Cannes 2026 : « The Man I Love », la rage d’aimer d’un artiste foudroyé par la maladie
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Rami Malek (Jimmy George), dans « The Man I Love », d’Ira Sachs. MEMENTO SÉLECTION OFFICIELLE - EN COMPÉTITION Après quelques escapades européennes avec Frankie (2019), puis Passages (2023), Ira Sachs revient à New York, son port d’attache, et la ville américaine la plus tournée vers le Vieux Continent. A cette figure du cinéma indépendant, mémorialiste des sensibilités gay, actif depuis les années 1990 et très marqué par la modernité européenne, il revient de représenter les Etats-Unis sur la Croisette, avec Paper Tiger, de James Gray, en l’absence des grands studios. A 60 ans désormais, le cinéaste livre avec The Man I Love, l’un de ses plus beaux films depuis Keep the Lights On (2012), présenté dans la dernière ligne droite de la compétition cannoise. Avec une grâce de chaque instant, le cinéaste fait revivre le quartier Downtown des années 1980, celui de l’effervescence artistique et théâtrale, au plus fort de l’épidémie de sida. Le comédien star Rami Malek, qui a joué Freddie Mercury dans Bohemian Rhapsody (2018), s’aventure ici en ces terres indépendantes, dans la peau d’un artiste foudroyé, ange de beauté pasolinien et symbole du grand gâchis de l’époque. Jimmy George est acteur, il appartient à la troupe des Mechanicals et commence les répétitions d’une nouvelle production, inspirée du dramaturge québécois Michel Tremblay. Bête de scène irradiant de sensualité, Jimmy est aussi un homme malade, bien qu’il n’en paraisse rien. A mesure que les répétitions avancent, le comédien perd des capacités cognitives, et peine de plus en plus à retenir son texte. Il vous reste 71.76% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.





