"Un guerrier Maga" : qui est Markwayne Mullin, le nouveau secrétaire à la Sécurité intérieure nommé par Donald Trump ?
C'est un choix qui fait d'ores et déjà débat. Ce lundi 23 mars, Markwayne Mullin a été confirmé au poste de secrétaire à la Sécurité intérieure du gouvernement Trump, après un vote favorable du Sénat américain – 54 voix pour, 46 contre. Le sénateur républicain de l’Oklahoma depuis 2023, âgé de 48 ans, prend ainsi la direction d’un ministère paralysé depuis plus d’un mois par un blocage budgétaire, les démocrates refusant d’en valider le financement sans réformes majeures de l’ICE, la police de l’immigration placée sous son autorité.
Lors de son audition de confirmation au Sénat, Markwayne Mullin a expliqué qu’il chercherait à calmer les polémiques autour du département, tout en poursuivant les objectifs de Donald Trump, qu'il qualifie d'"ami", en matière d’immigration. "Mon objectif est que les gens comprennent que nous sommes là, que nous les protégeons et que nous travaillons avec eux", a-t-il notamment déclaré. Et si Mullin n’a pas dit vouloir abandonner l’objectif de la Maison-Blanche d’arrêter 3 000 migrants par jour, celui-ci semble vouloir prendre ses distances avec certaines méthodes controversées, indiquant par exemple que les agents n’entreraient plus dans des domiciles sans mandat judiciaire. Une inflexion qui révèle la nouvelle stratégie du président américain, conscient que ce sujet est politiquement délicat à l’approche des élections de mi-mandat.
Un "guerrier Maga"
Décrit par Donald Trump comme un "guerrier Maga", Markwayne Mullin défend mordicus la politique menée par le président américain depuis son premier mandat. Par le passé, celui qui est le seul Amérindien élu au Sénat a soutenu de nombreuses initiatives au Congrès visant à renforcer les restrictions à l'avortement, mais aussi défendu l’achèvement du mur frontalier entre les États-Unis et le Mexique pour empêcher l'arrivée de migrants, ou encore la "One Big Beautiful Bill Act" que le Congrès a adoptée l’an dernier, fournissant des financements supplémentaires pour le contrôle de l’immigration.
"Il existe toute une industrie qui s'est mise en place pour faire venir ici des femmes enceintes dans leur dernier mois de grossesse afin qu'elles accouchent ici. Elles viennent avec un visa touristique et ont un enfant afin que celui-ci puisse obtenir la nationalité américaine", avait-t-il déclaré à ce sujet, en juin 2025. Mullin s’est également constamment opposé à la participation des femmes transgenres aux compétitions sportives féminines, un thème cher à Donald Trump, qui s'est fait le chantre de la lutte contre le wokisme.
Autre similitude avec le président américain : ses coups d'éclat. Lors d’un épisode devenu viral en 2023 et largement diffusé à l’échelle internationale, Mullin s’est brusquement levé pendant une audition de la commission de la santé du Sénat pour provoquer le président des Teamsters (NDLR : un grand syndicat américain), Sean O’Brien, en l’invitant à se lever et à se battre. Il reprenait alors un message publié par O’Brien sur X à son sujet, le qualifiant de "clown" et de "fraude", tout en l'enjoignant d’abandonner son attitude de dur lors des auditions. "C’est le moment et l’endroit. Si vous voulez continuer à parler, on peut régler ça ici, comme deux adultes consentants", avait répliqué Mullin, avant d'être rappelé à l'ordre par le sénateur Bernie Sanders, qui présidait la séance.
Un désaccord sur l'assaut du Capitole
Plus récemment, après la mort de Renee Good, le 7 janvier, tuée par le tir d'un agent de la police fédérale de l'immigration, Markwayne Mullin avait déclaré que le policier "n'avait pas d'autre choix" que de "riposter", malgré les images du drame montrant que la mère de famille cherchait à fuir les forces de l'ordre, et non à les percuter. Des propos qu'il n'a d'ailleurs pas retirés lors de son audition de confirmation au Sénat.
Seul désaccord manifeste avec Donald Trump : son positionnement lors de l'assaut du Capitole, le 6 janvier 2021. Selon Politico, Markwayne Mullin avait participé à contenir les émeutiers, notamment en aidant à barricader une porte menant à l'hémicycle de la Chambre des représentants, qu'il avait occupée en tant qu'élu pendant dix ans. Sur des vidéos tournées au moment des faits, on le voit tenter de dissuader, à travers une vitre brisée, des émeutiers d'aller plus loin.
Des années plus tard, lorsque Donald Trump envisageait de gracier les émeutiers, Markwayne Mullin l’avait aussi appelé à "examiner les faits avant d’agir", affirmant que toute personne s’en prenant aux forces de l’ordre devait "en assumer les conséquences", rappelle CNN. Un appel resté sans effet : le président a finalement accordé sa grâce à plus de 1 500 participants à l’assaut, y compris des figures de l’ultradroite américaine et des individus impliqués dans des agressions contre des policiers.





