Canicule : Pourquoi les vagues de chaleur plombent l’économie… et votre portefeuille
.akst0{fill-rule:evenodd;clip-rule:evenodd}.ekcls-1{fill:#fa6ee5}Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de pageMenuMenuRechercher du contenu sur le site www.20minutes.frOk20 Minutes : Actualités et infos en directREPLAYDIRECT TVActualitéActualitéSociétéMondeEconomieFaits diversSantéPolitiqueJusticeFake OffConflit israélo-palestinienGuerre en IranGuerre en UkraineAutoLa Mitsubishi Eclipse Sportback vous dit quelque chose ? 01:23 Provence-Alpes-Côte d'Azur Le Programme SENSATIONNELLES by Intermarché La Ginguette : le fan club de l'équipe cycliste Intermarché-Wanty Publié le 19/06/2026 à 07h32 • Mis à jour le 19/06/2026 à 07h32 Un chiffre astronomique : 240 milliards de dollars, soit 206 milliards d’euros. C’est le coût cumulé, selon la dernière étude de l’assureur-crédit Allianz Trade, que la chaleur extrême pourrait faire peser sur l’économie française entre 2026 et 2030. Rapportée à la richesse nationale, cette perte estimée représente environ 7 % du produit intérieur brut (PIB) annuel français. Pour le seul été 2025, les extrêmes climatiques auront coûté plus de dix milliards d’euros à la France, selon une étude publiée en septembre par l’université de Mannheim, en Allemagne. Derrière ces montants à neuf zéros se cache le phénomène du « stress thermique » étudié par les économistes. « Au-delà de 30 °C, y compris dans les bureaux, on a tendance à être moins concentré, et on a une perte de productivité estimée à 10 % », rapporte Ségolène Journoud, chargée de mission à l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact). La spécialiste liste les métiers les plus exposés, dans la construction, l’agriculture, la voirie ou les espaces verts. Mais les salariés du tertiaire sont aussi concernés. Le manque de sommeil provoqué par les nuits chaudes, la fatigue accumulée et les difficultés de concentration liés aux fortes températures entraînent une baisse généralisée des performances. De plus, l’impact de l’événement extrême est (beaucoup) plus long que sa durée. Hazem Krichene, économiste senior climat chez Allianz et Allianz Trade et auteur principal de l’étude de l’assureur-crédit, explique le cercle vicieux : « Les entreprises paient en premier le coût de ces chaleurs extrêmes à travers une baisse de la productivité. » Puis viennent les conséquences sociales. « Les années suivantes, on observe une baisse de la croissance de la masse salariale. Cela finit par se répercuter sur la demande et la consommation des ménages », poursuit l’économiste, qui évoque un scénario de « stagflation ». Celle-ci se traduit par un ralentissement de l’activité économique et une hausse des prix, notamment ceux des produits agricoles et de l’énergie, ce qui a un « impact direct sur le salaire réel et le pouvoir d’achat des ménages », développe l’économiste. Les conséquences ne concernent pas uniquement les organisations de travail. Les finances publiques subissent elles aussi. Lorsque la croissance ralentit, les recettes fiscales diminuent de manière mécanique, avec moins de rentrées de TVA et d’impôt sur les sociétés. Selon l’étude d’Allianz Trade, les pertes de production liées à la chaleur pourraient réduire les recettes fiscales françaises d’environ 1,8 % par an dans les scénarios les plus défavorables. Et parallèlement, les dépenses publiques augmentent. Il faut financer les soins de santé, les dispositifs d’urgence, les indemnisations après les catastrophes climatiques, les aides aux agriculteurs ou encore la rénovation des infrastructures, comme le revêtement des routes qui ont fondu ou des rails qui se sont déformés. Autant de coûts qui influent sur les équilibres budgétaires pour les prochaines décennies. « La question du stress thermique pèse sur la fiscalité et le budget, et pose de grandes questions de politique publique et climatique à l’État », estime Hazem Krichene. Autant de questions qui nécessitent plusieurs types de réponses réglementaires et financières. Selon les travaux de l’Institut de l’économie pour le climat (I4CE), les moyens consacrés à l’adaptation au changement climatique ont progressé entre 2020 et 2024 en France. L’organisme recense 1,7 milliard d’euros dédiés à l’adaptation climatique, auxquels s’ajoutent plusieurs dizaines de milliards d’euros de dépenses publiques, contribuant « indirectement » à renforcer la résilience du pays, notamment dans les infrastructures, la rénovation des bâtiments ou la prévention des risques naturels. Mais les experts soulignent que l’effort reste insuffisant au regard de l’ampleur des défis, et notent que la dynamique se grippe en 2025, à cause de contraintes budgétaires. Quant à la réglementation, la France avance pas à pas. Un décret et un arrêté de 2025 renforcent les obligations de l’employeur en cas de vague de chaleur. Mais, note Ségolène Journoud, « contrairement à d’autres pays, il n’y a pas de température maximale au-delà de laquelle le travail devient interdit en France ». La chargée de mission à l’Anact estime que le pays pourrait s’inspirer de ses voisins, comme l’Espagne. A l’échelle des organisations, Ségolène Journoud voit que « certaines réagissent au coup par coup, mais d’autres réfléchissent vraiment, et anticipent ». La spécialiste liste l’entreprise Leroy Merlin, où les équipes des entrepôts non climatisés ont des pauses dans des « pièces refuges » climatisées, ou la collectivité de Grenoble, qui a décalé l’été les horaires des équipes travaillant à l’extérieur, afin d’éviter les heures les plus chaudes. La conclusion des experts est sans appel. « L’adaptation climatique, et surtout la chaleur, n’est pas un épiphénomène, mais un enjeu durable pour la société et pour le monde du travail », juge Ségolène Journoud. Elle est un facteur économique capable d’influencer la croissance, l’emploi, les finances publiques et le niveau de vie des Français pour les décennies à venir. Mais « si on ne fait rien, l’impact sera encore plus négatif », conclut Hazem Krichene. Découvrez l‘ensemble de nos applications 20 Minutes ! 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