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"Si l’Iran lance des essaims de drones dans le détroit d'Ormuz..." : l’alerte d’un ex-officier de l’US Navy

سياسة
L'Express
2026/04/15 - 03:45 501 مشاهدة

La guerre en Iran va-t-elle se transformer en escalade maritime ? La question agite la communauté internationale après la décision de Donald Trump d’imposer, le 13 avril, un contre-blocus maritime aux Iraniens, au lendemain de l’échec des pourparlers au Pakistan entre Washington et Téhéran. "Si l’un de ces navires s’approche ne serait-ce qu’un peu de notre BLOCUS, il sera immédiatement DETRUIT", a menacé le président américain sur sa plateforme Truth Social. Dénonçant un acte "illégal" de "piraterie", l’Iran a averti qu’il s’en prendrait aux ports de ses voisins du Golfe si "la sécurité des ports de la République islamique (…) était menacée".

Toutefois le blocus, effectif depuis lundi, n'est pas total. Il sera appliqué "aux navires de toutes les nations entrant ou sortant des ports iraniens et des zones côtières, y compris tous les ports iraniens du golfe Persique et du golfe d'Oman", a déclaré le commandement central américain dans un communiqué. Ce mardi, trois pétroliers sous sanctions américaines mais ne se dirigeant pas vers des ports iraniens, ont réussi à traverser l'incontournable voie navigable. Deux autres, en provenance d'Iran ont quand même franchi le fameux goulet d'étranglement malgré le blocus, a annoncé aujourd'hui Kpler, entreprise spécialisée dans l’analyse du commerce mondial de matières premières.

Par cette décision, les Etats-Unis, qui ont toujours rejeté ce "péage iranien", cherchent à accroître la pression pour forcer l’Iran à négocier, tout en continuant d’asphyxier ses finances. Mais ce blocus - qui inquiète les marchés et fait monter les prix de l’énergie - risque encore plus de renforcer le conflit entre les deux belligérants, voire de faire capoter le cessez-le-feu, estime Bryan Clark, ancien officier de l’US Navy dans un entretien à L’Express. Alors que la France a annoncé la tenue vendredi à Paris d’une conférence des "pays non belligérants" voulant "restaurer la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz", "un blocus constitue déjà en soi une violation du cessez-le-feu", précise ce spécialiste en opérations navales à l’Hudson Institute. Il craint notamment la menace accrue des drones navals iraniens. Entretien.

L’Express : Ce blocus pourrait-il être efficace pour assécher les finances du régime iranien ?

Bryan Clark : Oui, mais cela demanderait du temps. La difficulté réside dans le fait que l’Iran a manifestement choisi de supporter un certain niveau de privations dans le cadre de cette opération. Dans ces conditions, des restrictions financières pourraient avoir un effet limité, puisque Téhéran ne peut déjà, en grande partie, ni exporter son pétrole à l’étranger ni l’acheminer via le détroit d’Ormuz. Il n'est pas certain que le fait de couper ses ressources financières ait, à ce stade, un impact significatif.

Comment un tel blocus pourrait-il être concrètement mis en œuvre ?

Ce n’est pas particulièrement difficile, du moins dans un premier temps. Il serait relativement simple d’intercepter des navires et de les inspecter, en montant à bord, afin de déterminer leur provenance et leur destination. En revanche, cette tâche deviendrait plus complexe à mesure que le trafic maritime reprendrait, car le nombre de navires dépasserait rapidement la capacité d’interception.

Un autre problème concerne les navires quittant l’Iran en dehors du détroit d’Ormuz. Si le blocus vise l’ensemble du territoire iranien, les Etats-Unis devraient également intercepter les navires en provenance du littoral iranien situé au sud du détroit, où plusieurs ports pourraient permettre l’exportation de marchandises iraniennes, outre le pétrole. Ainsi, la difficulté resterait maîtrisable au début, mais elle augmenterait progressivement avec la hausse du trafic et la probabilité que l’Iran s’en prenne aux navires chargés de faire respecter le blocus. Ces deux facteurs compliqueraient, avec le temps, le maintien de cette opération.

Quels moyens militaires seraient nécessaires pour mettre en place ce blocus ?

Un tel blocus mobiliserait probablement des destroyers américains, ainsi que des navires amphibies accompagnés de Marines. En effet, la mise en œuvre d’un blocus implique souvent la saisie de navires ou, à défaut, leur déroutement vers un port, ce qui nécessite la présence de troupes capables de sécuriser les bâtiments interceptés et d’empêcher leur départ. Dans ce cadre, il est courant d’établir une zone de rassemblement, par exemple, dans ce cas, sur le territoire omanais qui est le plus avancé dans le détroit, avec un mouillage dédié.

Des navires et des unités militaires y seraient alors déployés afin d’assurer l’application effective du blocus, un rôle qui pourrait logiquement revenir aux Marines. Il est donc possible que des Marines stationnent par exemple à Oman pour maintenir les navires immobilisés et en assurer la surveillance au mouillage, notamment lorsqu’ils sont interceptés à l’extérieur du détroit d’Ormuz.

Pourrait-on réellement envisager des abordages par les forces spéciales américaines par exemple ?

Il n’est pas nécessaire de recourir aux forces spéciales, car la marine américaine dispose déjà d’équipes d’arraisonnement formées à ce type d’opérations. Celles-ci ont acquis de l’expérience dans le cadre des missions de lutte contre la piraterie et contre le trafic illégal. Des équipes spécialisées sont donc embarquées sur les navires afin de procéder à l’inspection et au contrôle des bâtiments.

Cependant, ces effectifs restent limités : chaque navire ne compte généralement qu’une ou deux équipes d’arraisonnement. En cas d’augmentation importante du trafic maritime, il pourrait donc être nécessaire de déployer des équipes supplémentaires. Dans ce contexte, l’intervention des Marines pourrait s’avérer utile, notamment via l’envoi de navires amphibies, afin de renforcer et d’appuyer les équipes opérant autour du détroit d’Ormuz ou à son entrée.

Quels sont les risques pour l’armée américaine dans cette opération ?

Le détroit pourrait notamment être miné. L’un des objectifs de la Navy est donc en ce moment de détecter et neutraliser ce type de menaces afin de sécuriser la zone. Cette mission peut être menée à l’aide de systèmes autonomes ou de robots. Cependant, la menace principale réside dans les drones - notamment ceux de surface - et les vedettes rapides d’attaque. La marine devra se protéger contre ce type d’attaques. Les destroyers disposent pour cela de systèmes de défense antiaérienne ainsi que d’armements capables de neutraliser certaines cibles, et ils seraient en mesure de répondre à des attaques limitées.

En revanche, leur efficacité reste plus incertaine face à des attaques de grande ampleur. Si l’Iran lançait des essaims importants de drones, qu’ils soient aériens ou maritimes, ceux-ci pourraient saturer les défenses d’un navire. Dans un tel scénario, certains bâtiments pourraient être touchés simplement en raison du volume des attaques.

La flotte de vedettes rapides des Gardiens de la Révolution pourrait-elle réellement perturber le blocus américain ?

Les vedettes rapides d’attaque iraniennes pourraient ne pas être en mesure d’aller suffisamment loin des côtes iraniennes, dans la mesure où le blocus sera probablement établi à l’entrée du détroit d’Ormuz, c’est-à-dire plus près des eaux "libres". Dans cette zone, ces embarcations seraient moins adaptées à la navigation et mettraient davantage de temps à atteindre la zone d’interception, ce qui les rendrait plus vulnérables à une attaque. L’un des principaux moyens de défense contre ces unités repose sur l’emploi d’hélicoptères. Les navires américains, y compris les bâtiments amphibies, en embarquent, et ceux-ci pourraient être chargés de neutraliser les vedettes dès leur sortie.

C’est pourquoi il est plus probable que l’Iran privilégie l’utilisation de drones navals. Ceux-ci peuvent être déployés en grand nombre, sans exposer directement du personnel, et permettent de mener des opérations plus rapides et à plus grande échelle.

Par ailleurs, selon l'Iran, un blocus dans le détroit d’Ormuz est perçu comme une atteinte à leur souveraineté maritime. Cette opération pourrait-elle signer la fin du cessez-le-feu ?

Même si l'Iran et les Etats-Unis semblent toujours vouloir discuter prochainement, un blocus constitue déjà en soi une violation du cessez-le-feu. Dans ce contexte, l’Iran pourrait décider d’attaquer les navires chargés de le faire respecter. Cette issue paraît plausible, dans la mesure où l’Iran estime ne pas avoir grand-chose à perdre à ce stade. S’il s’en prenait à des bâtiments américains appliquant le blocus, les Etats-Unis disposeraient de peu de moyens supplémentaires de pression militaire par rapport à ceux déjà utilisés. Une telle escalade conduirait donc vraisemblablement à une nouvelle série de frappes similaires à celles déjà menées. Ainsi, l’Iran pourrait être incité à riposter contre les forces imposant le blocus, en espérant contraindre les Etats-Unis à reculer, d’autant plus que la marge d’action américaine contre l’Iran semble limitée. Les Iraniens pourraient aussi, par exemple, être tentés de cibler des pipelines saoudiens ou émiratis.

Une telle opération risquerait-elle de déstabiliser davantage les marchés énergétiques mondiaux plutôt que l’Iran lui-même ?

Oui, c’est là le défi auquel les Etats-Unis sont confrontés aujourd’hui. Ils ont déjà utilisé l’ensemble des moyens de pression à leur disposition et recherchent d’autres leviers, mais ceux-ci offrent peu d’influence supplémentaire, car Washington a déjà infligé de très nombreux coûts économiques, diplomatiques et militaires à l’Iran dans le cadre de sa stratégie de pression maximale et des sanctions américaines qui frappent notamment le pétrole, le secteur bancaire et les échanges commerciaux avec Téhéran.

Donald Trump a la pression car cette guerre est politiquement impopulaire aux Etats-Unis. Plus la situation se prolonge, plus ses conséquences politiques négatives s’aggravent.

L'objectif est-il également de faire pression sur la Chine, qui ferait alors pression sur l'Iran à son tour ?

L’idée selon laquelle Washington chercherait à mobiliser Pékin pour exercer une pression sur l’Iran existe, mais il est également possible que la Chine choisisse de ne pas s’y conformer, de ne pas coopérer avec les Etats-Unis. Pékin pourrait alors décider, au contraire, d’assurer elle-même le passage de ses pétroliers, en les escortant si nécessaire.

L’Iran pourrait-il également aggraver la situation en fermant le détroit de Bab-el-Mandeb ?

L’Iran pourrait recourir aux Houthis. Cependant, l’impact d’une telle stratégie serait probablement limité, dans la mesure où les compagnies maritimes ont déjà largement réorienté leurs routes pour éviter le détroit de Bab el-Mandeb en raison des attaques menées par les Houthis l’année dernière. Ces derniers disposent donc aujourd’hui de moins de leviers qu’auparavant, les réseaux de transport maritime s’étant adaptés à cette incertitude.

En pratique, le Bab el-Mandeb est désormais perçu comme une zone instable : même lorsqu’il est accessible, son caractère imprévisible perturbe l’organisation des flux maritimes. De nombreuses compagnies ont ainsi privilégié une route alternative passant par le cap de Bonne-Espérance en Afrique du Sud.

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