À Décines, l’ombre de la guerre des trafiquants plane sur l’incendie criminel qui a fait trois morts
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À Décines, l’ombre de la guerre des trafiquants plane sur l’incendie criminel qui a fait trois morts Par Antoine Sillières, Le Figaro Lyon Le 12 mai 2026 à 13h13 Suivre Sujets Incendie trafic de drogue Lire dans l’app Sauvegarder Nouvelle fonctionnalité ! Avec votre compte, vous pouvez désormais sauvegarder des articles pour les lire plus tard sur tous vos appareils. Sauvegarder Fermer Sauvegarder un article Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils. Créer un compte Se connecter Copier le lien Lien copié Mail Facebook X Linkedin Messenger WhatsApp Un homme de 28 ans et sa tante ont trouvé la mort dans leur logement du 7e étage tandis qu’une troisième victime se serait défenestrée. JEFF PACHOUD / AFP Au lendemain de l’incendie mortel d’un immeuble de sept étages dans le quartier du Prainet, le procureur de la République de Lyon a indiqué que les trois habitants décédés étaient inconnus de la justice. Passer la publicité Passer la publicité Publicité Les trois victimes semblent être des victimes collatérales de règlements de comptes entre trafiquants. Au lendemain de l’incendie mortel d’un immeuble de sept étages dans le quartier du Prainet, à Décines-Charpieu, le procureur de la République de Lyon a indiqué que les trois habitants décédés étaient inconnus de la justice. Leurs proches n’avaient pas non plus de lien avec quelconque trafic. Deux d’entre eux, un homme de 28 ans et sa tante de 61 ans, ont trouvé la mort dans leur appartement du 7e étage, où le feu a été le plus violent. Le troisième, un homme également âgé de 28 ans a été retrouvé mort à l’extérieur du bâtiment. Il se serait défenestré. Les plus de 80 pompiers intervenus sur place sont parvenus à circonscrire rapidement l’incendie qui s’était déclaré à 7 h 30 lundi matin. Au moins un départ de feu a été identifié dans les parties communes de l’immeuble, a indiqué le procureur de la République de Lyon, Thierry Dran, lors d’une conférence de presse ce mardi : « Il est impossible d’affirmer à ce stade si une ou plusieurs personnes étaient visées. À ce stade des investigations, aucune hypothèse n’est privilégiée. Il est prématuré d’indiquer un lien avec le trafic de stupéfiant, même si cela reste une piste sérieuse. » Passer la publicité Publicité Lundi, une source policière attestait de son côté la présence de plusieurs départs de feu auprès de l’AFP, soulignant la dimension criminelle des faits. « La thèse du règlement de comptes est privilégiée, a confirmé le patron de la police lyonnaise, Nelson Bouard, ce mardi à la presse. Mais elle ne reste qu’une piste parmi d’autres. » Le caractère criminel des faits apparaît aussi dans les qualifications de l’enquête ouverte par le parquet de Lyon pour « dégradation par moyen dangereux ayant entraîné la mort », « homicide volontaire en bande organisée » et « association de malfaiteurs ». Guerre de territoire Il faut dire que le climat de la rue de Sully, où se sont produits les faits, était devenu irrespirable ces dernières semaines. Plusieurs incendies d’intimidations ont visé ce quartier situé juste derrière le Groupama Stadium de l’Olympique lyonnais. Fin avril, une femme qui rentrait chez elle avec des enfants a été blessée par une balle perdue lors d’une fusillade. Plusieurs enquêtes sont ouvertes sur ces faits, sans qu’un lien entre eux ne soit établi ont indiqué Nelson Bouard et Thierry Dran. L’incendie criminel de lundi apparaît ainsi comme la concrétisation d’un drame redouté face à la multiplication des actes d’intimidation. Les incendies et fusillades sur fond de guerre de territoire entre trafiquants semblent s’être intensifiés ces dernières semaines en région lyonnaise. La nuit même du drame de Décines, un départ de feu volontaire a été recensé à l’autre bout de la métropole, dans la commune d’Écully. Il visait le logement du père proche d’un narcotrafiquant détenu en Colombie depuis plusieurs années, selon Le Progrès. Ce dernier, Karim B. dont la sœur avait vu sa villa incendiée quelques jours plus tôt, semble au cœur d’une guerre de gang. Son ombre plane notamment sur l’arrestation d’un commando de quatre Colombiens présentés comme des tueurs à gage, l’automne dernier. Un policier soupçonné de corruption dans cette affaire a été mis en examen. Le trafiquant, surnommé « Fiston », est soupçonné d’avoir commandité des meurtres dans son quartier de la Duchère pour y garder la main sur le trafic de drogue. Plusieurs échos croient voir dans cette succession d’incendies d’intimidation la marque de la DZ Mafia, le puissant gang marseillais, sans éléments probants pour étayer cette hypothèse pour l’heure. L’envolée de la violence apparaît en tout cas bien réelle. Le début du mois de mai a déjà été marqué par la découverte d’un corps criblé de balle dans une voiture incendiée à Villeurbanne. Calciné aussi le corps de Jessim L., chef autoproclamé du gang Jefe Mafia, qui se filmait incendiant des pas-de-porte les semaines précédentes. Passer la publicité Publicité À Décines, la maire LR Laurence Fautra qui avait déjà interpellé le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a décrété le couvre-feu après l’incendie mortel. Des renforts de CRS ainsi que des militaires sentinelles étaient présents sur place lundi pour sécuriser la zone.





