méthode Notre-Dame-de-Paris» : soit avec des procédures accélérées, pour raccourcir les délais d’autorisations, de permis, ceux liés aux contentieux... soit tout ce qui peut renchérir le coût d’un projet industriel ou, pire, empêcher sa réalisation. Si le projet de mine de lithium d’Imerys, où est le Président ce mercredi, fait logiquement partie de cette liste, il est loin d’être le seul. Passer la publicité Publicité Cette stratégie de réindustrialisation s’appuie sur l’énergie et les matériaux critiques. Pour le premier, le président a rappelé ses engagements en faveur de la production d’électricité avec le chantier du siècle (la construction de 6 EPR2) d’abord et les renouvelables. Pour les matières premières, il s’agit à la fois de miser sur les ressources locales, comme cette mine de lithium, et de développer les filières de recyclage. Vient ensuite le volet européen qu’il s’agisse de faciliter les investissements, mais aussi de protéger les secteurs «où la Chine fait du dumping et nous casse». «Il faut protéger en mettant en place de la préférence européenne, les Chinois le font , les Américains le font. Nous étions les derniers à ne pas le faire», a insisté Emmanuel Macron, depuis, la mine d’Imerys, casque sur la tête et gilet orange sur le dos. Le troisième volet, c’est «accéléré». À la fois en Europe et au niveau français, avec des lois de simplification. «On a déjà diminué par deux les délais. Ce que le gouvernement lance, ce sont 150 grands projets industriels, 150 cathédrales industrielles», a-t-il ajouté. Au total, cela représente 71 milliards d’euros d’investissements cumulés et plus de 32.000 emplois répartis dans 63 départements. L’idée générale est de simplifier l’ensemble des procédures pour faire gagner deux ans dans les processus d’autorisations environnementales, de permis de construire et de limiter les possibilités de recours. Ces dernières sont dans le collimateur du gouvernement. Ainsi, un décret «relatif à la simplification de la procédure contentieuse en matière environnementale et à l’accélération de certains projets» a été publié ce mercredi au Journal officiel. Il prévoit notamment un seul degré de juridiction et non plus deux. La cour administrative d’appel sera directement saisie des dossiers, sans passer par le tribunal administratif. «Cela permet de gagner au moins un an, et des tribunaux qui ont plus l’habitude de traiter ce genre de dossier», explique Mathieu Lefebvre, ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique. Les autorisations environnementales, de plus en plus pesantes, vont être revues. «Depuis le début des années 2000, le code de l’environnement a triplé. Il est passé de 1000 à 3000 articles, rappelle Mathieu Lefebvre. On se rend compte que certains projets qui sont pourtant au bénéfice de la transition écologique, sont bloqués au nom de l’environnement, notamment dans les énergies renouvelables». Des situations ubuesques, dont le gouvernement veut sortir, sans renoncer à la préservation de l’environnement. Les règles liées aux raccordements électriques Il est aussi question de revoir les règles liées aux raccordements électriques des projets. Aujourd’hui, c’est «premier arrivé, premier servi», avec à la clé un engorgement des services du gestionnaire du réseau de transport d’électricité (RTE). L’objectif est de revoir ce dispositif pour que les projets les plus matures soient traités en premier. Passer la publicité Publicité Pour encore accélérer, le président mise sur des zones d’accélération industrielles, avec des terrains «clé en main», pour lesquels les différentes autorisations, permis et raccordements électriques auront déjà été obtenus ou sécurisés. Les mesures concernent 150 projets, dont la mine de lithium d’Imerys dans l’Allier, mais aussi un projet d’extraction de ce métal porté par Arverne en Alsace, un projet d’agrandissement d’une usine de MBDA (Défense) en Centre-Val de Loire, ou encore le projet de Verso Energy pour la production de biocarburant dans les Hauts-de-France. À cela s’ajoute un volet agricole, avec la souveraineté agricole et alimentaire en ligne de mire. « 400 projets hydrauliques (retenues collinaires, bassines... NDLR) ont été identifiés et des projets d’élevage qui ont été accélérés. La loi d’urgence agricole va permettre d’accélérer un quart des projets hydrauliques et des changements de seuils vont être mis en place, par exemple pour les éleveurs de volaille», a précisé le président bien décidé à mettre à profit les quelques mois qui lui restent à la tête de l’État pour tenir au mieux ses promesses de réindustrialisation.



