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Abderrahmane Hadj Nacer : « La France a perdu son savoir-faire en Algérie »

تكنولوجيا
Tout Sur l Algérie
2026/05/06 - 08:40 502 مشاهدة

L’homme ne s’exprime publiquement que rarement. Depuis quelques années, il ne fait que de rares incursions furtives dans les médias. Mais, il demeure un observateur avisé de la scène politique algérienne et des dynamiques géopolitiques internationales. 

Invité il y a quelques jours par « Black éléphant expérience », l’ancien gouverneur de la Banque d’Algérie, Abderrahmane Hadj Nacer a livré une lecture sans détour sur plusieurs questions internationales dans lesquelles parfois les positions de l’Algérie ont suscité quelques incompréhensions, voir polémiques, comme lors du vote de la résolution sur Gaza en novembre dernier.

Un vote qui pourtant ne pouvait échapper aux logiques profondes à l’œuvre aujourd’hui au niveau international. Interrogé sur ce vote de l’Algérie en faveur de cette résolution sur Gaza, Hadj Nacer a avancé d’abord la profondeur historique et stratégique du pays. 

« La force de l’Algérie, pour le moment bien sûr, c’est son histoire de la guerre de libération, d’une colonisation particulière, d’une libération somme toute réussie sur le plan de la méthodologie de combat. Et puis, c’est une armée. C’est une armée-je ne suis pas militariste, je suis plutôt antimilitariste-, puissante, très disciplinée. La force d’une armée, c’est sa discipline. Donc qui est très bien entraînée et donc qui est un peu indéboulonnable. Elle contrôle son territoire et, dans le fond, contrôler le territoire algérien, c’est contrôler une bonne partie de l’Afrique occidentale, mais aussi contrôler une bonne partie de l’Europe occidentale », a-t-il commencé par décrypter.

« On ne peut rien imposer aux Algériens »

Une situation et une puissance qui confèrent à l’Algérie une position géostratégique certaine, aux yeux des puissances mondiales. 

« Ce positionnement, explique Hadj Nacer, arrange les Américains parce qu’ils ont moins de problèmes à régler dans la région. Il arrange les Russes parce que c’est une vitrine pour leur armement. Il arrange les Chinois parce qu’ils ont besoin de paix. Les Chinois sont des commerçants. C’est un impérialisme mercantile. Il n’y a pas de commerce sans gendarmerie. Donc, je crois que le positionnement de l’Algérie, y compris cette résolution que je n’aurais pas votée moi personnellement, vient de cet aspect : c’est que dans le fond, ce n’est pas par là qu’on va trouver une solution. Et parce que la position de l’Algérie est aussi sujette à caution dans la guerre USA-Iran où la position de l’Algérie n’est pas aussi tranchée que d’habitude (…) ». 

Au journaliste qui lui fait rappeler que d’ordinaire il y a peu de pays qui sont aussi rigoureux (que l’Algérie, ndlr) dans leur soutien, notamment à la cause palestinienne, Abderrahmane Hadj Nacer insiste sur le poids de l’opinion publique algérienne dans les décisions liées à la Palestine. 

« Le soutien populaire à la cause palestinienne est absolu et aucun pouvoir algérien ne peut transiger là-dessus. Idem pour le soutien à l’Iran. Donc, le positionnement officiel est un positionnement d’attente d’une solution à laquelle pourrait participer l’Algérie. L’Algérie ne se propose pas dans la médiation actuelle parce que les conditions notamment américaines ne sont pas et ne peuvent pas être réunies. Il en va de même pour la Palestine ».  

L’ancien gouverneur de la Banque d’Algérie poursuit en évoquant la relation complexe entre l’Algérie et la France. « C’est quelque chose qu’aucun pouvoir algérien ne peut outrepasser…par rapport à la population (…). Et d’ailleurs Serguei Lavrov (chef de la diplomatie russe) l’a dit : “on ne peut rien imposer aux Algériens”. C’est le problème des Français parce que les Français avaient suffisamment de, disons, d’intermédiaires possibles. Ils étaient d’ailleurs trop nombreux. Les Français ont perdu leur savoir-faire en Algérie, ils pensaient pouvoir contrôler un certain nombre de décisions. Ils n’ont pas compris qu’il y a une véritable opinion publique et une sensibilité profonde dans le pays ». 

Plus globalement, à propos de la situation au Moyen-Orient, Hadj Nacer développe une analyse qui s’appuie sur une lecture « eschatologique » de la situation.

 « Ce à quoi on assiste aujourd’hui au Moyen-Orient, ce n’est que le point final de ce mouvement qui n’est pas compréhensible selon la rationalité qu’on nous a imposée à travers l’école. Si on n’a pas une lecture eschatologique et une lecture millénariste de ce qui se fait, on ne peut pas comprendre », estime-t-il.  

« Il est clair que Israël et tous ses thuriféraires, c’est-à-dire les classes dirigeantes occidentales sont dans un mouvement, non pas parce qu’ils y croient, mais parce qu’ils sont l’objet d’un chantage dont les mécanismes ont été mis en place depuis des dizaines, si ce n’est des centaines d’années. Le divertissement, l’argent et les horreurs des églises parallèles, on va les appeler comme ça… », ajoute-t-il.  

Aussi, Abderrahmane Hadj Nacer ne manque pas d’insister sur la dimension coloniale de ce qui s’y passe. « Il ne faut jamais oublier qu’Israël ne reste qu’un projet colonial. Un projet de domination et un projet de contrôle. Au-delà de ce que j’ai dit sur l’eschatologie. Ça obéit à une autre logique. Mais la leçon coloniale israélienne est évidente. Ce qui se passe au Liban, ce qui risque de se passer en Turquie, ce qui risque de se continuer en Irak et en Syrie mais même aussi en Égypte ne sont que des déstructurations coloniales puisque on n’a pas accepté la décolonisation (…) ».

BRICS : un élargissement dicté par l’opportunisme

Par ailleurs, évoquant la question des BRICS, l’auteur de la Martingale algérienne, aussi amateur de hard rock, a pointé du doigt l’opportunisme de certains pays qui, à ses yeux, mine ce regroupement. 

« Il ne faut pas oublier que dans les BRICS, on s’est précipité pour accepter des acteurs de la destruction interne. Je veux dire prendre dans les BRICS les Émirats arabes unis, l’Arabie Saoudite, ça détruit la notion de BRICS. C’est-à-dire que tout compte fait, on est dans l’opportunisme chinois et russe. On va essayer de tirer vers nous les pétroliers. Je dis, c’est extraordinaire quand même. Dubaï est une création anglaise qui a visé d’abord à détruire les zones franches européennes. Enfin, pour le contrôle absolu des circuits de l’argent à travers la City de Londres et les Israéliens et on les met à l’intérieur des BRICS. J’ai moins cru à partir de ce moment-là », développe-t-il. 

À une question, enfin, sur le président français Emmanuel Macron qu’il a rencontré pendant trois heures, peu après son élection alors qu’il devait préparer son voyage en Algérie, Hadj Nacer s’est laissé aller à un commentaire révélateur d’une facette méconnue du président français.

« J’ai eu à discuter avec lui pendant 3 heures. J’en ai vraiment retiré une impression assez étonnante. Je devais le voir un quart d’heure. Je suis resté 3 hures avec lui (…) On a parlé de choses et d’autres et j’ai vu que c’était un pur produit. C’était vraiment un produit. Ce n’était pas un acteur, ce n’était pas un créateur, ce n’était qu’un produit d’autres créateurs».

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