Quand le Maroc vise la cour des grands, les poches vides
Dépenses en hausse et recettes en baisse, le Maroc s’enfonce dans la crise sans renoncer à sa ruineuse politique de prestige, en ayant recours à l’endettement. Le déficit du royaume se creuse à mesure que la coupe du monde 2030 approche.
Les chiffres que vient de dévoiler le gouvernement marocain sont alarmants. Le déficit budgétaire s’est élevé à 34,5 milliards de dirhams (3,7 milliards de dollars) pendant les deux premiers mois de l’année 2026, contre 24,8 milliards de dirhams à la même période de 2025, a indiqué sur son site web le ministère marocain de l’Économie et des Finances. Le déficit budgétaire atteint désormais 40%.
Le Maroc sèvre sa population pour financer les projets du Mondial 2026
Le Maroc fait face à une conjugaison de baisses ayant touché simultanément des recettes d’impôts, de phosphate et de tourisme.
Selon la même source, les recettes d’exportation du phosphate, principal produit exporté, ont reculé de 5%. Dans le même temps, les dépenses ont augmenté de 9 % pour atteindre 85,7 milliards de dirhams au cours de la même période, portées par les investissements liés à la coupe du monde 2030 que le royaume co-organise avec l’Espagne et le Portugal qui ont des économies beaucoup plus fortes.
Les dépenses d’investissement ont en effet enregistré une augmentation de 37 %, atteignant 23,1 milliards de dirhams. Pour justifier cette forte hausse, le ministère a expliqué qu’environ 20 % du plan d’investissement annuel a été réalisé à la fin du mois de février.
Pour financer ces projets, le gouvernement marocain a coupé dans les dépenses sociales, les montants des subventions publiques ayant baissé de 31 % pendant la même période. Il a aussi continué à recourir aux emprunts extérieurs, aggravant une dette dont le ratio au PIB figure déjà parmi les plus élevés au monde.
Selon le ministère de l’Economie et des Finances, les emprunts extérieurs ont également très fortement augmenté pendant les deux premiers mois de l’année, le financement étranger net atteignant 976 millions de dirhams, contre 92 millions de dirhams pendant la même période de 2025.
Un budget colossal pour le Mondial 2026
L’organisation de quelques matchs de la coupe du monde 2030 coûte les yeux de la tête au Maroc qui ploie sous une dette extérieure colossale. En octobre dernier, le gouvernement a approuvé un budget de 380 milliards de dirhams (40,7 milliards de dollars) pour des aéroports et autres projets d’infrastructures liés à la compétition.
Les observateurs prévoient une aggravation des difficultés économiques du Maroc à cause des retombées de la guerre au Moyen-Orient. Outre la hausse des cours des hydrocarbures qui fait planer le risque d’une inflation comparable à celle qui a suivi le déclenchement de la guerre en Ukraine en 2022, des impacts sont d’ores et déjà perceptibles sur l’agriculture et le tourisme qui représentent respectivement 14 et 8% du PIB global.
En s’engageant pour abriter la coupe du monde de football et en optant pour une politique d’armement ruineuse, les dirigeants marocains ont eu la très mauvaise idée de prétendre jouer dans la cour des grands sans en avoir les moyens.
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