Avant le Mondial, l’aéroport de Los Angeles reste celui «de l’enfer»
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Avant le Mondial, l’aéroport de Los Angeles reste celui «de l’enfer» Par Yan Bernard-Guilbaud avec AFP Le 27 mai 2026 à 12h27 Ajouter Le Figaro à vos sources préférées Suivre Sujets transport aérien Coupe du Monde 2026 Los Angeles Lire dans l’app Sauvegarder Nouvelle fonctionnalité ! Avec votre compte, vous pouvez désormais sauvegarder des articles pour les lire plus tard sur tous vos appareils. Sauvegarder Fermer Sauvegarder un article Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils. Créer un compte Se connecter Copier le lien Lien copié Mail Facebook X Linkedin Messenger WhatsApp À quelques jours de la Coupe du monde 2026, l’aéroport international de Los Angeles concentre les cauchemars des voyageurs : bouchons, navettes confuses, VTC éloignés et train automatique toujours retardé. Mode d’emploi pour atterrir à LAX sans perdre son calme. Passer la publicité Passer la publicité Publicité Sommaire Un aéroport taillé pour la voiture, prisonnier de la voiture Vert, violet, rose, rouge : le code couleur qui peut sauver l’arrivée Le train automatique ? Il roule, mais sans passagers Le Mondial comme répétition générale avant les JO Location de voiture : un progrès, mais toujours une navette Les bons réflexes avant d’atterrir à LAX Afficher plus Fin d’après-midi à l’aéroport de Los Angeles. Le soleil baisse sur les pistes, mais la température monte sur les voies d’accès. Après 18 heures de voyage, TJ James, sa femme, leurs deux enfants et quatre valises découvrent l’un des grands rites de passage californiens : sortir de LAX. À découvrir Voyages sur mesure : découvrez les offres de nos partenaires Autour d’eux, un océan de voitures avance au pas. On klaxonne, on cherche un panneau, on hésite devant des navettes qui se ressemblent toutes. La famille australienne, venue de Perth, tente d’identifier le bus qui doit la conduire vers son véhicule de location. Plus facile à dire qu’à faire. «Il n’y a pas de panneaux expliquant clairement où je dois aller», soupire TJ James auprès de l’AFP. «J’ai fait mes recherches, et je galère quand même.» Passer la publicité Publicité À 47 ans, et avec plusieurs passages déjà au compteur dans cet aéroport, le voyageur compatit pour ceux qui débarquent pour la première fois. «Je suis encore perdu et je suis Américain», lâche-t-il. Tout LAX est là : immense, indispensable, mais rarement aimable. Un aéroport taillé pour la voiture, prisonnier de la voiture LAX voit passer environ 95.000 véhicules par jour dans son secteur central, selon les données communiquées par l’aéroport. APU GOMES / AFP La mauvaise réputation de LAX ne date pas d’hier. L’aéroport principal de Los Angeles est l’un des plus fréquentés des États-Unis et la grande porte d’entrée internationale de la Californie du Sud. Mais son accès reste souvent une épreuve. En cause : le fameux «horseshoe», cette voie en forme de fer à cheval qui dessert les terminaux les uns après les autres, dans une noria de voitures particulières, navettes, bus, chauffeurs et passagers qui veulent tous s’approcher au plus près de leur porte d’embarquement. Le résultat est connu : à certaines heures, l’aéroport ressemble moins à une plateforme internationale qu’à un périphérique miniature où tout le monde aurait décidé de s’arrêter en même temps. LAX voit passer environ 95.000 véhicules par jour dans son secteur central, selon les données communiquées par l’aéroport. Pour une ville qui a longtemps fait de la voiture son prolongement naturel, le paradoxe est cruel : c’est précisément la voiture qui étouffe son aéroport. Los Angeles a bien tenté de corriger le tir. Depuis plusieurs années, les taxis et VTC ne peuvent plus prendre leurs passagers directement devant la plupart des terminaux. Les voyageurs doivent rejoindre LAX-it — prononcez «LA Exit» — une zone dédiée aux Uber, Lyft, taxis et autres services de transport, située près du terminal 1. Pour y parvenir, il faut soit marcher, soit monter dans une navette gratuite repérable aux panneaux verts. Simple sur le papier. Moins évident après un long-courrier, avec des enfants, des bagages et un décalage horaire dans les jambes. Vert, violet, rose, rouge : le code couleur qui peut sauver l’arrivée Pour les voyageurs français, le piège le plus courant concerne les VTC. Commander trop tôt son Uber peut se retourner contre soi. APU GOMES / AFP À LAX, le premier réflexe consiste à ne pas suivre la foule, mais les couleurs. Le vert mène vers LAX-it, pour les taxis et VTC. Le violet indique les navettes vers les loueurs de voitures. Le rose sert aux transferts entre terminaux, parkings et transports publics. Le rouge désigne certaines navettes d’hôtels. Passer la publicité Publicité Ce code couleur, censé fluidifier les déplacements, déroute pourtant une partie des voyageurs. Les bus ont souvent la même allure, les arrêts se succèdent sur le trottoir des arrivées, et l’on comprend vite que Los Angeles demande au visiteur une qualité essentielle : savoir lire une signalétique sous pression. Pour les voyageurs français, le piège le plus courant concerne les VTC. Commander trop tôt son Uber peut se retourner contre soi : il faut d’abord rejoindre LAX-it, puis trouver le bon point de prise en charge. Uber indique que les navettes LAX-it passent environ toutes les cinq minutes et que le trajet jusqu’à la zone dédiée dure généralement quinze minutes ou moins. Mais ce temps ne tient pas toujours compte de l’attente, de la montée dans le bus, des valises, ni du petit flottement existentiel qui accompagne l’arrivée dans un aéroport inconnu. Le train automatique ? Il roule, mais sans passagers C’était la grande promesse. Un train aérien, baptisé SkyLink, devait enfin relier les terminaux au métro, aux parkings, aux zones de dépose et au nouveau centre de location de voitures. Une solution propre, lisible, gratuite pour les passagers, avec six stations, un tracé de 2,25 miles — environ 3,6 km — et une fréquence annoncée de deux minutes aux heures de pointe. Sur le papier, le remède parfait au chaos routier. Sauf que le train automatique de LAX a pris du retard. Beaucoup de retard. Lancé en 2019, attendu initialement en 2023, puis annoncé pour janvier 2026, il n’est toujours pas ouvert aux voyageurs. Les rames circulent aujourd’hui à vide dans le cadre des tests, mais elles ne sauveront pas les supporters du Mondial de leurs premières minutes californiennes. L’aéroport ne donne plus de date ferme d’ouverture au public. Pour Joshua Schank, expert des transports à UCLA, cité par l’AFP, ce retard est d’autant plus regrettable que Los Angeles a « plus de travail » que d’autres grandes métropoles américaines pour améliorer ses transports collectifs. La ville dispose bien d’un métro, mais son maillage reste très insuffisant à l’échelle d’une agglomération de plus de 10 millions d’habitants. Ici, on ne «prend» pas spontanément les transports en commun : on organise une expédition. À lire aussi Une station de métro va enfin desservir l’aéroport de Los Angeles Le Mondial comme répétition générale avant les JO Depuis mars 2026, LAX dispose d’un grand centre de location de voitures regroupant les principales enseignes présentes sur l’aéroport. APU GOMES / AFP Passer la publicité Publicité Los Angeles accueillera huit matchs de la Coupe du monde 2026 au SoFi Stadium, à Inglewood, non loin de LAX. La ville rêve de montrer une autre image : celle d’une métropole capable de recevoir des dizaines de milliers de supporters sans transformer chaque trajet en embouteillage de gala. Deux ans plus tard, elle devra faire encore mieux avec les Jeux olympiques de 2028. Pour le Mondial, les autorités misent notamment sur des navettes spéciales vers le stade. Metro Los Angeles annonce des services directs depuis plusieurs points de la région, avec un ticket maintenu à 1,75 dollar. C’est peu, surtout si l’on compare avec d’autres villes hôtes où les tarifs d’accès aux stades ont déjà suscité des critiques. Depuis certaines zones, les bus déposeront toutefois les supporters à 15 ou 20 minutes de marche de l’enceinte. À Los Angeles, même quand le transport public progresse, il garde un petit goût d’effort personnel. Le voyageur qui atterrit à LAX pour assister à un match devra donc arbitrer. Louer une voiture ? Pratique pour explorer la Californie, moins séduisant les jours de match. Commander un VTC ? Possible, mais pas immédiat. Utiliser le métro et les navettes ? Plus économique, mais à préparer en amont. Dans tous les cas, l’improvisation reste le plus mauvais compagnon de voyage. Location de voiture : un progrès, mais toujours une navette Il y a tout de même du nouveau. Depuis mars 2026, LAX dispose d’un grand centre de location de voitures regroupant les principales enseignes présentes sur l’aéroport. Pour les voyageurs qui veulent filer vers Santa Monica, Malibu, Palm Springs ou les parcs de l’Ouest américain, c’est une amélioration réelle : les comptoirs ne sont plus dispersés dans les environs. Mais là encore, le progrès reste provisoirement incomplet. Tant que SkyLink n’est pas en service, il faut emprunter les navettes violettes «Rental Car Shuttles» au niveau des arrivées. Autrement dit : le centre est consolidé, mais le passager n’est pas encore délivré du bus. C’est toute l’ambiguïté de LAX. L’aéroport se modernise, mais par morceaux. Il ouvre des équipements, mais pas toujours les connexions qui les rendent simples. Il promet un train, mais fait encore rouler des navettes. Il prépare la Coupe du monde et les JO, mais continue de donner au voyageur l’impression qu’il doit passer une épreuve de sélection avant de voir l’océan Pacifique. Les bons réflexes avant d’atterrir à LAX Le premier conseil est basique : ne pas prévoir un rendez-vous serré à la sortie de l’avion. À Los Angeles, l’heure d’arrivée ne dit rien de l’heure réelle à laquelle on quittera l’aéroport. Entre immigration, bagages, navette et circulation, une marge confortable est indispensable. Deuxième réflexe : savoir à l’avance comment on repart. Pour un Uber ou un taxi classique, suivre les panneaux verts vers LAX-it. Pour une voiture de location, chercher les panneaux violets. Pour rejoindre le métro ou certains parkings, repérer les navettes roses. Pour un hôtel, vérifier avant le départ si l’établissement dispose bien d’une navette et à quel arrêt elle passe. Troisième conseil : ne pas considérer LAX comme un aéroport «piéton». Certains trajets peuvent se faire à pied, notamment vers LAX-it depuis les terminaux les plus proches, mais avec des bagages et après un vol long-courrier, la marche n’a rien d’une promenade à Venice Beach. Enfin, les jours de match, mieux vaut éviter de compter uniquement sur la voiture individuelle aux abords du SoFi Stadium. Les navettes spéciales et les transports publics ne feront pas disparaître la congestion, mais ils peuvent éviter le scénario le plus «los-angelesque» qui soit : payer cher pour rester immobile. À ceux qui découvriront LAX en juin, Henrietta Henry, une Nigériane qui vient plusieurs fois par an à Los Angeles, donne un conseil simple à l’AFP : «Préparez-vous.» La première fois, dit-elle, «c’était vraiment l’enfer». Depuis, l’aéroport a changé. Un peu. Mais à LAX, l’enfer n’est jamais très loin du terminal. À lire aussi Coupe du monde 2026 : 10 hôtels bien situés à Philadelphie pour assister aux matchs





