Avec « Aqua », roman de l’eau, Gaspard Koenig affirme sa foi dans le bien commun
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L’écrivain Gaspard Koenig, à Paris, le 12 avril 2026. AUDOIN DESFORGES POUR « LE MONDE » « Aqua », de Gaspard Kœnig, L’Observatoire, 448 p., 23 €, numérique 16 €. Dans Humus (L’Observatoire, 2023), Gaspard Kœnig nous aidait à voir le monde à l’envers, pour faire grouiller une tentative de régénération par les sols grâce aux vers de terre – un livre des profondeurs, qui déroulait en miroir le destin de deux agronomes. Dans Aqua, roman ondoyant qui fait couler au goutte-à-goutte la question de l’eau, sont aussi mises en regard les trajectoires de deux êtres opposés : Maria et Martin, rivaux, coincés sur des rives concurrentes. Elue maire de Saint-Firmin, en Normandie, la première, épicière et sociologue de formation, d’origine roumaine, refuse que l’eau du village soit gérée par la communauté de communes et démissionne. Martin, qui lui succède, fidèle, en haut fonctionnaire spécialiste de l’eau, à sa foi dans le service public et le maillage administratif de la République, prône l’inverse. Leurs approches, confrontées l’une comme l’autre à la sécheresse, se noieront dans la même impasse. Les chapitres clapotent entre l’Orne et Paris. Ils mettent notre glotte à sec pour nous faire regarder en face la détresse de la nature. Nous voici trempés sous le bouillonnement capricieux de l’eau qui se confond avec le vivant. On se passionne pour le compte rendu d’une séance plénière au Parlement, où un député défend un amendement sur la décentralisation de l’eau. On entre dans une usine de traitement, où moussent les cuves de filtration, au lait de chaux, au charbon, sur le sable. On dit à l’eau des mots doux, on lui demande comment elle va, et la réponse est sans appel. Il vous reste 58.14% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.




