Paris adopte un plan pour sécuriser le périscolaire après les scandales des violences sexuelles
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Le Conseil de Paris a approuvé ce mardi un plan d’action de 20 millions d’euros destiné à renforcer la protection des enfants dans le périscolaire, après une succession d’affaires de violences sexuelles sur mineurs dans les écoles de la capitale.Porté par le nouveau maire socialiste de Paris, Emmanuel Grégoire, ce plan a été approuvé lors d’une session extraordinaire marquée par de vifs débats politiques.Depuis le début de l’année 2026, 78 agents ont été suspendus dans les écoles parisiennes, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles.Des chiffres qui traduisent, selon Emmanuel Grégoire, un phénomène à caractère "systémique". Le maire a également dit comprendre la "colère légitime" des familles concernées.Parmi les mesures annoncées figure une simplification du dispositif de signalement, avec la création d’une cellule d’écoute spécifique.La municipalité promet aussi une plus grande transparence envers les familles en leur restituant l’intégralité des conclusions des enquêtes administratives.Le maire a par ailleurs affiché une ligne de fermeté. "Chaque violence sur enfant donnera lieu sans délai à une suspension conservatoire de l’agent concerné et ces agents mis en cause ne pourront pas retravailler auprès d’enfants à la Ville de Paris", a affirmé le nouveau maire de Paris.La ville prévoit aussi de revoir l’aménagement de certains lieux jugés "sensibles", comme les toilettes, afin d’éviter qu’un adulte ne s’y retrouve seul avec un enfant.Un effort important doit également être consacré à la formation des 20 000 agents du secteur. Emmanuel Grégoire veut investir dans cette politique, notamment avec la création d’une "école du périscolaire" pour professionnaliser une filière de l’animation très précarisée.Mais cette stratégie ne convainc pas tout le monde. Le syndicat Supap-FSU dénonce un "climat de suspicion" et des "suspensions arbitraires".Une centaine d’agents se sont rassemblés dans la matinée devant l’Hôtel de Ville pour demander des "recrutements massifs".Les organisations syndicales réclament plus largement la création de centaines de postes de titulaires, une amélioration des carrières, une baisse des taux d’encadrement, le recrutement d’agents formés pour le change en maternelle, ainsi qu’un meilleur accompagnement des enfants à besoins particuliers.L’opposition à droite, emmenée par Rachida Dati, a profité du débat pour mettre en cause la responsabilité politique de l’ancien premier adjoint, longtemps chargé des ressources humaines à l’Hôtel de Ville. "En tant que chargé des ressources humaines, vous avez laissé prospérer un système", a affirmé Jean-Pierre Lecoq, maire LR du 6e arrondissement.Du côté de La France insoumise, Sophia Chikirou a estimé : "Si vous voulez réparer, il faut rechercher les responsabilités politiques et administratives qui ont mené à la catastrophe."Le principal groupe d’opposition propose aussi l’installation de caméras de vidéosurveillance dans les plus de 620 écoles parisiennes, pour un coût estimé à "moins de 10 millions d’euros".Une idée rejetée à la fois par les syndicats et par des collectifs de familles. "Si ça devait être mis en place, il faudrait 50 ou 100 caméras par école pour couvrir tous les angles et coins cachés", a avancé le Supap-FSU. "Faire croire que ça évitera les passages à l’acte, ça n'a aucun sens."Au-delà des mesures d’urgence, Emmanuel Grégoire s’est engagé à installer une "commission indépendante" chargée d’établir un état des lieux complet et de formuler des recommandations. Il a également annoncé une "convention citoyenne sur les temps de l’enfant", composée de 80 parents d’élèves tirés au sort. Ses conclusions sont attendues le 22 juin.




