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Cessez-le-feu en Iran : pourquoi la "victoire" de Donald Trump ressemble à une défaite

سياسة
L'Express
2026/04/08 - 10:43 501 مشاهدة

Donald Trump a raison de s’en réjouir. Après 40 jours de guerre, les Américains ont conclu le 8 mars un cessez–le-feu de deux semaines avec la République islamique d’Iran. Cet accord, décroché aux prix de menaces incessantes d’apocalypse ("toute une civilisation mourra cette nuit, pour ne jamais renaître"), va éviter une escalade militaire majeure (pour peu que les armes se taisent réellement), des dégâts régionaux d’une ampleur inégalée (notamment dans le Golfe) et des crises économiques et énergétiques en cascade - même si le prix de l’essence ne va pas baisser de suite.

Une fenêtre diplomatique a donc été ouverte, mais elle est étroite. Etant donné le nombre d’acteurs du monde arabe impliqués dans la résolution du conflit - dont le Pakistan qui va accueillir les futures négociations à partir de vendredi -, il faudra surveiller que des progrès concrets - et des concessions - soient réalisés au cours des jours à venir par les belligérants. On voit toutefois mal comment Washington pourrait accepter toutes les revendications de Téhéran, telles que le droit à enrichir l'uranium, le retrait de toutes les forces américaines de la région, la levée des sanctions économiques ou le versement de réparations, sans rien n’exiger en retour. La marche est donc encore très haute. Mais comme à son habitude, Donald Trump n’a pas attendu pour revendiquer déjà sa victoire "complète et totale" sur l’Iran alors qu’apparaît chaque jour un peu plus le gouffre entre ses démonstrations d’autosatisfaction permanente et la réalité du terrain.

Les 440 kilos d'uranium enrichi

Si les programmes balistiques de l’Iran ont été fortement affaiblis, cinq questions majeures sont encore très loin d’être réglées. D'abord, le nucléaire iranien. Personne ne sait exactement où se trouvent les 440 kilos d’uranium enrichi, qui étaient l’un des arguments les plus fréquemment avancés par la Maison-Blanche comme casus belli. Quant au blocage du détroit d’Ormuz, l’Iran garde, jusqu’à preuve du contraire, un avantage dans cette zone. Selon le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, le transport maritime pourra reprendre, mais sous le contrôle des "forces armées iraniennes", laissant entendre que Téhéran pourra choisir les navires qui conservent leur laissez-passer. Le problème reste donc entier.

Régime iranien renforcé

Quant au régime, il vient de faire un test grandeur nature que le contrôle stratégique de cette voie navigable lui conférait un pouvoir gigantesque et sans doute beaucoup moins coûteux que son programme nucléaire. Autre point très important : le régime n’a pas seulement survécu, il s’est même renforcé, tandis que le soulèvement populaire espéré par Washington et Tel-Aviv n’a pas eu lieu. Les Gardiens de la révolution ont montré que leur plan de guerre asymétrique - couplé aux attaques cyber et au terrorisme - a fonctionné face aux 13 000 frappes ciblées de la coalition américano-israélienne. "Ce conflit a accéléré la militarisation de l’Iran. La République islamique ressemble de plus en plus à un système dominé par l’armée, bien qu’elle conserve une figure de proue cléricale", constate Ali Afoneh spécialiste des questions de succession en Iran à l’Arab Gulf States Institute de Washington.

Pis, les représailles iraniennes ont brisé les illusions sécuritaires des alliés américains du Golfe. Pour eux, le pire scénario serait que Téhéran et Washington signent un accord mal ficelé. Ils se retrouveraient alors avec un voisin particulièrement remuant qui ruminerait sa vengeance, et menacerait potentiellement dans le futur leurs intérêts économiques. Enfin dernier point crucial non résolu : les proxys sont aujourd’hui affaiblis, mais toujours actifs. C’est ce qui a poussé Benyamin Netanyahou à exclure le Liban du cessez-le-feu, alors que le conflit entre Tsahal et le Hezbollah fait rage. "La plus grande menace pour ces avancées réside dans le facteur israélien, notamment dans la capacité de Netanyahou à accepter la situation actuelle et un éventuel accord qui ne correspondrait pas à ses attentes", résume Mohammad Zahid, chercheur spécialiste du Moyen-Orient à Rasanah, un think tank basé en Arabie saoudite.

L’attitude de la base Maga et les réactions des faucons, dont le secrétaire d’Etat Marco Rubio, qui ont influencé la décision du locataire de la Maison-Blanche d’entrer en guerre - face à la ligne isolationniste de J.D. Vance - constituent également un élément déterminant. Tous ces facteurs pourraient, à eux seuls, compromettre la poursuite des négociations. Et doucher sérieusement les célébrations triomphales de Donald Trump.

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