Un monde en recomposition, quels risques pour demain ?
Climat : risque n°1... face à des autorités encore mal préparées
Pour la cinquième année consécutive, le risque climatique domine le classement du Future Risks Report d’AXA. Pourtant, seuls 12 % des experts interrogés¹ jugent les autorités publiques prêtes à y faire face, révélant un fossé entre la conscience du danger et la capacité à y répondre.
Le Future Risks Report 2025 d’AXA, basé sur une enquête menée auprès d’un panel de 3 600 experts dans 57 pays et 23 000 personnes du grand public dans 18 pays, place le risque climatique en tête.L’enjeu n’est plus la prévention mais l’adaptation à un monde qui a déjà commencé à se transformer.Ce risque provoque des effets en cascade sur la biodiversité, l’agriculture, l’économie, la géopolitique et la santé, formant le point d’ancrage pour comprendre la polycrise actuelle.
Un fossé entre conscience et action
Face à cette urgence reconnue, seuls 12 % des experts interrogés¹ considèrent que les pouvoirs publics sont véritablement préparés aux défis climatiques.Ce chiffre révèle le paradoxe entre la conscience du risque et la capacité effective d’y répondre.Le fait que l’action des pouvoirs publics se concentre souvent sur les risques immédiats, au détriment de transformations plus profondes indispensables pour éviter l’aggravation du risque à long terme, nourrit un sentiment croissant de vulnérabilité.
De nouvelles réponses émergent
Pour participer à la construction d’une approche plus durable, AXA déploie des solutions innovantes combinant expertise scientifique, outils technologiques et accompagnement sur le terrain².AXA Climate, l’entité du groupe dédiée à l’adaptation climatique et environnementale, mobilise 250 experts en assurance, conseil, formation et propose des solutions logicielles pour favoriser l’adaptation des entreprises et territoires.
La Digital Commercial Platform d’AXA s’appuie sur l’imagerie géospatiale et l’intelligence artificielle visant à anticiper et prévenir les risques avant qu’ils ne surviennent, par exemple les feux de forêt.En Italie, les Climate Roadshows sensibilisent collectivités, entreprises et citoyens aux risques spécifiques de leur territoire, avec plus de 300 participants déjà formés.
L’enjeu n’est plus la prévention, mais l’adaptation à un monde qui a déjà commencé à se transformer
L’assurance elle-même évolue.La Garantie Verte proposée par AXA France permet aux assurés de cofinancer des rénovations énergétiques après sinistre, transformant chaque indemnisation en opportunité de transition.Dans l’assurance automobile, 21 % des réparations intègrent désormais des pièces réutilisées grâce à Alpha Scale (centrale d’achat de pièces détachées), générant 256 € d’économie moyenne par dossier traité par AXA France.
Au-delà des solutions techniques, AXA ambitionne de former 80 000 de ses employés à l’adaptation climatique d’ici fin 2026, pour intégrer ces enjeux dans chaque décision.Car sans investissements massifs dans les infrastructures résilientes, la formation des équipes et des stratégies d’adaptation concrètes, le fossé entre risques identifiés et capacités de réponse pourrait continuer de se creuser, exposant nos sociétés à des chocs toujours plus violents.
¹ Le Future Risks Survey 2025 a été mené par Ipsos pour le compte d’AXA, à travers des questionnaires en ligne adressés à deux groupes : 3 595 experts et 23 000 personnes du grand public. L’enquête s’est déroulée du 14 mai au 19 juin 2025. Les experts sondés regroupent les experts en assurance d’AXA ou issus de ses réseaux professionnels.
² Découvrir les initiatives mises en œuvre par le Groupe AXA dans son rapport "Unlock Sustainable Insurance".
Le réchauffement climatique mondial a atteint une température moyenne de +1,55 °C en 2024 (dépassant le seuil fixé par l’Accord de Paris à +1,5 °C)
2. Instabilité géopolitique : tensions croissantes et nouveaux défis
Le Future Risks Report 2025 d’AXA révèle une inquiétude grandissante1 : 84 % des experts2 estiment désormais élevé le risque que les tensions géopolitiques débouchent sur un conflit mondial, contre 76 % l’an dernier. Ukraine, Proche et Moyen-Orient... les foyers de tension s’étendent et se transforment : cyberattaques, désinformation, guerre économique. Le monde entre dans une ère d’instabilité durable où les conflits prennent des formes nouvelles.
Si le risque géopolitique se positionne depuis 2020 dans le top 4 du classement mondial des experts, la hausse perçue en 2025 est spectaculaire : huit points de progression en un an. En Europe, le risque géopolitique arrive même pour la première fois en première position du classement des experts, devançant le climat. Cette inquiétude traduit un monde où les tensions s’accélèrent, où les alliances se recomposent, où les lignes se redessinent. Or le sursaut de ce risque géopolitique entraîne dans son sillage un affaiblissement de la coopération internationale et donc des solutions collectives à mobiliser face aux défis globaux.
Des conflits hybrides qui se superposent
Les conflits d’aujourd’hui ne se limitent plus aux offensives militaires. Les guerres hybrides sont devenues la norme : cyberattaques qui paralysent des infrastructures critiques (énergie, hôpitaux, administration…), campagnes de désinformation qui déstabilisent les démocraties, guerres commerciales qui étranglent des secteurs. Cette multiplication des terrains d’affrontement rend la riposte complexe, la défense incertaine. Comment protéger un pays quand la menace peut surgir d’un câble sous-marin coupé, d’un algorithme malveillant, d’une fake news virale ou de menaces sur son approvisionnement énergétique ?
Les entreprises en première ligne
Les conséquences économiques des tensions géopolitiques sont devenues la principale préoccupation pour 39 % des experts et 30 % du grand public interrogés. Nouveaux tarifs douaniers, ruptures des chaînes d’approvisionnement, sanctions économiques : les entreprises se retrouvent confrontées à des risques géopolitiques auxquels elles n’étaient pas pleinement préparées.
Dans un monde d’interdépendances économiques mondiales, la géopolitique devient ainsi un facteur structurant que les entreprises doivent intégrer au cœur de leur réflexion stratégique. Toutefois, malgré les défis, les chiffres rassurent, l’espoir dans la coopération internationale demeure, puisque 73 % des experts européens et
70 % de la population croient encore que la prise de décision internationale sera plus efficace que l’action locale pour résoudre les enjeux globaux.
¹ Les experts sondés regroupent les experts en assurance d’AXA ou issus de ses réseaux professionnels.
² Le Future Risks Survey 2025 a été mené par Ipsos pour le compte d’AXA, à travers des questionnaires en ligne adressés à deux groupes : 3 595 experts et 23 000 personnes du grand public. L’enquête s’est déroulée du 14 mai au 19 juin 2025.
84 % des experts considèrent que le risque de guerre mondiale est élevé.
3. Nouvelles Technologies : quand la confiance se fissure
Cyberattaques, manipulations informationnelles, usages déviés de l’intelligence artificielle (IA) : les frontières entre les menaces technologiques s’estompent. L’inquiétude monte, la défiance s’installe.
Les cyberattaques se banalisent, les IA génératives échappent aux régulations, la confiance s’érode. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 54 % des experts¹ interrogés par AXA dans le cadre de la publication annuelle du Future Risks Report² identifient les risques éthiques liés aux technologies comme un défi majeur, contre 44 % l’année précédente. Dix points de progression en douze mois.
L’ère de la défiance numérique
71 % des experts déclarent évoluer dans un environnement de menace cyber constante, alors que près d’un sur deux considère l’IA comme un facteur de déstabilisation globale. Et le grand public n’est pas en reste, puisque cette perception est partagée : 70 % des personnes interrogées se sentent exposées aux menaces numériques. L’inquiétude, quasi unanime, révèle la difficulté collective à appréhender ces risques sans frontières physiques. Les attaques sur les infrastructures critiques se multiplient : selon le consortium de recherche European Repository of Cyber Incidents (EuRepoC) 57 % des incidents touchent des infrastructures critiques (données jusqu’à fin 2024). Pour 2025, des outils de suivi comme le Critical Infrastructure Tracker (CIT) recensent 1 874 attaques historiques. Les rapports de l’European Union Agency for Cybersecurit (ENISA) 2025 font état d’une intensification des attaques : 38 % des incidents visant l’administration publique. Santé, finance, télécommunications : les secteurs stratégiques sont en première ligne.
La guerre qui ne dit pas son nom
Ces technologies ne sont plus de simples outils : elles sont devenues des armes au service de stratégies géopolitiques. D’après 39 % des experts et 30 % du grand public, cybermenaces et instabilité géopolitique sont étroitement liées. Les sondés ayant sélectionné le risque cyber justifient principalement leur choix par leur crainte de la cyberguerre. Les exemples récents ne manquent pas : l’attaque massive contre France Travail qui a exposé les données de 43 millions de personnes, le sabotage du réseau électrique polonais en fin d’année 2025, ou encore la cyberattaque contre la Sepah Bank en Iran en juin. Ces offensives numériques révèlent une nouvelle forme de conflit où les États et groupes malveillants frappent directement les infrastructures vitales, sans déclaration de guerre.
L’asymétrie croissante entre innovation et infrastructures de sécurité
L’accélération numérique creuse un écart préoccupant. 80 % des experts et 60 % du grand public jugent les autorités publiques insuffisamment préparées pour faire face à l’émergence de ces risques. La course à la transformation digitale révèle un déséquilibre entre vitesse d’adoption des technologies et renforcement des infrastructures de sécurité. Les priorités sont clairement identifiées : investir dans les infrastructures de protection arrive en tête (42 % des experts), suivi du développement de campagnes de sensibilisation du public (34 %) et de l’amélioration de la gouvernance des risques (31 %). En définitive, ce changement de perception marque un tournant. Les investissements en cybersécurité passent du statut d’option à celui de priorité stratégique, pour les acteurs publics comme privés. Dans un contexte où les nouveaux risques émergent plus vite que les capacités à les anticiper, la question n’est plus de savoir si l’on doit renforcer la sécurité numérique, mais à quelle vitesse.
¹ Les experts sondés regroupent les experts en assurance d’AXA ou issus de ses réseaux professionnels.
² Le Future Risks Survey 2025 a été mené par Ipsos pour le compte d’AXA, à travers des questionnaires en ligne adressés à deux groupes : 3 595 experts et 23 000 personnes du grand public. L’enquête s’est déroulée du 14 mai au 19 juin 2025.
Pour 54% des experts, les risques éthiques liés à l’utilisation des technologies posent de nouveaux défis aux sociétés etaux organisations du monde entier.
4. Fragmentation sociale : le risque transversal qui fragilise les démocraties
Pour la première fois, le Future Risks Report d’AXA¹ consacre une analyse approfondie à la fragmentation sociale. Ce risque transversal, qui amplifie les autres, révèle une société qui peine à faire face collectivement aux crises. Et ce d’autant que 59 % du grand public et 74 % des experts² estiment que leur pays connaît un clivage social profond. Voici les principaux enseignements du Future Risks Report :
Le constat est net : seuls 10 % des répondants à l’enquête annuelle d’AXA sur les risques émergents considèrent la population de leur pays « plutôt unie et fédérée autour de valeurs communes ». Les lignes de fracture ne se limitent plus aux clivages politiques, mais s’étendent aux valeurs et aspirations, alimentées par les inégalités sociales, les écarts entre générations, entre territoires, et la polarisation des sphères informationnelles.
Les causes d’une division croissante
Inégalités économiques et sociales, divisions politiques et idéologiques, désinformation et polarisation des réseaux sociaux : ces trois facteurs dominent le classement des causes de fragmentation, tous groupes confondus. Mais les perceptions varient sensiblement selon les zones géographiques. En Europe et aux États-Unis, les tensions liées à l’immigration et à l’intégration culturelle occupent une place prépondérante : 3ᵉ préoccupation pour les experts européens, 4ᵉ pour leurs homologues américains. Le grand public, lui, les place encore plus haut : en tête en Europe et en 3ᵉ position aux États-Unis.
Cette polarisation, jusqu’alors cantonnée aux commentaires sur les réseaux sociaux, touche désormais tous les pans de la société. Elle s’autoalimente dans un cycle où la défiance envers les institutions publiques renforce les divisions, qui à leur tour alimentent la méfiance.
Un frein à l’action collective
La question reste entière : comment affronter ensemble les défis structurels – changement climatique, menaces économiques ou cyber – quand les polarisations s’accentuent ? Si les réponses tardent à arriver, elles apparaissent pourtant plus urgentes que jamais, car cette désunion fragilise à la fois la résilience et la réponse collective face aux crises, et accroît le risque de tensions et de mouvements sociaux.
Lorsque la fragmentation devient trop profonde, le débat public perd en qualité. Chaque camp peine à reconnaître la légitimité de l’autre. Les institutions démocratiques elles-mêmes sont fragilisées par cette érosion du tissu social. Ces conclusions du rapport d’AXA montrent que la capacité à maintenir une cohésion minimale autour de valeurs partagées devient un enjeu stratégique de premier plan.
59% - Près de 3 personnes sur 5 considèrent que leur pays est réellement fragmenté.
¹ Le Future Risks Survey 2025 a été mené par Ipsos pour le compte d’AXA, à travers des questionnaires en ligne adressés à deux groupes : 3 595 experts et 23 000 personnes du grand public. L’enquête s’est déroulée du 14 mai au 19 juin 2025.
² Les experts sondés regroupent les experts en assurance d’AXA ou issus de ses réseaux professionnels.
5. Démographie : Le choc silencieux
Le vieillissement des populations devient un facteur de fragilisation systémique. Il pèse sur les grands équilibres sociaux et économiques : systèmes de santé, de retraite et capacités d’investissement dans d’autres secteurs comme la transition climatique. Le vieillissement interroge la soutenabilité des modèles de solidarité.
Seuls 11% des experts estiment que les pouvoirs publics sont prêts à gérer les défis posés par l’évolution démographique.
Retrouvez l’intégralité du Future Risks Report 2025 d’AXA en cliquant ici
