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Oléoduc Adria : une solution pour sortir de la dépendance hongroise au pétrole russe… que Viktor Orban refuse

سياسة
L'Express
2026/04/12 - 14:12 501 مشاهدة

La Croatie disposerait-elle de la solution capable de mettre fin, une bonne fois pour toutes, à la dépendance de la Hongrie au pétrole russe ? C'est en tout cas ce qu'elle affirme, comme le rapporte le média Politico. Selon Zagreb, un réseau d’oléoducs vieux de 35 ans, s’étendant sur 600 kilomètres à travers les Balkans jusqu’à l’Europe centrale, pourrait constituer une alternative fiable au brut russe pour la Hongrie et la Slovaquie, permettant de renforcer les efforts de l’Union européenne visant à éliminer les derniers liens énergétiques avec Moscou.

Depuis l’invasion massive de l’Ukraine par la Russie en 2022, la Hongrie et la Slovaquie continuent en effet de dépendre largement de son pétrole, Budapest étant passée de 61 % de ses importations en 2021 à 93 % en 2025, selon le centre de réflexion CSD basé à Sofia. Il faut dire que Viktor Orban, au pouvoir depuis 16 ans, a fait du pétrole russe bon marché un élément central de sa campagne, avec le soutien affiché des États-Unis. Dans ce contexte, il s’oppose fermement à cette alternative, même si, en pratique et de manière discrète, l'oléoduc croate alimente déjà le pays en quantités non négligeables de pétrole.

Une dépendance accrue à la Russie

Fin janvier, en raison d'une panne de l’oléoduc Druzhba qui transporte le pétrole russe, via l’Ukraine, vers la Hongrie et la Slovaquie, les flux ont quasiment été interrompus. Depuis février, Budapest accuse Kiev de ralentir volontairement les réparations et met en garde contre d’éventuelles perturbations de l’approvisionnement si le transit ne reprend pas, d’autant plus que la guerre en Iran pourrait accentuer les tensions sur les marchés énergétiques.

C’est là que l’oléoduc Adria entre en jeu. Construit en 1989 et exploité par la société croate Janaf, il transporte du pétrole brut depuis les ports de l’Adriatique vers les Balkans et l’Europe centrale. Pour Zagreb, cette infrastructure représente une solution concrète pour réduire la dépendance hongroise au pétrole russe, à mesure que les risques d’approvisionnement augmentent. La preuve ? Après une demande d’approvisionnement d’urgence formulée par la Hongrie en février, la Croatie a augmenté les volumes transitant par Adria. Entre le 26 février et le 25 mars, 800 000 tonnes ont ainsi été livrées au groupe pétrolier hongrois MOL, qui exploite des raffineries en Hongrie et en Slovaquie. Ces chiffres, évoqués par le ministre croate de l’Énergie lors d’une réunion à huis clos, laissent entendre que l’oléoduc pourrait couvrir jusqu’à deux tiers des 14 à 15 millions de tonnes traitées chaque année par MOL. Neuf cargaisons supplémentaires sont d'ailleurs attendues en avril et mai, sur un total de 17 depuis février, selon Janaf.

Le veto de la Hongrie

De leur côté, les autorités hongroises assurent qu’il n’y a pas de pénurie immédiate, mais soutiennent que le pétrole acheminé par Adria ne constitue pas une alternative équivalente au brut russe, qu’elles jugent à la fois moins cher et mieux adapté à leurs installations. Elles ont ainsi rejeté la proposition de Janaf d’augmenter durablement l’utilisation de l’oléoduc, estimant que les frais de transit sont trop élevés. Elles s’appuient également sur un test de capacité réalisé en septembre, qui, selon elles, démontrerait que l’infrastructure ne peut pas absorber les volumes nécessaires.

La porte-parole de Janaf, Michaela Julijana Vranjes, soutient au contraire que les frais sont justifiés, l’oléoduc pouvant acheminer environ 280 000 barils par jour - soit davantage que Druzhba. Selon elle, le test de septembre aurait aussi été limité à la demande même de MOL. Il est "clair que les objections du groupe MOL ne concernent ni les prix ni la capacité, mais la volonté de maintenir aussi longtemps que possible l’exception permettant d’importer du pétrole russe sous sanctions", a-t-elle indiqué.

Maintenir les liens avec la Russie

Pour certains observateurs, la position de la Hongrie traduit aussi une volonté politique plus profonde de maintenir les liens avec la Russie. "La Hongrie dispose de suffisamment de capacité via l’oléoduc Adria pour couvrir 100 % de sa demande et fait face à des frais de transit inférieurs à ceux du pétrole russe, affirme Isaac Levi, chercheur au Center for Research on Energy and Clean Air. La réalité est que la dépendance aux combustibles fossiles russes ne relève pas de contraintes techniques, mais d’une question de volonté politique."

L'issue pourrait donc dépendre du résultat des élections législatives de ce dimanche en Hongrie. Le parti d’opposition Tisza, actuellement en tête face au Fidesz d’Orban, prévoit de mettre fin aux importations d’énergie russe d'ici à 2035. Le ministre croate de l’Économie, Ante Šušnjar, a également évoqué un engagement récent de la Hongrie à acheter du pétrole à l’administration Trump. Et selon lui, ce pétrole transiterait par… l’oléoduc Adria croate.

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