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Pesticides : faut-il s'inquiéter des résidus présents dans l'air ?

تكنولوجيا
L'Express
2026/04/09 - 04:30 502 مشاهدة

Depuis le 30 mars 2026, il est possible de visualiser les concentrations moyennes des pesticides dans l'atmosphère, sur la base de données datant de 2022, et ce, dans une vingtaine de territoires en France. Une initiative d'Atmo, le réseau des associations agréées de surveillance de la qualité de l'air. Avec cet outil baptisé PhytAtmo, l'organisation permet à tout un chacun de vérifier s'il se situe en zone exposée. De quoi nourrir une prise de conscience collective sur les pollutions potentiellement engendrées par les épandages, et "alimenter la décision publique", comme l'écrit l'association.

Encore faudrait-il savoir à quoi l'on s'expose si l'on fait partie des territoires où l'air est le plus chargé en produits phytosanitaires. Car, comme le reconnaît le réseau, et contrairement à l'eau ou à l'alimentation, il n'existe pour le moment aucun seuil réglementaire à ne pas dépasser en la matière. Résultat : impossible de déterminer si l'on doit se protéger ou même déménager en fonction de ce qu'indique la carte, tant que des recommandations de santé publique n'ont pas été édictées.

En attendant la prise en charge du sujet par les décideurs, il faudra donc s'en remettre à la seule littérature scientifique, dans ce qu'elle a de plus notable, comme de plus lacunaire. Que dit-elle du risque encouru ? Sait-on comment s'en prémunir ? Excursion sur les chemins glissants des études d'exposition aux pesticides, avec Isabella Annesi-Maesano, épidémiologiste, directrice de recherche à l'Inserm et spécialiste des affections respiratoires liées aux polluants dans l'environnement.

L'Express : Que dit la littérature des risques liés à une exposition aérienne aux pesticides ?

Isabella Annesi-Maesano : Les risques sanitaires sont bien mieux démontrés que ceux liés aux résidus alimentaires de pesticides, pour lesquels de nombreuses questions restent en suspens en raison du manque de données en population générale et de la diversité des expositions. La littérature scientifique met d'abord en évidence des effets contemporains aux épandages, dans les heures qui suivent l’exposition par pulvérisation, et face à une quantité très importante de pesticides dans l’air. On parle de symptômes aigus cutanés, des rougeurs et brûlures de la peau, mais aussi de symptômes respiratoires chez les riverains des champs traités. Pour les personnes atteintes de maladies respiratoires, il peut y avoir une exacerbation de leur problématique. L’exposition peut également déclencher des crises chez des personnes asthmatiques. Les professionnels, beaucoup plus exposés, éternuent, toussent, sifflent et peuvent présenter une irritation des voies aériennes inférieures.

A long terme, la littérature établit aussi des risques neurotoxiques, toujours chez les professionnels les plus exposés. Il est notamment bien documenté que l’exposition aérienne à certains pesticides entraîne un risque plus élevé de développer la maladie de Parkinson. Cette pathologie se trouve d’ailleurs au tableau des maladies professionnelles reconnues pour les agriculteurs, pour lesquelles un mécanisme de compensation est activé. A cela, il faut également ajouter les risques neurodéveloppementaux du fœtus en cas de forte exposition chez la femme enceinte, professionnelle ou riveraine des champs où des pesticides ont été épandus. Plusieurs études ont montré des malformations congénitales et une baisse de performances cognitives chez les enfants exposés notamment en lien avec les molécules de la famille des triazines ou des organophosphorés.

Toujours chez les professionnels, la littérature montre un risque associé à l’exposition aux épandages sur le long terme pour quatre types de cancers : le lymphome non-hodgkinien, le myélome, et certaines leucémies. Tous ces effets sanitaires sont notamment décrits dans l’expertise collective de l’Inserm publiée en 2021, référence en France sur le sujet, ainsi que dans l'étude Agrican, qui suit sur le plan sanitaire les agriculteurs français affiliés à la Mutuelle sociale agricole (MSA) à laquelle j’ai participé ou, entre autres, dans l’étude Epipage, qui suit des jeunes mères et leurs enfants depuis leur naissance.

Ces données sont préoccupantes, car, et c’est ce que montre la carte d’Atmo, certains pesticides peuvent voyager dans l’air. Ils ne restent pas confinés dans les champs. Un confrère a analysé l’air du Jardin des Plantes à Paris, et a retrouvé des molécules qui n’avaient jamais été utilisées dans la zone. Une étude publiée dans Environmental Science & Technology en 2025 révèle également la présence de pesticides dans l’eau des nuages collectés au sommet du Puy-de-Dôme. En France, l’étude Pestiriv a montré une concentration des pesticides dans l’air et dans les poussières supérieures chez les riverains de vignobles, mais sans que les seuils qui encadrent les pulvérisations ne soient dépassés, ce qui laisse penser que les niveaux d’exposition même faibles pourraient constituer un problème de santé publique.

Les études que vous citez portent essentiellement sur des publics très exposés. Que sait-on des effets à très faible dose, chez des particuliers moins proches des cultures et exposés à une pollution très résiduelle ? Existe-t-il des seuils réglementaires indiquant quoi faire à partir d'une certaine concentration dans l'air, sur le principe des particules fines ?

Malheureusement, à ce jour, il n’existe pas dans la littérature de seuils de référence permettant de fonder des mesures de prévention face à des expositions faibles mais chroniques comme celles montrées par les cartes Atmo. Nous ne savons pas à partir de quelle concentration dans l'air il faut agir avec certitude. Difficile, donc, de savoir ce qu'il peut se passer chez des personnes vivant à plus grande distance des champs, par exemple. Un des gros problèmes, c’est que nous sommes exposés à des mélanges de pesticides, ce qui rend les démonstrations scientifiques plus difficiles à établir pour un pesticide isolé. Les autorités demandent plus de données, pour avoir la certitude de l’existence d’une relation, et écarter d’éventuels biais ou facteurs cachés. Personnellement, je serais plutôt favorable à un principe de précaution plus ferme. Mais sans seuils, difficile de déterminer pour quelles concentrations il faudrait prendre des mesures supplémentaires. D’autant que l’on ne connaît pas les molécules les plus à risque à ce niveau d’exposition.

Existe-t-il des mesures à destination des agriculteurs pour limiter cette pollution ?

Oui. L’Efsa et l’Anses édictent des normes d’usage de ces produits, sur la base d’études qui simulent les différentes conditions de pulvérisation, et la quantité que l’on retrouve dans l’environnement. En fonction du vent et de la distance des habitations, les agriculteurs sont contraints de réduire ou d’éviter le recours à certains produits. Certaines techniques d'épandage permettent d’éviter trop de déperdition dans l’environnement. Ces règles sont plus strictes à proximité des écoles. Les agriculteurs doivent aussi porter des équipements, et notamment des masques.

Comment réduire son exposition, si on se trouve dans l'une des zones rouges d’Atmo ?

Pour les populations exposées, il est recommandé de fermer les fenêtres lors des épandages, de ne pas mettre le linge à sécher dehors et d’éviter les activités extérieures, surtout pour les plus jeunes. Les enfants sont une population à risque, car plus vulnérable sur le plan immunitaire et plus susceptible de se rouler dans les champs. On peut aussi prendre des douches une fois à la maison, ne pas rentrer avec les chaussures si on marche sur les champs.

En l'absence de données fiables sur le risque à faible dose, n'avez-vous pas peur que l’on bascule dans la psychose ?

Au contraire, grâce à la carte Atmo, les gens pourront mieux savoir quand fournir leurs efforts. Toutes ces recommandations mentionnées précédemment ne sont pas tenables sur le long terme, et pas forcément utiles en fonction des conditions qui se présentent. Par exemple en cas de pluie, les pesticides ne sont plus aéroportés. Cette carte va permettre de préciser des périodes et des zones à risque, comme pour la pollution de l’air, et donc, d’améliorer l’observance des mesures en population générale.

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