Suicide d’Evaëlle : l’enseignante condamnée en appel à un an de prison avec sursis pour harcèlement moral
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Suicide d’Evaëlle : l’enseignante condamnée en appel à un an de prison avec sursis pour harcèlement moral Par Nicolas Daguin Le 13 avril 2026 à 14h19 Sujets harcèlement scolaire Suicide appel procès Lire dans l’app Copier le lien Lien copié Mail Facebook X Linkedin Messenger WhatsApp Le 21 juin 2019, quelques mois après avoir changé d’établissement, Evaëlle s’était donné la mort au domicile familial. AURELIA MOUSSLY / AFP Près de sept ans après le suicide de la collégienne de 11 ans, la cour d’appel de Versailles a condamné, lundi, son ancienne professeur de français à un an de prison avec sursis pour harcèlement moral sur mineur, infirmant la relaxe prononcée en première instance. Passer la publicité Passer la publicité Publicité L’ancienne professeur de français d’Evaëlle a été condamnée, lundi 13 avril, par la cour d’appel de Versailles à un an de prison avec sursis pour harcèlement moral sur mineur, près de sept ans après le suicide de la collégienne de 11 ans. La juridiction a infirmé la relaxe prononcée en première instance en avril 2025 par le tribunal correctionnel de Pontoise, qui avait jugé les éléments «discordants, indirects» ou relevant de l’exercice normal de l’autorité professorale. À l’inverse, la cour d’appel a retenu que le comportement de l’enseignante, aujourd’hui retraitée, avait dépassé ce cadre. Au cœur de ce dossier, une mécanique décrite par les parents de la jeune fille comme implacable. Evaëlle, élève «précoce» et «atypique», scolarisée en classe de sixième au collège Isabelle-Autissier d’Herblay-sur-Seine (Val-d’Oise), subissait à l’époque des faits depuis plusieurs mois des brimades répétées de la part de ses camarades. Insultes, violences, mises à l’écart : l’adolescente s’en était ouverte à ses parents, qui avaient alerté à plusieurs reprises l’établissement. Passer la publicité Publicité C’est dans ce contexte qu’intervient un épisode central du dossier. En février 2019, lors d’une séance de vie de classe, la professeur de français demande aux élèves de répondre à la question : «Pourquoi Evaëlle se sent-elle harcelée et exclue ?» Selon plusieurs témoignages concordants, la collégienne, en pleurs, est sommée de s’exprimer devant la classe. Elle décrira plus tard à ses parents «la pire journée de (sa) vie». À l’audience, plusieurs anciens élèves ont évoqué des remontrances répétées, des cris, et un ciblage particulier de l’adolescente. «C’était contre Evaëlle tout le temps», a ainsi rapporté l’une d’entre eux. Deux anciens élèves ont par ailleurs déposé plainte pour des faits similaires. Une enseignante «exigeante» mais investie Face à ces accusations, la prévenue a constamment contesté toute volonté de harcèlement. «Mon intention n’était pas de la mettre en difficulté mais de l’aider», a-t-elle assuré devant la cour, reconnaissant des propos parfois «secs» mais niant tout acharnement individuel. Sa défense a insisté sur une carrière jusque-là saluée par l’institution, évoquant une enseignante «exigeante» mais investie. Le parquet général, lui, a estimé que la ligne avait été franchie. Reprenant les réquisitions de première instance, il avait dénoncé une attitude «intrinsèquement inadaptée», susceptible d’avoir contribué à la dégradation de l’état psychologique de l’élève, et requis 18 mois de prison avec sursis. Le 21 juin 2019, quelques mois après ces faits et après avoir changé d’établissement, Evaëlle se donne la mort à son domicile familial. Elle avait déjà fait une tentative de suicide quelques mois plus tôt. Pour ses parents, qui n’ont cessé de dénoncer une chaîne de défaillances et une culture du «pas de vagues» au sein de l’institution scolaire, cette décision marque une étape judiciaire essentielle. «À l’école, elle aurait dû être en sécurité», avait rappelé sa mère à la barre. Depuis 2022, le harcèlement scolaire est reconnu comme un délit pénal. L’arrêt rendu ce lundi s’inscrit dans un contexte de judiciarisation croissante de ces affaires sensibles, où la responsabilité des adultes encadrants est directement interrogée.





