Avec le long-métrage « The World of Love », Yoon Ga-eun invite à regarder avec plus de justesse les victimes de violences sexuelles
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Seo Su-bin (Joo-in) et Kim Jeong-sik (Su-ho) dans « The World of Love », de Yoon Ga-eun. THE JOKERS FILMS L’AVIS DU « MONDE » – À NE PAS MANQUER Dans The World of Love, troisième long-métrage de la réalisatrice coréenne Yoon Ga-eun, il y a ce que l’on voit et ce que l’on ne voit pas. Ce que l’on dit et ce que l’on tait. Ce que l’on montre et ce que l’on cache. Ce dont on a conscience et ce qui nous échappe. Un monde du visible et de l’invisible que le film ne cesse d’articuler et de remodeler pour mieux saisir les êtres dans leur complexité. Le sujet que Yoon Ga-eun veut réellement aborder met ainsi du temps à devenir explicite. Il faut un accroc pour que s’ouvre une brèche dans le monde des apparences et qu’affleure une strate souterraine ayant échappé jusqu’alors à notre regard. La première d’un passionnant mille-feuille. The World of Love s’ouvre sur un baiser. Celui de deux adolescents qui s’aiment mais vont très vite se quitter. « Ça ne collait pas », justifie seulement Joo-in (Seo Su-bin) à sa mère Tae-sun (Jang Hye-jin), s’estimant « nulle » en amour. Première bifurcation, premier jeu de faux-semblant. Le film dessine d’abord le portrait d’une jeune femme d’une prodigieuse énergie difficile à canaliser, que ce soit dans sa gestuelle ou sa parole. Il vous reste 77.13% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.




