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Nicolas Sarkozy, la déchéance d'un président : du déjeuner avec Jordan Bardella au lâchage de Claude Guéant

سياسة
L'Express
2026/04/15 - 17:00 501 مشاهدة

"Je transforme toujours le plomb en or" : ainsi se voit, se vit Nicolas Sarkozy. Il est "le seul type au monde", confie-t-il à un ami, qui effectue un séjour de trois semaines à la Santé et en fait dans la foulée un best-seller. On dit que les Français ne lisent plus et qu’ils n’aiment plus la politique : quel pied de nez que le triomphe du Journal d’un prisonnier (Fayard). On croirait l’entendre : "Qu’est-ce que ce serait si les gens aimaient la lecture et les politiques…"

Il a constamment célébré le culte de la performance. Qu’un écrivain, Joël Dicker, devienne un auteur à succès et il l’appelle pour finir par l’inciter à mieux négocier ses droits d’auteur avec son éditeur. Qu’un vidéaste, Guillaume Pley, qu’il commence par regarder un peu de haut, l’interroge avec bonheur, que ce podcast rencontre un succès viral, et il demande à le revoir, prêt à lui réserver une petite surprise. "La marque de fabrique, cela ne change pas chez un homme", disait François Mitterrand. Ainsi va Nicolas Sarkozy. Il va, ou il ne va pas.

Mardi 14 avril, dans le cadre de son procès en appel sur le supposé financement libyen en 2007, l’ancien président est interrogé sur celui qui fut le plus proche de ses conseillers. "Le Guéant que j’ai connu et apprécié ne ressemble pas aux épisodes que j’ai lus dans ce dossier", avait-il lâché la semaine précédente. Lâché, c’est le mot. L’attitude interpelle. Combien de fois a-t-il répété, lui l’apôtre de la "verticalité", qu’un bon chef avait de bons collaborateurs, un chef médiocre des collaborateurs médiocres ? De Claude Guéant, il avait même fait son directeur de cabinet au ministère de l’Economie en 2004, un poste très inhabituel pour un ancien préfet. C’est dire qu’il était indispensable. Et le choix de le nommer secrétaire général de l’Elysée au lendemain de son élection était apparu, cette fois, ô combien naturel. Aux juges Nicolas Sarkozy précise : "Ne voyez pas une décharge de ma part sur qui que ce soit. Ce n’est pas mon caractère. C’est difficile de dire cela pour moi parce que cela veut dire que je me suis trompé. Le pouvoir fait peser une telle pression. Certains ont pu disjoncter. Cela me coûte humainement."

"Si je ne représentais pas un danger..."

Il n’en a pas fini avec la justice. Déjà définitivement condamné dans l’affaire des comptes de campagnes de 2012 et dans celle des écoutes, il est attendu pour un énième procès, dans l’affaire dite de la rétractation de Ziad Takieddine. Depuis 2023, il est mis en examen pour "recel de subornation de témoin" et "participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’escroqueries au jugement en bande organisée". Mais dans le monde de Nicolas Sarkozy, les choses sont claires, seul le complot est sombre. "Si je ne représentais pas un danger, on ne se donnerait pas tant de mal pour m’abattre", a-t-il avancé face à un élu.

A-t-il vraiment transformé le plomb en or ? Ou l’or en plomb ? Quelle trace laissera-t-il dans l’histoire ? Il a soulevé les foules plus que beaucoup d’autres, défié un président en place (Jacques Chirac), imposé à son camp de se ranger derrière lui. Ainsi fut Nicolas Sarkozy. Son épopée de 2007 a marqué une génération – d’élus, de militants, de journalistes, d’électeurs -, c’est la dernière qui a conduit la droite au sommet de l’Etat. Combien sont-ils, dans cette partie de l’échiquier, y compris parmi ses plus proches, à "détester ce qu’il est devenu", selon le mot de l’un d’eux ? A résumer en un mot leur état d’esprit : "terrible" ?

"Si j’avais une pièce à mettre, je la mettrais sur l’élection de Jordan Bardella" : devant un interlocuteur, il ne tourne pas autour du pot. La révélation par L’Express de son déjeuner avec le président du Rassemblement national, le 19 février, a suscité pire que de la tristesse : de la commisération. Bien sûr, Le Nouvel Obs l’a indiqué, il a aussi vu Gabriel Attal – dont le livre, En homme libre, résonne comme un clin d’œil à Libre, paru en 2001, un titre qui a si mal vieilli…; il l’aime bien, il lui a laissé entendre qu’il voterait pour lui en cas de second tour face au RN. Bien sûr, début avril, il s’entretenait également, selon nos informations, avec Bruno Retailleau, à qui il avait reproché, un jour, de ne lui avoir rien offert, contrairement à Attal, à qui il reproche maintenant de ne pas s’être déplacé dans les Alpes-Maritimes, bastion de LR, pendant la campagne municipale, pire de ne pas être allé soutenir son fils Louis à Menton. Décidément, à droite, personne ne serait à la hauteur de lui succéder.

"J’ai longtemps cru qu'Emmanuel Macron était intelligent"

Mais avec le RN, c’est une autre histoire. Coller au futur président pour délivrer de bons conseils et, qui sait, éviter que la justice prenne ses aises, beaucoup ont l’impression d’avoir déjà vu le film. A peine désignée à l’issue de la primaire des Républicains en décembre 2021, Valérie Pécresse avait reçu un message d’un ami de Nicolas Sarkozy : celui-ci ne la soutiendrait pas, il avait "passé un deal avec Emmanuel Macron". Le tuyau n’était pas percé.

Le temps a fait son œuvre, destructrice. Nicolas Sarkozy est aujourd’hui sur le chef de l’Etat d’une sévérité sans limite. "J’ai longtemps cru que le président actuel était intelligent. Franchement, je me pose la question." Lors d’un rendez-vous à l’Elysée, il lui a reproché d’être ingrat en se plaignant de la réforme constitutionnelle initiée par son prédécesseur, qui rend impossible un troisième mandat consécutif : Nicolas Sarkozy lui aurait au contraire rendu un fier service en lui évitant de se poser la question d’une nouvelle candidature. "Car les Français répondraient assez vite !"

La marque de fabrique, cela ne change pas… Il a gardé son sens inégalé de la formule. Récemment, il a expliqué à un visiteur sa défaite à la primaire de 2016. "Les Français se sont dit : Fillon, c’est Sarko sans les ennuis de Sarko. Ils ont découvert que Fillon, ce n’était pas Sarko, juste les ennuis de Sarko."

Est arrivé le moment où jongler avec les mots ne suffit plus. La dimension particulière de son histoire a tout emporté sur son passage, le personnage romanesque et passionné qu’il fut n’affiche plus que sa face la moins glorieuse : tenter le sauve-qui-peut plutôt que laisser sa marque dans la Ve République. L’ancien président, qui a reçu 27 000 lettres pendant son emprisonnement à la Santé, estime que la plus précieuse de ses forces a toujours été le lien qu’il a noué avec les gens. Ce lien désormais ne tient plus qu’à un fil – le fil du rasoir.

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