Cannes 2026 : dans « L’Inconnue », Niels Schneider et Léa Seydoux plongés dans un vertigineux jeu de doubles et de doublures
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Léa Seydoux (Eva) dans « L’Inconnue », d’Arthur Harari. PATHÉ FILMS SÉLECTION OFFICIELLE – EN COMPÉTITION La fiction est ce « jardin aux sentiers qui bifurquent », comme l’écrivait Jorge Luis Borges. Cela, le cinéaste Arthur Harari l’a bien compris, lui qui vient de semer le trouble sur la compétition cannoise avec les bifurcations folles de son troisième long-métrage, L’Inconnue, plongée sinueuse et équivoque dans les miroitements de l’identité. Trois ans après le triomphe d’Anatomie d’une chute (2023), lauréat de la Palme d’or, dont il avait signé le scénario avec Justine Triet, Harari poursuit ici en parallèle sa propre œuvre de réalisateur, qui réhabilite un certain goût du risque au sein du jeune cinéma français. Diamant noir, thriller en milieu joaillier (2016), puis Onoda. 10 000 nuits dans la jungle (2021), épisode fascinant de la guerre du Pacifique, embrassaient le délire de leurs héros. L’Inconnue va encore plus loin, prenant la forme d’un conte fantastique vénéneux. Non seulement le film creuse le thème de la métempsycose, à la suite d’une tradition novelliste allant de Gogol à Maupassant. Mais, adapté de la bande dessinée du frère cadet, Lucas Harari (Le Cas David Zimmerman, Sarbacane, 2024), il le teinte de pop culture à travers le principe du « body swap », soit le transfert d’identités entre deux corps – dispositif ludique employé à foison par le manga et l’animation japonais (Your Name, de Makoto Shinkai, 2016) comme par la comédie américaine (Dans la peau d’une blonde, de Blake Edwards, 1991). Il vous reste 72.28% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.




