10 ans du Brexit : Assiste-t-on à la plus longue gueule de bois de l’Histoire ?
.akst0{fill-rule:evenodd;clip-rule:evenodd}.ekcls-1{fill:#fa6ee5}Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de pageMenuMenuRechercher du contenu sur le site www.20minutes.frOk20 Minutes : Actualités et infos en directREPLAYDIRECT TVActualitéActualitéSociétéMondeEconomieFaits diversSantéPolitiqueJusticeFake OffConflit israélo-palestinienGuerre en IranGuerre en Ukrainel’heure du bilanDix ans après, le Brexit est-il la plus longue gueule de bois de l'Histoire…01:59 Provence-Alpes-Côte d'Azur Le Programme SENSATIONNELLES by Intermarché La Ginguette : le fan club de l'équipe cycliste Intermarché-Wanty Publié le 23/06/2026 à 06h07 • Mis à jour le 23/06/2026 à 06h07 «Le jour de l’indépendance », fanfaronnait le Sun le 23 juin 2016, jour historique où les Britanniques étaient appelés à voter sur le maintien, ou non, de leur pays dans l’UE. Dix ans après ce vote décisif marquant le début du divorce du Royaume-Uni d’avec l’Union européenne, le tabloïd a perdu de sa superbe. Et les Britanniques font l’amère expérience de la désillusion. Qu’ils aient été partisans du Leave, comme 53,4 % des Anglais et 52,5 % des Gallois qui se sont exprimés en faveur d’un départ de l’UE, ou soutiens du Remain, comme 62 % des Ecossais et 55,8 % des Irlandais du Nord qui ont voté pour rester dans l’UE, tous sont aujourd’hui déçus des conséquences de ce référendum. Les principaux artisans du Leave, le conservateur et à l’époque maire de Londres Boris Johnson et le chef du UK Independence party Nigel Farage, faisaient miroiter des jours meilleurs qui ne sont pas matérialisés partout au Royaume-Uni. Pêle-mêle, ils promettaient des zones de pêche maîtrisées - une question symbolique dans un ancien empire maritime –, moins d’immigration, plus d’investisseurs, et surtout plus d’argent pour le NHS, le système de santé britannique en souffrance. Plus qu’un service public, le NHS représente une fierté nationale au Royaume-Uni et la promesse d’un Etat providence protecteur « du berceau au tombeau ». Une des images fortes de la campagne fut un bus rouge qui sillonna le pays. Dessus, les artisans de Vote Leave promettaient que les 350 millions de livres sterling que le pays envoyait chaque semaine au budget de l’UE allaient être reversés au NHS. Peu importe que le montant ait été exagéré de 100 millions de livres. Peu importe le fait que l’UE finançait de multiples projets dans le pays. Le message, ainsi que le slogan « Reprendre le contrôle », sont passés. Dix ans plus tard, et six ans après l’accord qui a acté la sortie du Royaume-Uni de l’UE, ces promesses semblent lointaines. Si presse de gauche et presse conservatrice s’écharpent pour savoir si les 250 millions de livres sont bien reversés au NHS, celui-ci va toujours « mal », souligne auprès de 20 Minutes Laëtitia Langlois, maître de conférences à l’université d’Angers. « Les délais d’attente pour être opérés vont jusqu’à quatre ans, notamment pour des prothèses de hanche », souligne cette spécialiste de la politique britannique. Désespérés, des Britanniques partent se faire soigner à l’étranger. Sur l’immigration, le bilan est plus mitigé. Le Brexit a marqué un fort ralentissement du flux venu de l’Europe des Vingt-Sept. De nombreux immigrants ont aussi quitté le pays. « Beaucoup de Polonais, qui étaient le groupe venu le plus nombreux depuis l’ouverture en 2004, sont partis. Beaucoup de Français également », rappelle Laëtitia Langlois. L’image du pays, perçu comme accueillant, a changé en 2016 : « Je me souviens, quand on se promenait dans les rues du Royaume-Uni cette année-là, on voyait des pancartes French go home ou Poles go home [Français et Polonais rentrez chez vous]. » L’immigration extra-européenne, elle, « a progressé », souligne la spécialiste, jusqu’à son pic en 2023. Un changement des règles d’immigration a ensuite fait diminuer les arrivées. Et pendant cette décennie, la question de l’immigration s’est imposée dans le débat public. On peut citer les panneaux « Stop the boats » brandis par les partisans de Nigel Farage et de son nouveau parti Reform UK classé à l’extrême droite, ou encore le projet en 2022 du gouvernement conservateur de Boris Johnson d’envoyer des demandeurs d’asile au Rwanda. « Les électeurs se sont rendu compte qu’il y avait une impuissance présumée du parti conservateur [au pouvoir entre 2010 et 2024] sur cette question, commente Laëtitia Langlois. Nigel Farage, pourtant artisan du Brexit, a pointé du doigt les différents gouvernements. Mais le parti conservateur s’est radicalisé sur les questions d’immigration. » Reprendre le contrôle, comme le voulaient les artisans du Leave, passait aussi par l’économie et la promesse d’attirer des investisseurs. Néanmoins, même si le quartier d’affaires de la City, à Londres, reste une des places fortes financières mondiales, la capitale britannique ne s’est pas transformée en Singapour-sur-Tamise, une ville « libérée » de certaines régulations, comme des conservateurs l’appelaient de leurs vœux. Certaines barrières qui avaient disparu ont même réapparu : les files de camions passant les contrôles douaniers à Calais en sont l’illustration. Selon une étude américaine qui s’appuie sur des données de la banque d’Angleterre, le PIB britannique est aujourd’hui inférieur de 6 à 8 % à ce qu’il aurait été sans le Brexit. En dix ans, à l’instar des autres économies européennes, l’économie britannique a aussi dû absorber deux autres chocs majeurs : la crise du Covid et l’inflation consécutive à l’invasion russe de l’Ukraine. Si les prédictions économiques les plus sombres du camp du Remain ne se sont pas réalisées, celui-ci se réjouit peu du résultat de l’accord finalisant les modalités du Brexit. Les citoyens britanniques installés dans l’UE ont perdu leur citoyenneté européenne et dû faire face à de nouvelles règles administratives s’ils voulaient rester. Lueur d’espoir pour ce camp : le Royaume-Uni doit réintégrer le programme européen Erasmus en 2027. Toutefois, même avec le retour aux affaires d’un gouvernement travailliste depuis 2024, la question d’une réintégration dans l’UE est une perspective lointaine dans le paysage politique britannique. « A l’heure actuelle, l’idée d’un nouveau référendum n’est pas envisageable, développe Laëtitia Langlois. Celui de 2016 a vraiment déchiré le pays. » C’est peut-être là, l’héritage le plus symbolique du Brexit. Né d’une lutte de pouvoir interne au parti conservateur, ce référendum a créé deux camps opposés, aux divisions durables. Découvrez l‘ensemble de nos applications 20 Minutes ! La fréquentation de 20 Minutes est certifiée par l‘ACPMالمصدر: 20 Minutes | Source: 20 Minutes
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