Au Théâtre de Gennevilliers, Thibaud Croisy met le désordre au cœur de « La Maison de Bernarda Alba »
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« La Maison de Bernarda Alba », de Federico Garcia Lorca, mis en scène par Thibaud Croisy, à La Filature, Scène nationale de Mulhouse (Haut-Rhin), le 3 mars 2026. MARTIN ARGYROGLO/LA FILATURE Présentée au Théâtre de Gennevilliers (Hauts-de-Seine), après s’être rodée à Mulhouse (Haut-Rhin), puis à Bordeaux, la mise en scène que signe Thibaud Croisy de La Maison de Bernarda Alba expédie cette pièce de Federico Garcia Lorca (1898-1936) au cœur d’un arbitraire vivifiant. Inutile de chercher des traces de psychologie ou de rationalité dans les faits et gestes des héroïnes andalouses qui habitent cette fiction irradiante ramassée sur elle-même. Ce qui se dit ou s’accomplit sur le plateau relève de l’immédiateté du théâtre, de sa nature éphémère et de son caractère disruptif. C’est donc dans l’instabilité fructueuse d’un espace-temps qui ne fige rien, mais exacerbe les tensions entre les personnages que vient se déposer l’histoire écrite, en 1936, par l’auteur espagnol, alors que résonnait partout en Europe le bruit des bottes fascistes et nazies. Deux mois après avoir mis le point final au texte, Lorca, résistant et républicain, était assassiné par les franquistes. Le portrait qu’il entreprend est celui d’un monde exclusivement féminin dont la brutalité n’a rien à envier à la violence supposée des hommes. Sous la plume du poète, le gynécée n’est pas plus un gage de douceur que l’agressivité n’est l’apanage du masculin : ce cliché n’est pas le seul à voler en éclats dans un spectacle intelligent, décapant et très cérébral. Il vous reste 70.69% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



