Avec « L’Epitaphe », Felix Macherez livre un roman ironique dans lequel un jeune homme cherche, avant de se suicider, la phrase parfaite pour orner sa tombe
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Au cimetière du Père-Lachaise, à Paris,en 2014. HERVÉ BOUTET « L’Epitaphe », de Felix Macherez, L’Arpenteur, 156 p., 14 €, numérique 10 €. Felix Macherez est un jeune homme qui vient de loin. On le voit, et on l’entend, qui s’avance dans son costume de dandy un peu daté, se rêvant peut-être l’écrivain d’autres siècles, ceux de Barbey d’Aurevilly, de Huysmans ou de Lautréamont, de Marcel Duchamp ou d’Antonin Artaud : c’est un lettré qui a beaucoup lu. Voilà du moins ce qu’on se dit, aux premières pages de L’Epitaphe, son quatrième livre, bref mais riche en réminiscences, au point de risquer d’apparaître parfois comme un exercice de style, un brin pasticheur, mais singulièrement brillant, admettons-le d’entrée. Est-ce un roman, comme l’annonce la couverture ? On dirait plutôt une sotie, ce genre aujourd’hui un peu désuet, si cher à André Gide (1869-1951), qui transforma la tradition farcesque et satirique du Moyen Age en petit précis de littérature ironique. C’est exactement de cela qu’il s’agit, avec L’Epitaphe, dont la phrase d’ouverture donne bien le ton : « Sa naissance fut le début du pire. » Celui dont il est ici question s’appelle Cid Sabacqs, et les premiers chapitres vont récapituler avec une célérité stylée, sarcastique mais feutrée, sa courte existence d’artiste sans œuvre jusqu’à l’âge, fatalement christique, de 33 ans. Il vous reste 71% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



