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«C’est impossible de trouver ça normal» : Marie Portolano déplore le manque de femmes journalistes à la Coupe du monde

رياضة
Le Figaro
2026/06/10 - 15:25 501 مشاهدة
«C’est impossible de trouver ça normal» : Marie Portolano déplore le manque de femmes journalistes à la Coupe du monde Par Leonie Dutrievoz Le 10 juin 2026 à 17h25 Ajouter Madame Figaro à vos sources préférées Sujets football coupe du monde journaliste Sauvegarder Nouvelle fonctionnalité ! Avec votre compte, vous pouvez désormais sauvegarder des articles pour les lire plus tard sur tous vos appareils. Sauvegarder Fermer Sauvegarder un article Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils. Créer un compte Se connecter Copier le lien Lien copié Mail Facebook X WhatsApp Messenger Pinterest Linkedin Marie Portolano lors d’une conférence de presse pour la Coupe du monde féminine 2019. Dibon Anthony/Icon Sport/ABACA Ce jeudi 11 juin commence la Coupe du monde de football masculine 2026. Alors que l’événement sportif est déjà au cœur de nombreuses polémiques, plusieurs personnes s’insurgent contre le manque flagrant de parité au sein des journalistes qui couvriront la compétition. Passer la publicité Passer la publicité Publicité C’est un chiffre qui, en 2026, semble incompréhensible. Alors que s’ouvre, ce jeudi 11 juin, la Coupe du monde de football masculine, seules 10 femmes sur 150 journalistes vont être envoyées par les médias français pour couvrir l’événement. C’est ce qu’a révélé récemment l’association des Femmes journalistes de sport. Alors que l’événement, qui se déroule dans trois pays (Canada, États-Unis, Mexique) fait déjà polémique à cause du prix exorbitant des billets, ou encore de la politique migratoire de Donald Trump qui a récemment impacté les équipes du Sénégal et de l’Ouzbékistan, le voilà donc ébranlé par un nouveau scandale : le manque de femmes au sein de la couverture médiatique. L’information a rapidement été relayée et a même fait l’objet d’une tribune rédigée par l’ancienne journaliste sportive Marie Portolano et publiée dans le journal Libération . Dans celle-ci, l’auteure de Je suis la femme du plateau (Éd. Stock), s’étonne de voir qu’en 2026 la parité dans la couverture médiatique de cette compétition, qui va toucher des milliards de personnes à travers le monde, n’est pas respectée. «J’ai pris la parole parce que le chiffre qui est sorti m’a rendue en colère. Vous ne pouvez même pas imaginer», nous explique-t-elle. «J’étais outrée de voir que les femmes sont toujours sous-représentées et ou en tout cas, de moins en moins.» Marie Portolano souligne le travail réalisé par l’association des Femmes journalistes de sport qui recense quotidiennement les chiffres exacts des femmes dans les rédactions sportives. «Quand elles ont sorti ce chiffre, je me suis dit que c’était impossible de trouver ça normal et de ne rien dire», déclare-t-elle. À lire aussi Exit la pilule : cette contraception est désormais la plus plébiscitée par les femmes Passer la publicité Publicité «C’est l’habitude qui revient» Marie Portolano est dans l’incompréhension : «Comment ça se fait qu’on en soit là ?». Selon elle, ce n’est pas un choix délibéré de la part des médias. «Je connais plusieurs décisionnaires dans les rédactions. Ce sont des gens qui ne sont pas misogynes ni “antifemmes”. Je pense juste que c’est l’habitude qui revient», nous dit-elle. Elle souligne le fait que durant des années il y a eu de nombreuses prises de parole sur «le manque de femmes et le sexisme dans les rédactions sportives, la manière dont les femmes étaient traitées dans ce domaine de travail». Selon elle, ces discours ont permis de faire bouger les choses, mais au fur et à mesure du temps, ces actions se sont faites moins nombreuses. «Comme ça redescend un petit peu, il y a une reprise de ce qu’ils préfèrent faire au sein des médias sportifs : travailler entre hommes», affirme Marie Portolano. 10 femmes sur 150 journalistes, ce chiffre correspond à 6% du nombre de journalistes sportives en France. C’est peu. Pour justifier ces données, l’argument le plus avancé est qu’il y a «peu de femmes qui postulent dans des rédactions sportives», nous explique-t-elle. «Sauf que c’est faux. Je n’ai pas ce son de cloche là. Il y a 17% de femmes journalistes de sport en France aujourd’hui dans les rédactions. Ça m’étonnerait que seulement 6% d’entre elles aient envie de travailler sur la Coupe du monde de football, qui est quand même l’un des événements sportifs les plus prestigieux», déclare Marie Portolano. «Tout le monde a envie de travailler sur la Coupe du monde de foot. Même moi qui ne suis plus journaliste sportive, j’ai envie d’y aller. Donc ce n’est pas vrai.» «La fin du progressisme» Aujourd’hui, il n’y a pas de règles qui incombent aux rédactions de respecter la parité lors des grands événements sportifs. «Est-ce que ce n’est pas le moment d’en créer justement, des règles de parité ?», s’interroge Marie Portolano. «À la base, j’étais contre les quotas, mais finalement, je me rends compte que quand il n’y a pas de quota, on retourne très vite en arrière. Imposons un nombre, pas forcément la parité puisque de toute façon il y a moins de femmes journalistes sportives. Mais imposons quand même un cahier des charges en disant qu’il faut plus de femmes de la rédaction sur ce genre d’événement.» Marie Portolano n’hésite pas à employer des mots forts, affirmant que cette Coupe du monde 2026 est «en train d’illustrer la fin du progressisme, que ce soit pour les femmes ou pour les minorités». Elle cite notamment la politique de Donald Trump et les récentes fouilles dont les joueurs de l’équipe sénégalaise ont fait l’objet en arrivant aux États-Unis. «Je trouve que c’est très politique et je trouve que la société change depuis l’arrivée de Trump au pouvoir, notamment. Les reculs systématiques faits sur le féminisme et sur les droits accordés aux femmes montrent que la société est en train de revenir en arrière sur ce sujet. Et ce chiffre incroyable de 10 femmes sur 150 journalistes le prouve aussi.» L’ancienne journaliste explique qu’elle aimerait que ces chiffres fassent réagir, qu’il y ait une remise en question, une prise de conscience à ce sujet. Les polémiques qui planent sur la compétition sportive ne l’empêcheront toutefois pas de profiter de ce grand rendez-vous autour du football. «Je vais le suivre à fond. J’adore la Coupe du monde, j’adore les grands événements sportifs comme les JO, par exemple», explique-t-elle. «C’est quand même un élan populaire général et on en a besoin. Ça fait longtemps qu’on n’a pas tous été unis sur un cœur qui bat à l’unisson quand la France joue. Ce sont des souvenirs agréables pour moi.» Si elle ne compte pas faire le voyage pour aller voir les matchs, elle devrait suivre la compétition à distance. Elle nous confie d’ailleurs que si elle avait travaillé dans une rédaction sportive et qu’on lui avait proposé d’y aller, elle s’y serait rendu sans hésitation.
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