Municipales 2026 : Bordeaux, Pau, Nice... Ces villes qui ont basculé au second tour
Le second tour de ces municipales aura bien eu son lot de surprises. Alors que la France insoumise confirme sa dynamique et continue son ancrage local, la droite a réussi à conquérir plusieurs bastions historiques de la gauche, en faisant basculer Clermont-Ferrand et Brest. Outre Nice, l'extrême droite a peiné à s'imposer dans les grandes villes.
Les victoires de La France insoumise
L'élan insoumis s'était déjà fait remarquer au premier tour, malgré son absence dans les plus grandes villes, il s'est confirmé au second. A Roubaix, le député LFI David Guiraud a ainsi remporté le scrutin avec 53,19 % des voix, face au maire de droite sortant Alexandre Garcin. Il avait déjà créé la surprise au premier tour en arrivant largement en tête, manquant de peu la victoire, avec 46,64 % des voix.
Après Saint-Denis, remporté le 15 mars par Bally Bagayoko, au tour de la voisine : La Courneuve a été gagnée par le député LFI Aly Diouara avec 51,53 % des voix, face au socialiste Oumarou Doucouré (48,47%). Rien d'une surprise pour l'élu insoumis, déjà arrivé en tête au 1er tour, qui avait été rallié par la liste arrivée troisième, menée par Nadia Chahdoune et soutenue par le maire communiste sortant, Gilles Poux. Dans le Rhône, le parti mélenchoniste et Idir Boumertit ont également pris Vénissieux aux communistes à 25 voix près.
Les victoires de la gauche
Un peu plus de six mois après avoir perdu Matignon, François Bayrou perd désormais son fief, Pau. Ironie du sort : ce sont une nouvelle fois les socialistes qui causent sa chute. Quand la décision du Parti socialiste de finalement voter la censure avait provoqué la chute du Premier ministre en septembre dernier, c'est aujourd'hui au candidat PS Jérôme Marbot (42,45 %) de faire le malheur de Bayrou, à 344 voix près.
Si la victoire de Pau est évidemment symbolique pour les socialistes, c'est à Saint-Etienne que la situation était la plus compliquée. Face au Rassemblement national, à une liste de droite et une liste insoumise, le candidat socialiste Régis Juanico a finalement remporté le scrutin avec 44,13 % des voix, après être arrivé en tête au premier tour (29,16 %). Il devance largement la liste d'extrême droite menée par le jeune délégué local du parti dans la Loire, Corentin Jousserand.
À Nîmes, la gauche a pris la ville aux Républicains. Le communiste Vincent Boutet (40,97 %), également soutenu par les Écologistes et les socialistes, a devancé la liste RN (37,52 %) et LR (21,52 %).
Les victoires du camp macroniste
Bordeaux ne sera pas resté vert très longtemps. Remportée par les Écologistes et Pierre Hurmic en 2020, alors que la France avait été emportée par une vague verte, la préfecture de Gironde a finalement été remportée par le député macroniste Thomas Cazenave avec 50,95 % des voix. L'ancien ministre chargé des Comptes publics d'Elisabeth Borne reprend à la gauche une ville qui a longtemps été un fief de la droite et d'Alain Juppé.
À Annecy, un autre ancien ministre macroniste prend la mairie à la gauche. Le député Renaissance Antoine Armand a été élu avec 49,36 % des voix, près de 15 points devant la liste de gauche portée par Alexandre Mulatier-Gachet, premier adjoint du maire sortant François Astorg. Une victoire permise par le retrait de la liste de droite, portée par Jean-Luc Rigaud, qui était arrivée troisième avec 21,29 % des suffrages. Mais ces deux victoires ne suffisent pas à cacher les difficultés globales du camp macroniste, qui peine à s'ancrer dans le reste de l'Hexagone.
Les victoires de la droite
À défaut de succès dans les plus grandes villes, les Républicains se contentent de petites victoires symboliques. S'ils ont échoué à faire basculer Paris à droite, malgré la fusion entre les listes de Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel, les Républicains se contentent de prendre la mairie de Clermont-Ferrand, pourtant fief historique de la gauche socialiste depuis 1944, dans une triangulaire avec le RN. La liste portée par Julien Bony a remporté le scrutin avec 50,91 % des voix, face à la liste de gauche, qui avait pourtant fusionné avec celle de la France insoumise, arrivée troisième au premier tour. L'un des "accords de la honte" pointé du doigt par le chef des LR Bruno Retailleau.
Même musique à Brest qui bascule à droite pour la première fois depuis 35 ans. Stéphane Roudaut (57,38 %) a largement devancé le maire socialiste sortant François Cuillandre (38,3 %), rallié par LFI après le premier tour. Besançon vire également au bleu après la victoire de Ludovic Fagaut (53,29 %), qui reprend la ville à l'Écologiste Anne Vignot (46,71 %). À Tulle, le fief historique de François Hollande, la liste divers droite (54,25 %) a gagné face à celle menée par Bernard Combes (38,82 %), très proche de l'ancien président socialiste.
Les victoires de l'extrême droite
À Nice, le combat fratricide aura finalement été remporté par l'extrême droite. Face à son ancien allié et ami Christian Estrosi, soutenu par le camp macroniste et les Républicains, Éric Ciotti a récolté 48,54 % des voix, contre 37,2 % pour le maire sortant. Une lourde défaite pour Christian Estrosi qui avait été réélu avec près de 60 % des suffrages en 2020, mais une grande victoire pour le Rassemblement national et l'UDR.
Mais les autres prises du RN restent plus modestes. Le sud-est de la France, acquis à la cause du parti d'extrême droite, a vu plusieurs villes basculer avec la victoire du député Christophe Barthès à Carcassonne, celle de Florian Azéma à Castres et celle d'Alexandra Masson à Menton. À Liévin, c'est le collaborateur parlementaire de l'eurodéputée RN Marie Dauchy qui remporte la bataille avec 53,58 % des voix, face au sénateur socialiste Jérôme Darras, soutenu par les Écologistes, les Communistes et la France insoumise.





