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L'immigration peut-elle réchauffer l’hiver démographique européen ?

العالم
L'Express
2026/04/21 - 10:00 501 مشاهدة

L’Union européenne, qui compte un peu plus de 450 millions d’habitants, entame son déclin démographique. La population combinée des 27 Etats membres va chuter à partir de 2029 au point qu’elle passera sous la barre des 400 millions à l’horizon 2100, soit un recul de près de 12 %, selon les dernières projections d’Eurostat. Après la menace militaire de la Russie, le rouleau compresseur commercial de la Chine, le divorce géopolitique de l’Amérique, voici venir le péril démographique, qui n’est pas un défi moindre que les autres pour le Vieux Continent.

Les cheveux blancs vont se multiplier. Le poids des plus de 80 ans va passer de 6 % à 16 % de la population totale de l’Union d’ici la fin du siècle, selon l’office statistique européen. Dans le même temps, le nombre de personnes en âge de travailler va fondre comme neige au soleil. Elles sont aujourd’hui 3 pour chaque habitant de plus de 65 ans. Elles ne seront plus que 1,5 en 2100. En conséquence, les finances publiques et les systèmes de retraite vont être soumis à des tensions inouïes. Les coûts de santé vont grimper en flèche. Des secteurs vont manquer de main-d’œuvre. Il deviendra encore plus difficile de soutenir la croissance économique. Les enfants se feront de plus en plus rares.

Et il ne faut pas se bercer d’illusions sur les possibilités de renverser la tendance : toutes les politiques publiques tentées ces dernières années dans l’espoir de relancer les naissances, en Europe comme ailleurs, ont montré leur faible efficacité. La fécondité ne se décrète pas. Elle continue à chuter, inexorablement.

L'Espagne passera devant l'Italie

Reste l’immigration : si elle était stoppée, comme le réclament nombre de forces politiques à travers l’Europe, ce n’est pas 53 millions d’habitants que l’Union perdrait, mais près de 200 millions ! Selon les calculs d’Eurostat, les rares pays de l’UE dont la population, à rebours de la tendance générale, devrait enregistrer une progression d’ici 2100, le devront à un solde migratoire net positif sur le long terme. Ce sera notamment le cas de l’Espagne qui passera devant l’Italie pour devenir, derrière l’Allemagne et la France, le troisième pays le plus peuplé de l’Union d’ici la fin du siècle.

Car en matière d’immigration, Madrid rame à contre-courant de ses partenaires. Le président du gouvernement, le socialiste Pedro Sanchez, a lancé le 16 avril un processus de régularisation massive des étrangers présents clandestinement sur le territoire national. Les autorités prévoient officiellement de délivrer environ un demi-million de titres de séjour dans les mois qui viennent, bien que le centre d’analyse de la police nationale table, de son côté, sur le double.

Pour Sanchez, dont le gouvernement, faute de majorité au Parlement, a pris la décision par décret, l’intérêt de l’opération est triple. Primo, la régularisation contribue à alimenter la croissance économique espagnole qui surperforme le reste de la zone euro depuis la réforme du marché du travail, avec relèvement de l’âge de la retraite à 67 ans, entreprise par ses prédécesseurs de droite. Secundo, la régularisation permet au président du gouvernement de peaufiner son image d’opposant en chef à Donald Trump sur la scène internationale, tout comme le sommet mondial de dirigeants de gauche qu’il a présidé samedi 18 avril à Barcelone. Tertio, elle fait passer au second plan, à l’approche des élections de 2027, ses ennuis politiques internes dus aux scandales de corruption qui éclaboussent ses proches, jusqu’à son épouse.

La décision de l’Espagne a suscité réprobation et inquiétude dans plusieurs pays européens qui craignent un appel d’air, au moment où ils s’efforcent de réduire les arrivées illégales. Il n’empêche, et même si Pedro Sanchez la pose de la pire des manières, la question mériterait, au regard des réalités démographiques qui viennent, d’être débattue avec sérieux. Mais c’est peut-être trop demander au moment où l’immigration est devenue, dans toute l’Europe, le sujet de controverse le plus toxique et le plus polarisant qui soit.

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