... | 🕐 --:--
-- -- --
عاجل
⚡ عاجل: كريستيانو رونالدو يُتوّج كأفضل لاعب كرة قدم في العالم ⚡ أخبار عاجلة تتابعونها لحظة بلحظة على خبر ⚡ تابعوا آخر المستجدات والأحداث من حول العالم
⌘K
AI مباشر
29170 مقال 231 مصدر نشط 38 قناة مباشرة 7162 خبر اليوم
آخر تحديث: منذ 0 ثانية

"MBS veut que Trump termine le travail en Iran" : l’énigmatique prince saoudien décrypté par Karen Elliott House

العالم
L'Express
2026/03/26 - 17:00 501 مشاهدة

Karen Elliott House est l’une des très rares journalistes à avoir eu accès à Mohamed ben Salmane (MBS) pour de nombreux entretiens approfondis. Alors que Donald Trump affirme avoir soumis un plan aux Iraniens pour mettre fin à la guerre - ce que dément Téhéran -, et que les pays du Golfe continuent d'être pris pour cible par le régime des mollahs, la diplomatie discrète du prince héritier saoudien demeure une énigme pour de nombreux observateurs. Selon une enquête du New York Times, MBS aurait récemment fait pression sur le président américain pour qu'il poursuive le conflit, assurant que cette campagne militaire était une "opportunité historique" de remodeler le Moyen-Orient.

Après la détente engagée en 2023, la ligne de l’Arabie saoudite à l'égard de Téhéran apparaît aujourd’hui clairement affirmée : "la chute du régime théocratique iranien", constate l'ex-journaliste du Wall Street Journal, Karen Elliott House qui couvre l'actualité de la monarchie pétrolière wahhabite depuis quatre décennies. La lauréate du prestigieux prix Pulitzer en 1984 a assisté à la révolution menée au pas de charge par MBS depuis qu'il est devenu, le 21 juin 2017, le prince héritier d'Arabie saoudite. Dans L'Homme qui voulait être roi, (Éditions Saint-Simon, parution le 9 avril), elle revient sur ses grandes réussites, ses échecs, ses excès autoritaires ainsi que sa passion pour... les jeux vidéo qui en dit beaucoup sur sa façon d'exercer le pouvoir. Entretien.

L'Express : Mohammed ben Salmane avait opéré un rapprochement avec l’Iran en 2023. Aujourd’hui, il serait favorable à ce que Trump poursuive la guerre. Comment expliquez-vous ce changement de pied ?

Karen Elliott House : MBS espérait que l’établissement de relations diplomatiques avec l’Iran protégerait l’Arabie saoudite de toute attaque. En mettant la Chine dans la boucle, son objectif était que Pékin, grâce à ses relations privilégiées avec l’Iran, puisse contribuer à encadrer le comportement de Téhéran et à le maintenir dans une posture plus stable et prévisible. Mais lors de cette guerre, l’Iran a mené des frappes contre des installations pétrolières et militaires saoudiennes, ainsi que contre les autres pays du Golfe dans l’espoir de les éloigner des Etats-Unis. Dans ce contexte, MBS souhaite désormais que Donald Trump "termine le travail", c’est-à-dire qu’il contribue clairement à la chute du régime théocratique iranien. Il ne veut pas se retrouver à proximité d’un Iran humilié mais animé d’un esprit de revanche, toujours capable de déstabiliser durablement la région.

En réalité, l’Arabie saoudite, à l’instar de l’ensemble des pays du Golfe, est profondément préoccupée par l’influence de l’Iran sur le détroit d’Ormuz. Même s’ils n’ont pas initialement souhaité ce conflit, ils ont cherché, comme les administrations américaines précédentes avant Trump, à en contenir les effets de manière indirecte. MBS, en particulier, veut préserver les milliards investis dans la diversification de l’économie nationale.

Les pays du Golfe sont restés globalement très silencieux depuis le début du conflit alors que certains d'entre eux sont davantage visés qu’Israël. Pourquoi MBS n’est-il pas monté davantage au créneau ?

C’est quelqu’un qui parle très peu. Lorsqu’il a lancé son vaste programme de réformes "Vision 2030" en 2016, il n'a accordé que quelques interviews et une seule conférence de presse internationale. Fondamentalement, il est exact opposé de Donald Trump, qui s’exprime constamment pour occuper l’espace médiatique. MBS, lui, reste très discret. Je me souviens lui avoir d’ailleurs demandé un jour si, dans des périodes difficiles comme à l’approche de la Seconde Guerre mondiale, à l’époque où le président Roosevelt s’adressait régulièrement aux Américains à la radio pour les rassurer sur son leadership et sur la guerre à venir, il avait envisagé de faire quelque chose de similaire. Il m’a répondu que non. Sa vision est claire : il cherche avant tout à obtenir des résultats et que ceux-ci parlent d’eux-mêmes.

La guerre en Iran a fait voler en éclat le sentiment de sécurité qui régnait dans le Golfe. Cette guerre peut-elle dégrader les relations entre Trump et certains pays du Golfe comme l'Arabie saoudite ?

Non, cela semble même avoir produit l’effet inverse, en particulier pour l’Arabie saoudite, qui apparaît désormais encore plus déterminée que jamais à renforcer ses liens avec Washington en s’équipant avec du matériel militaire américain. Néanmoins, ces pays aspirent avant tout à une paix durable, garante de stabilité, et non à une simple pause dans les hostilités.

La relation entre Trump et MBS ne s’inscrit pas vraiment dans le temps long, dans la mesure où le président américain ne peut pas se représenter et quittera ses fonctions dans deux ans. Cela ne devrait toutefois pas modifier fondamentalement leur relation d’ici là. MBS ne semble pas accorder une grande confiance à Donald Trump. Mais le locataire de la Maison-Blanche paraît l’apprécier et continue de travailler avec lui. Leur coopération devrait donc rester fonctionnelle jusqu’à la fin du mandat de Trump.

Si la reconnaissance d’Israël ne bénéficie pas du soutien de sa population, pourquoi MBS continue-t-il de la placer en tête de ses priorités ?

MBS ne considère pas que l’Arabie saoudite ait vocation à rejoindre les accords d’Abraham. À ses yeux, ils concernent avant tout des Etats du Golfe de taille modeste dans leurs relations avec Israël. En revanche, l’Arabie saoudite se perçoit comme un acteur central et un représentant du monde islamique. Ainsi, une reconnaissance d’Israël par Riyad aurait une portée bien plus significative que celle des Emirats arabes unis, en ce qu’elle pourrait entraîner une grande partie du monde musulman vers une normalisation des relations avec Israël.

Il semble toujours favorable à cette perspective. Si Israël parvenait à proposer une avancée sur la question palestinienne offrant à l’Arabie saoudite, et en particulier au prince héritier, une base politique suffisante pour justifier une reconnaissance, celle-ci pourrait se concrétiser. Jusqu’à présent, l’hypothèse d’une telle évolution pendant la présidence de Donald Trump paraissait peu probable. Toutefois, la guerre en cours pourrait paradoxalement rendre cette démarche plus envisageable.

L’ambition de MBS est, dites-vous, d’occuper les premières places du G20. En quoi MBS cherche-t-il finalement à faire passer la nation saoudienne d’une puissance régionale à une puissance globale ?

Il ne se perçoit pas comme une puissance comparable à la Chine ou aux Etats-Unis, mais il estime pouvoir interagir avec ces grandes puissances avec assurance. La Chine dépend fortement du Moyen-Orient, et l’Arabie saoudite constitue pour elle un partenaire commercial majeur en raison de ses exportations pétrolières. Dans ce contexte, il ambitionne de faire passer l’économie saoudienne du bas du classement au sein du G20 à une position parmi les cinq premières d’ici 2050. Cet objectif paraît difficile à atteindre, mais les autorités saoudiennes restent convaincues - à juste titre - que le pétrole continuera de jouer un rôle central dans l’économie mondiale et que les alternatives ne le remplaceront pas entièrement. Grâce à des coûts de production particulièrement bas, elles estiment pouvoir rester les derniers acteurs dominants sur le marché pétrolier, ce qui garantirait des revenus durables.

Parallèlement, le pays cherche à développer le tourisme et d’autres sources de diversification économique. Toutefois, ces ambitions ont été temporairement freinées par le conflit avec l’Iran. Dans le contexte actuel, l’Arabie saoudite n’apparaît pas comme une destination touristique attractive. En revanche, si la guerre devait se conclure de manière favorable, avec un Iran durablement contenu, l’Arabie saoudite - comme l’ensemble des pays du Golfe - se trouverait dans une position nettement plus avantageuse.

Dans votre livre, vous décrivez une véritable révolution pour les femmes en Arabie saoudite. Quels changements principaux avez-vous observés ?

Je me rends en Arabie saoudite depuis 1978. Jusqu’à récemment, ce pays était un endroit où les femmes étaient pratiquement invisibles. Elles pouvaient enseigner dans des écoles réservées aux filles ou, plus rarement, exercer comme médecins, mais les opportunités restaient extrêmement limitées, alors même qu’elles constituaient la partie la plus diplômée de la société. Lors de mes premiers séjours, au début des années 1980, on m’avait demandé de me couvrir entièrement - cheveux, corps et visage - sous peine de ne pas pouvoir circuler librement. J’ai alors porté une abaya et un foulard, comme cela était exigé. Le port du voile intégral dépendait souvent de la pression exercée par la police religieuse, très présente à l’époque.

Le contraste avec la situation actuelle est saisissant. En l’espace d’une dizaine d’années, les transformations ont été profondes grâce à "Vision 2030" : les femmes conduisent, les hommes et les femmes se côtoient librement dans les espaces publics et professionnels, y compris dans les bureaux ou les ascenseurs, ce qui aurait auparavant pu entraîner une arrestation. Lors d’une rencontre récente avec le prince héritier, je me suis présentée en abaya. Il m’a fait remarquer que ce n’était plus nécessaire, illustrant ainsi sa volonté d’encourager une normalisation des comportements et une société plus ouverte.

Toute la société saoudienne a aussi beaucoup évolué…

Oui, des concerts, y compris de rock, sont désormais organisés, et la musique est diffusée dans les restaurants, alors qu’elle était autrefois strictement interdite en dehors de l’appel à la prière. Les commerces ne ferment plus systématiquement cinq fois par jour pour les prières, comme c’était le cas auparavant. Le pays a ainsi connu une transformation radicale en très peu de temps, après des décennies marquées par une forte emprise du clergé religieux sur la société.

Quel est le rapport de MBS à la religion ? La première fois que vous l’avez rencontré, il vous a dit : "Nous ne sommes pas islamistes, nous sommes musulmans"…

Il voulait dire par là que l’islam est la religion de l’Arabie saoudite, mais que les Saoudiens sont des musulmans comme ceux du monde entier, n’accordant pas une importance excessive à la religion. Si vous parlez à MBS à l’heure de la prière, il ne s’excuse pas pour partir prier. Cela vaut aujourd’hui pour de nombreux citoyens, contrairement à la période précédente lorsque la police religieuse obligeait les fidèles à se rendre dans les mosquées publiques, où la présence de chacun était facilement observable. Prier dans l'intimité de son bureau ou chez soi était mal vu. Les religieux voulaient que la foi soit ostentatoire.

Dans votre livre, vous comparez le projet "Vision 2030" au virage de la Chine marxiste vers le capitalisme sous Deng Xiaoping. En quoi est-ce un bouleversement similaire ?

Cela y ressemble mais MBS s’y prend différemment. Deng Xiaoping disait : "Nous allons traverser la rivière en tâtonnant pierre par pierre", ce qui signifiait avancer lentement et prudemment. MBS ne traverse pas la rivière en tâtonnant les pierres. Il s’est lancé tête baissée et a été prêt à prendre de gros risques, dont certains n’ont pas abouti. Beaucoup des mégaprojets lancés ont été soit revus à la baisse, soit complètement abandonnés. Il se concentre aujourd’hui davantage sur la création d’emplois, car son obsession, ce sont les jeunes.

En Arabie saoudite, les jeunes générations, largement majoritaires dans le pays, le suivent comme le joueur de flûte de Hamelin (NDLR : une légende allemande où un personnage utilise la musique pour contrôler puis punir une ville qui ne respecte pas sa parole). Ils apprécient les changements culturels et sont inquiets sur le fait de trouver un emploi qu’ils estiment mériter. MBS a fait baisser le taux de chômage de 14 % à environ 7 %, le niveau le plus bas jamais enregistré depuis que les Saoudiens tiennent des statistiques sur le sujet. Mais il doit maintenir ces emplois pour les jeunes, sous peine de les mécontenter. L’accent sera donc davantage mis, au cours des prochaines années, sur la nécessité de s’assurer que les grands investissements soient rentables ou, au moins, qu’ils créent des emplois.

Le revers de la libération sociale et économique voulue par le prince héritier, c’est que la liberté politique est aujourd’hui encore plus limitée qu’il y a dix ans. Vous allez jusqu’à le comparer à des grands réformateurs autocratiques comme Pierre le Grand, Atatürk ou l’ex-Premier ministre de Singapour Lee Kuan Yew…

Oui, MBS est un réformateur autocratique. S’il parvient à continuer à réformer pour créer des emplois et une économie florissante, comme l’a fait Lee Kuan Yew, tout ira bien pour lui. S’il rencontre des difficultés sur le front de l’emploi, il y aura du mécontentement dans le pays. Récemment, j’ai fait une conférence dans laquelle j’ai évoqué cette absence de liberté politique, en expliquant que les Saoudiens apprenaient à obéir au père, au chef de tribu, au roi et à Allah. Leur rapport à la liberté politique est donc très différent de celui de l’Occidental moyen.

Mais une Saoudienne était présente dans le public et a souligné qu’il s’agissait plus de confiance que d’obéissance. Elle avait raison. Les Saoudiens font confiance à leurs dirigeants. Vous ne vous levez pas tous les matins en vous disant "Emmanuel Macron veille sur moi" ; comme je ne me lève pas tous les matins en me disant "Trump veille sur moi" (rires). Mais les Saoudiens, dans leur majorité, ne voient pour l’instant pas d’inconvénient à avoir un bon travail tout en se taisant sur le plan politique, un compromis difficile à accepter pour la plupart des Occidentaux.

MBS a dû faire marche arrière sur son projet Neom lancé en grande pompe il y a près de dix ans. A-t-il fait preuve d’hubris ?

En 2016, il m’avait décrit ses projets pour développer Neom. A l’époque, il n’avait pas mentionné "The Line", cette ville de 170 kilomètres de long censée accueillir un million d’habitants qu’il vient d’abandonner. Mais il voulait développer une station de ski futuriste, Trojena, et toutes sortes d’installations. Une grande partie de ce projet n’a clairement pas abouti. Aujourd’hui, son objectif est plutôt d’attirer dans cette zone de nombreux data centers dédiés à l’intelligence artificielle, l’Arabie saoudite pouvant produire de l’énergie à très faible coût, tandis que ces infrastructures sont particulièrement gourmandes en électricité. MBS estime que ce sera l’endroit le plus compétitif au monde pour y implanter cette activité. Le projet Neom n’a ainsi pas été abandonné mais a été revu.

C’est d’ailleurs ce qui explique son désir d'établir des relations avec Israël. Il souhaite devenir une grande puissance économique et les Israéliens excellent dans le domaine technologique. Le prince héritier envisage un grand corridor qui s'étendrait de l'Asie à l'Europe en passant par l'Arabie saoudite et Israël, dans lequel le commerce serait développé et le transit assuré. Il semble toujours très attaché à cette idée. Lors de sa venue à Washington en novembre, lui et le président Trump ont pris la parole au Kennedy Center. MBS a parlé de ses ambitions économiques en trois minutes, Trump a pris la parole pendant plus d’une heure. Le contraste dans la manière dont ces deux hommes fonctionnent était très frappant. Mais MBS a obtenu des engagements pour des investissements dans le big data et les data centers en Arabie saoudite.

MBS débute sa journée par une demi-heure consacrée aux jeux vidéo. Il est aussi très fier de faire partie des meilleurs joueurs au monde de "League of Legends". Comment expliquez-vous sa passion vidéoludique ?

Il m’a dit que sa mère lui avait offert une console Nintendo quand il avait six ans. Il est né en 1985, quelques années après que le pouvoir religieux avait étendu son emprise sur l’Arabie saoudite, à la suite de la prise de la Grande Mosquée de La Mecque en 1979. Il n’y avait donc pas beaucoup de divertissements autorisés. Les jeux vidéo comme Pokémon ont été interdits pour incitation au blasphème et à la paresse. Lui est manifestement devenu accro. Il m’a confié que les jeux vidéo élargissaient l’esprit.

Cela a sans doute inspiré ses projets futuristes de Neom. Il a aussi transformé sa passion en moteur économique, avec l’idée de faire de l’Arabie saoudite un "hub mondial" pour le gaming et l’e-Sport. Il est très fier d’avoir passé un week-end dans sa ferme à affronter le champion du Moyen-Orient de Final Fantasy XVI, face auquel il a perdu environ 60 % des parties, tout en se déclarant satisfait des 40 % de victoires restantes. "S’il perd, il restera éveillé nuit et jour pour s’améliorer", m’a confié son ami d’enfance, le prince Abdallah ben Bandar…

Son début de "règne" reste entaché par l’assassinat brutal de Jamal Khashoggi en 2018 à Istanbul. Comment a-t-il réussi à surmonter cela sur le plan diplomatique ?

Il a eu de la chance que le Covid-19 arrive, car personne ne se déplaçait plus durant cette période de pandémie. Du coup, le fait qu’il soit boudé par le monde entier sur un plan diplomatique était moins visible. En 2019, il avait aussi organisé un grand voyage en Chine où les droits de l’homme ne sont pas un sujet de discussion. Il a bien géré la situation en se disant que ça allait s’estomper. À la Maison-Blanche en novembre, lorsqu’une journaliste de la chaîne ABC l’a interrogé sur ce sujet, Donald Trump a vivement réagi en affirmant que MBS n’était pas au courant. Lui a répondu : "C’est une tragédie quand quelqu’un meurt, mais nous avons essayé de faire en sorte que cela ne se reproduise plus". J’ai échangé avec des personnes qui ont lu les transcriptions des enregistrements turcs documentant la mort de Khashoggi. C’était un acte odieux et horrible. Mais aujourd’hui, cet assassinat est en grande partie derrière lui.

مشاركة:
\n

مقالات ذات صلة

// Coin System - Track article read (function() { const email = localStorage.getItem('khabr_user_email'); if (!email) return; const articleId = 55648; // Record read (+1 coin) fetch('/api/coins/read', { method: 'POST', headers: {'Content-Type': 'application/json'}, body: JSON.stringify({email: email, article_id: articleId}) }).then(r => r.json()).then(data => { if (data.coins_earned > 0) { // Show coin earned toast const toast = document.createElement('div'); toast.innerHTML = '🪙 +' + data.coins_earned + ' coin! (Balance: ' + data.balance + ')'; toast.style.cssText = 'position:fixed;bottom:20px;right:20px;background:linear-gradient(135deg,#f59e0b,#d97706);color:#fff;padding:12px 20px;border-radius:12px;font-weight:bold;z-index:9999;animation:slideUp .5s ease;box-shadow:0 4px 15px rgba(245,158,11,0.4);'; document.body.appendChild(toast); setTimeout(() => toast.remove(), 3000); } }).catch(() => {}); // Daily login check const lastLogin = localStorage.getItem('khabr_daily_login'); const today = new Date().toDateString(); if (lastLogin !== today) { fetch('/api/coins/daily-login', { method: 'POST', headers: {'Content-Type': 'application/json'}, body: JSON.stringify({email: email}) }).then(r => r.json()).then(data => { if (data.coins_earned > 0) { localStorage.setItem('khabr_daily_login', today); setTimeout(() => { const toast = document.createElement('div'); toast.innerHTML = '🔥 Daily bonus +' + data.coins_earned + ' coins! (Streak: ' + data.streak + ' days)'; toast.style.cssText = 'position:fixed;bottom:70px;right:20px;background:linear-gradient(135deg,#ef4444,#dc2626);color:#fff;padding:12px 20px;border-radius:12px;font-weight:bold;z-index:9999;animation:slideUp .5s ease;box-shadow:0 4px 15px rgba(239,68,68,0.4);'; document.body.appendChild(toast); setTimeout(() => toast.remove(), 4000); }, 1500); } }).catch(() => {}); } })();
// Coin System - Track article read (function() { const email = localStorage.getItem('khabr_user_email'); if (!email) return; const articleId = 55648; // Record read (+1 coin) fetch('/api/coins/read', { method: 'POST', headers: {'Content-Type': 'application/json'}, body: JSON.stringify({email: email, article_id: articleId}) }).then(r => r.json()).then(data => { if (data.coins_earned > 0) { // Show coin earned toast const toast = document.createElement('div'); toast.innerHTML = '🪙 +' + data.coins_earned + ' coin! (Balance: ' + data.balance + ')'; toast.style.cssText = 'position:fixed;bottom:20px;right:20px;background:linear-gradient(135deg,#f59e0b,#d97706);color:#fff;padding:12px 20px;border-radius:12px;font-weight:bold;z-index:9999;animation:slideUp .5s ease;box-shadow:0 4px 15px rgba(245,158,11,0.4);'; document.body.appendChild(toast); setTimeout(() => toast.remove(), 3000); } }).catch(() => {}); // Daily login check const lastLogin = localStorage.getItem('khabr_daily_login'); const today = new Date().toDateString(); if (lastLogin !== today) { fetch('/api/coins/daily-login', { method: 'POST', headers: {'Content-Type': 'application/json'}, body: JSON.stringify({email: email}) }).then(r => r.json()).then(data => { if (data.coins_earned > 0) { localStorage.setItem('khabr_daily_login', today); setTimeout(() => { const toast = document.createElement('div'); toast.innerHTML = '🔥 Daily bonus +' + data.coins_earned + ' coins! (Streak: ' + data.streak + ' days)'; toast.style.cssText = 'position:fixed;bottom:70px;right:20px;background:linear-gradient(135deg,#ef4444,#dc2626);color:#fff;padding:12px 20px;border-radius:12px;font-weight:bold;z-index:9999;animation:slideUp .5s ease;box-shadow:0 4px 15px rgba(239,68,68,0.4);'; document.body.appendChild(toast); setTimeout(() => toast.remove(), 4000); }, 1500); } }).catch(() => {}); } })();
AI
يا هلا! اسألني أي شي 🎤