Seine-et-Marne : un «cuisinier» de cannabis de synthèse et son revendeur rattrapés par les enquêteurs
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Seine-et-Marne : un «cuisinier» de cannabis de synthèse et son revendeur rattrapés par les enquêteurs Par Leopold Paitier Le 7 mai 2026 à 19h44 Suivre Sujets cannabis trafic de drogue justice Lire dans l’app Sauvegarder Nouvelle fonctionnalité ! Avec votre compte, vous pouvez désormais sauvegarder des articles pour les lire plus tard sur tous vos appareils. Sauvegarder Fermer Sauvegarder un article Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils. Créer un compte Se connecter Copier le lien Lien copié Mail Facebook X Linkedin Messenger WhatsApp Maxime B. partageait les détails de sa recette de e‑liquide de cannabis de synthèse dits PTC sur Telegram. Cheney Orr / REUTERS Identifié comme «cuisinier grossiste de PTC» par la police judiciaire de Meaux, un étudiant parisien a structuré avec un autre individu un trafic d’e‑liquide au cannabis de synthèse. Ils ont tous les deux été condamnés. Passer la publicité Passer la publicité Publicité Ils ont monté un trafic de stupéfiants artisanal. Le 17 avril dernier, Maxime B. et Nino K. ont été condamnés respectivement à quatre ans d’emprisonnement dont deux ans de sursis probatoire, et à trois ans de prison dont dix-huit mois assortis de sursis, indique le parquet de Meaux au Figaro. L’enquête remonte au 29 août 2025. Ce jour-là, l’antenne de Meaux (Seine-et-Marne) de la police judiciaire ouvre un dossier d’initiative après l’identification, par les policiers locaux, d’un «cuisinier» de PTC (« Pète ton crâne »)- un e‑liquide au cannabis de synthèse particulièrement concentré. Derrière ce rôle, apparaît Maxime B, jeune étudiant parisien. Il n’en est pas à son premier contact avec la justice, puisqu’un mois et demi plus tôt, son domicile de Meaux avait déjà été perquisitionné dans le cadre d’une autre procédure, assure une source policière. Rien n’avait été retrouvé mais les enquêteurs étaient tout de même repartis avec son téléphone, placé sous scellés, précise cette dernière. C’est à partir de cet objet que la nouvelle enquête va réellement commencer. Passer la publicité Publicité En exploitant l’appareil, les officiers auraient repéré six commandes «d’ADB‑Butinaca», passées à l’étranger entre décembre 2024 et février 2025, réglées en cryptomonnaies, explique notre source. Cette molécule, classée comme stupéfiant, est l’un des principaux composants des e‑liquides de cannabis de synthèse surnommés PTC. Sur l’application Telegram de Maxime B., les enquêteurs découvrent même des échanges où le jeune homme détaille sa «recette» de e‑liquide à base de poudre d’ADB‑Butinaca. Températures, dosages… toutes les étapes de la préparation sont décrites. Le «cuisinier» et l’homme de terrain Le 25 septembre 2024, les enquêteurs auraient observé Maxime B. à Monthyon (Seine-et-Marne), petite commune de 1700 habitants, en compagnie d’un nouvel individu : Nino K. Les deux hommes auraient pénétré ensemble dans le bar‑tabac du village. À l’intérieur, Nino K. aurait remis un sac à dos à Maxime B., qui serait ensuite reparti vers Meaux. Nino K., lui, se serait rendu à La Poste pour retirer un colis sur lequel le nom de Maxime B. était inscrit à la main. Les vérifications montreront que le paquet provenait d’un site Internet spécialisé dans les produits pour cigarettes électroniques. «Depuis juillet 2024, cinq colis» issus du même site avaient déjà été livrés et retirés dans ce bureau de poste pour le compte du duo, révèle notre source policière. Cinq jours plus tard, les policiers auraient de nouveau repéré Nino K., cette fois sur un parking. Il «prend contact quelques secondes avec un individu», dans une manœuvre qui «s’apparente à une transaction de stupéfiants», relate notre source, sans que cela puisse avoir été démontré, précise le parquet de Meaux. L’homme rencontré, identifié comme Ozkan S., est en tout cas défavorablement connu pour trafic de stupéfiants et est alors en régime de «semi‑liberté à la maison d’arrêt de Meaux‑Chauconin», où il regagne aussitôt sa place. Dans les jours qui suivent, Nino K. apparaît avec trois autres personnes, dont Samir M., déjà visé par une enquête distincte de la brigade de recherches de Meaux pour trafic de stupéfiants. Interpellé à bord de son véhicule le lendemain, ce dernier est trouvé en possession de 110 ml de cannabis de synthèse «PTC», 203 grammes de résine de cannabis et 3 grammes d’herbe de cannabis. Le téléphone saisi lors de cette arrestation livre, lui aussi, des conversations avec Nino K., où ce dernier est désigné comme : «cuisinier grossiste de PTC». Passer la publicité Publicité Coup de filet Le 17 février 2026, l’enquête bascule dans sa phase d’interpellations. À l’aube, les policiers déclenchent un vaste coup de filet en ciblant simultanément plusieurs individus : Nino K., Maxime B. et trois autres hommes, soupçonnés d’avoir servi de relais pour la réception de colis, sont placés en garde à vue. Lors de la perquisition menée à son domicile, Nino K. «reconnaît la confection et la vente de PTC.» Il explique acheter du PTC concentré auprès de plusieurs vendeurs, la diluer avec le liquide de base et revendre le produit en ligne, notamment via l’application Snapchat, en assurant lui‑même les livraisons. Parallèlement, les enquêteurs plongent dans les finances de Maxime B. Ils découvrent un montage, mêlant compte prépayé et plateforme de cryptomonnaies, alimentés en espèces via des coupons achetés en bureau de tabac et en cartes prépayées. Sur l’année 2025, plusieurs milliers d’euros avaient ainsi transité sur ces supports, sans qu’aucun de ces fonds ne puisse être saisi, conclut notre source proche du dossier.





