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"Si j’étais le Hezbollah, je serais très inquiet..." : l’avertissement de Matthew Levitt

تكنولوجيا
L'Express
2026/04/18 - 06:45 502 مشاهدة

Il est fragile mais il tient pour le moment. Alors qu'un cessez-le-feu temporaire de dix jours est entré en vigueur le 16 avril à minuit heure locale, Donald Trump est monté au créneau pour essayer de le faire respecter : "Israël ne bombardera plus le Liban. Ils ont INTERDICTION de le faire de la part des Etats-Unis. Ça suffit !!!", a tonné ce vendredi le président américain sur sa plateforme Truth Social.

Après 46 jours de guerre, le bilan est dramatique : 2 294 morts, 7 544 blessés côté libanais selon le ministère de la Santé, et 15 morts du côté israélien (13 soldats et 2 civils). Dès l’annonce de l'accord, malgré les appels à la prudence des autorités libanaises et du Hezbollah, des milliers de déplacés ont repris la route pour regagner leurs villes et villages au Liban. Cette avancée au Levant en a entraîné une autre dans la région : le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a ainsi annoncé la réouverture totale du détroit d’Ormuz le temps du cessez-le-feu conclu entre l’Iran et les Etats-Unis le 8 avril dernier.

Sur le plan politique, la trêve au Liban demeure toutefois très précaire. Le 17 avril, des députés libanais proches du Hezbollah ont exprimé un "engagement prudent" en faveur d’un cessez-le-feu avec l'Etat hébreu, estimant nécessaire de garantir l’arrêt de toute hostilité israélienne au Liban. Dans le même temps, Israël cherche toujours activement les moyens de finaliser un accord avec les autorités libanaises qui permette un désarmement durable du Hezbollah. Cela ne sera pas simple, estime Matthew Levitt, l'un des meilleurs experts américains en matière de terrorisme islamiste et auteur de plusieurs ouvrages sur la milice chiite. Pour le directeur du programme "Reinhard" sur la lutte contre le terrorisme et le renseignement du Washington Institute, qui a auparavant travaillé au FBI, le Hezbollah, bien que très affaibli, va encore jouer son rôle de "perturbateur" dans cette négociation. Entretien.

L'Express : Les pressions exercées par Téhéran pour étendre le cessez-le-feu au Liban, comme préalable à une reprise des négociations avec les Etats-Unis, ont-elles eu un effet ?

Matthew Levitt : Les Etats-Unis souhaitaient un cessez-le-feu au Liban, à la fois pour stabiliser la situation sur place et pour pouvoir poursuivre les discussions de cessez-le-feu avec l’Iran. Toutefois, cet objectif ne relevait pas uniquement de l’intérêt américain. Le gouvernement libanais l’appelait de ses vœux depuis longtemps et, si Israël cherchait à affaiblir le Hezbollah autant que possible, il avait également intérêt à parvenir à une issue diplomatique. Des divergences ont pu exister sur le calendrier mais, finalement, l’ensemble des parties semblait vouloir aboutir à ce résultat. Personne ne s’attendait cependant à des avancées majeures dès la première rencontre à Washington.

L’événement marquant est précisément que cette réunion ait pu avoir lieu pour la première fois depuis des décennies, alors qu’une loi interdit toujours aux Libanais d’interagir avec des Israéliens.

L'armée libanaise a affirmé qu'Israël avait violé le cessez-le-feu après son entrée en vigueur à minuit, et que des villages du sud du Liban avaient été pris pour cibles. Le cessez-le-feu peut-il vraiment tenir ?

Cela autorise un optimisme mesuré. Le Hezbollah cherchera, sans aucun doute, à jouer le rôle de perturbateur qu’il a toujours joué. Il pourrait à la fois poursuivre ses attaques contre Israël et mener des actions violentes contre d’autres Libanais. Il faut rappeler que le Hezbollah dispose d’une unité dédiée aux assassinats, appelée "unité 121", dont la mission ne consiste pas à viser des Israéliens, mais à éliminer des Libanais considérés comme opposants. De nombreux défis restent donc à relever.

Malgré l'accord de cessez-le-feu, le ministre de la Défense israélien Israël Katz a affirmé vendredi que l'opération militaire au Liban n'était "pas terminée". Comment expliquez-vous que, malgré le cessez-le-feu, Israël ait bombardé des cibles sur le territoire libanais ?

Dans ce type de situation, les belligérants cherchent souvent à porter quelques derniers coups avant l’entrée en vigueur du cessez-le-feu. Israël a probablement voulu frapper certaines cibles du Hezbollah avant qu’il ne s’applique pleinement. De son côté, le Hezbollah a également cherché à réaffirmer sa position jusqu’au dernier moment.

La question centrale ne concerne pas tant la relation entre le Liban et Israël que le rôle du Hezbollah. Si celui-ci lance une nouvelle action, ou si Israël estime qu’il s’apprête à en mener une, cela pourrait entraîner des violations du cessez-le-feu, voire sa remise en cause. Il est donc difficile de répondre de manière catégorique à la question de sa solidité : personne ne peut en avoir la certitude. Il existe néanmoins des raisons d’espérer qu’il puisse tenir.

L’accord est-il meilleur pour Israël que pour le Liban ?

Je ne dirais pas cela. Le principe est qu’Israël est autorisé à frapper des cibles du Hezbollah afin d’empêcher ce dernier de viser des cibles israéliennes. Israël cherche à réduire les capacités militaires et terroristes du Hezbollah, tandis que le Hezbollah, lui, cible des populations civiles en Israël. Dans le cadre du précédent cessez-le-feu de novembre 2024 (NDLR : il avait mis fin aux combats intenses les deux belligérants après l’attaque du Hamas en octobre 2023), il existait déjà une mention explicite selon laquelle Israël pouvait continuer à frapper le Hezbollah si cela était jugé nécessaire. Il est probable que cette logique demeure en partie dans le nouveau cessez-le-feu, même si l’objectif sera d’instaurer le plus de calme possible.

Comment jugez-vous la volonté du Hezbollah de faire taire les armes ?

Le Hezbollah a récemment menacé de renverser le gouvernement libanais. Il a aussi formulé des menaces explicites contre le Premier ministre et d’autres responsables, et il a affirmé qu’il ne cesserait pas de viser Israël. Si ces actions se poursuivent, le cessez-le-feu est voué à l’échec. En revanche, si le Hezbollah accepte d’interrompre ses attaques, Israël suspendra probablement les siennes, au moins temporairement.

L’armée libanaise sera-t-elle vraiment capable à désarmer le Hezbollah ?

Il faudra déjà bien évaluer ce qu’elle n’a pas réussi ou voulu faire jusqu’à présent. Cela dépendra également de ce que les Etats-Unis, la France et la communauté internationale seront prêts à faire pour rendre ce désarmement possible. Le problème ne réside pas tant dans l’accès à de nouvelles armes pour le Hezbollah que dans le financement de l’armée libanaise. Il s’agit avant tout de salaires. L’armée libanaise a ainsi affirmé que 8 000 soldats avaient été déployés dans le Sud après le premier cessez-le-feu. De son côté, Israël a déclaré que seuls 4 000 soldats libanais combattaient. Les deux affirmations peuvent être exactes : 8 000 hommes ont bien été envoyés au Sud, mais seule la moitié était réellement en service à un moment donné, faute de rémunération suffisante. Beaucoup devaient travailler dans des restaurants ou conduire des VTC le reste du temps… Il faut donc garantir non seulement le paiement des salaires, mais aussi leur amélioration, afin d’inciter l’armée libanaise à accomplir sa mission de manière professionnelle.

On pensait que depuis l’opération des bipers, le Hezbollah était très affaibli mais il semble encore avoir un arsenal très conséquent et a réussi à mener de nombreuses frappes contre Israël dans cette guerre. Dans quel état est-il aujourd’hui ?

Je suis en profond désaccord avec l’idée selon laquelle le Hezbollah serait aujourd’hui plus fort. Affirmer que l’organisation n’a plus de capacités militaires était illusoire, mais cela ne signifie pas qu’elle n’a pas été sévèrement affaiblie. Le Hezbollah a subi des pertes considérables. Il est passé d’un stock estimé entre 120 000 et 150 000 roquettes et missiles à peut-être 20 000 ou 30 000 au maximum, essentiellement à courte portée. Le nombre de missiles capables d’atteindre Tel-Aviv est aujourd’hui très faible par rapport à ce qu’il était auparavant.

Le nombre d’agents neutralisés, et surtout de dirigeants éliminés, est extrêmement important. Paradoxalement, l’une des raisons pour lesquelles le Hezbollah reste déterminé à se battre tient au fait que de nombreux commandants libanais ont été tués. Certains postes seraient désormais occupés par des responsables iraniens des Gardiens de la révolution intégrés à la structure du Hezbollah. En définitive, le Hezbollah conserve une capacité de nuisance, mais sans commune mesure avec celle dont il disposait auparavant. Une grande partie de ses infrastructures a été détruite. Le fait qu’il puisse encore lancer des attaques ponctuelles ne change pas cette réalité.

L’Iran est aussi très affaibli. Le "parrain" a-t-il encore les moyens d'aider son bras armé au Liban ?

Si j’étais le Hezbollah, je serais très inquiet : une grande partie de son arsenal a été détruite ou utilisée lors des derniers combats. Or, son principal soutien, l’Iran, traverse ses propres difficultés et ne pourra probablement plus fournir autant d’armes et de financements qu’auparavant. Il est également devenu beaucoup plus difficile de faire transiter ces armes via la Syrie depuis la chute du régime d'Assad. Dans ces conditions, chaque roquette tirée devient une perte potentiellement impossible à compenser.

Ce que le Hezbollah peut encore produire sur le territoire libanais concerne surtout des roquettes de plus petite taille et certains drones. C’est précisément ce que les Israéliens cherchent à détruire lors de cette dernière phase, en visant autant que possible les sites de production.

L’accord ne fait pas mention du retrait des troupes israéliennes qui occupent aujourd'hui une large partie du Sud Liban. Benyamin Netanyahou va-t-il occuper le Liban comme il l'a fait à Gaza ?

Deux éléments majeurs distinguent profondément la crise libanaise de celle de Gaza. Premièrement, à Gaza, il n’existe pas de force nationale légitime prête à prendre le relais sur le terrain. Au Liban, en revanche, cette force existe : il s’agit des Forces armées libanaises (LAF). Deuxièmement, la situation territoriale est différente. Concernant Gaza, certains courants en Israël estiment que le territoire devrait rester sous contrôle israélien, ou à tout le moins qu’il ne devrait pas être administré par une autorité palestinienne. En ce qui concerne le Liban, il n’existe pas d’ambition territoriale israélienne comparable. L’objectif d’Israël est uniquement sécuritaire : établir, si nécessaire, une zone tampon destinée à protéger les communautés du nord du pays contre les tirs du Hezbollah subis au cours des deux dernières années et demie.

Israël va toutefois garder une zone tampon…

Oui il n’est pas surprenant que Benyamin Netanyahou et l’armée israélienne ne souhaitent pas se retirer prématurément des positions qu’ils occupent. Toutefois, si le cessez-le-feu se transforme en un processus sérieux et efficace de désarmement du Hezbollah et d’évacuation de sa présence au sud du Liban — ce que l’armée libanaise avait affirmé avoir accompli sans que cela corresponde pleinement à la réalité - alors les forces israéliennes se retireront. Rien n’indique qu’Israël ait l’intention de maintenir une présence durable sur le territoire libanais.

Tsahal a détruit de nombreuses infrastructures et habitations qu'Israël dit liées au Hezbollah. Craignez-vous qu’il ne se passe la même chose qu’à Gaza, où les destructions qui ont continué même après le cessez-le-feu ?

Concernant la destruction d’infrastructures et d’habitations liées au Hezbollah, la situation diffère également de celle de Gaza. Le refus de l’armée libanaise d’entrer dans certaines propriétés privées pour y saisir des armes du Hezbollah a conduit à la persistance de nombreux dépôts d’armes dans des maisons situées le long de la frontière sud. Israël a donc procédé à la destruction de ces sites.

Il est peu probable que ce type d’opérations se poursuive indéfiniment. La véritable question porte plutôt sur ce qui pourra être reconstruit dans le cadre d’un accord ultérieur. Israël ne souhaite pas voir des habitations reconstruites immédiatement le long de la "Ligne bleue", qui est la ligne de démarcation tracée par l'ONU en 2000 pour vérifier le retrait de l’armée israélienne du Sud Liban.

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