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L'exposition au cadmium pourrait expliquer jusqu’à 34 % des cas d'ostéoporose d'ici 2040

العالم
L'Express
2026/03/25 - 19:07 501 مشاهدة

Faut-il s'inquiéter du cadmium qui s'accumule dans les sols, et se retrouve bien souvent dans notre alimentation ? Et si oui, quels sont les risques pour la santé associés à la consommation de ce produit, normalement réservé à l'agriculture ? C'est à ces questions que l'Anses a entrepris de répondre dans un vaste rapport d'expertise de près de 400 pages. L'agence a passé au crible l'ensemble des sources d'exposition de la population française à ce métal lourd, qui une fois inhalé ou ingéré, s'amoncelle dans l'organisme où il peut rester entre 10 et 30 ans avant d'être évacué.

Conclusion : l'alimentation fait partie des premiers vecteurs de contaminations à ce toxique. Les résidus retrouvés dans la nourriture, expliquent à eux seuls jusqu'à 98 % de l'imprégnation chez les non-fumeurs, même si le tabac constitue un facteur aggravant, puisqu'un paquet de cigarettes quotidien représente un apport absorbé comparable à celui de l'alimentation entière, souligne l'Anses. Pire : à en croire les experts de l'agence, la situation s'aggrave. En 2011, l'Étude d'alimentation totale 2 (EAT2) de l'agence montrait que 0,6 % des adultes et 14 % des enfants de 3 à 17 ans dépassaient les valeurs toxicologiques de référence du cadmium par la seule alimentation. En 2026, l'Étude d'alimentation totale 3 (EAT3) révèle que ces pourcentages montent jusqu'à 1,7 % chez les adultes et 27 % chez les enfants. Si l'augmentation est documentée, reste à savoir ce que nous risquons.

Des effets osseux et rénaux solidement documentés

Avec des résultats aussi négatifs, les scientifiques s'attendent à des conséquences forcément négatives, en termes de santé publique. "Il existe de nombreuses études toxicologiques menées sur des animaux qui montrent que le cadmium est néfaste pour la santé, mais quand on regarde les données épidémiologiques concernant l'exposition humaine en vie réelle, ce sont les effets osseux et rénaux qui semblent être les plus importants", résume l'épidémiologiste Luc Multigner. Pourquoi ? Parce qu'il s'agit d'un métal lourd qui s’accumule principalement dans les tissus osseux, comme le plomb.

Le rapport de l'Anses le confirme : les effets osseux constituent "l'effet critique" du cadmium. Autrement dit, ce sont ceux qui surviennent à la dose la plus faible. Ainsi, la baisse de densité osseuse, pouvant mener à l'ostéoporose et aux fractures, a été identifiée à partir d'un seuil de 0,5 microgramme de cadmium par gramme de créatinine urinaire - seuil que 47,6 % des adultes français dépassent. Et les projections sont préoccupantes : selon l'évaluation du projet européen HBM4EU, environ 23 % des cas d'ostéoporose chez les femmes de plus de 55 ans en France, en Belgique et en Espagne, sont déjà attribuables à l'exposition au cadmium. Si les niveaux ne diminuent pas, cette proportion pourrait atteindre jusqu'à 34 % en 2040. Le coût associé pour le système de santé français (prise en charge des fractures des poignets, hanches, vertèbres) pourrait s'élever à 2,6 milliards d'euros.

Les dégâts rénaux sont également solidement documentés. On le savait déjà, l'accumulation de cadmium dans ces organes peut provoquer, en cas d'exposition prolongée, une diminution du débit de filtration susceptible d'évoluer vers une insuffisance rénale. Ce lien repose sur une méta-analyse de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), regroupant 35 études épidémiologiques menées chez des populations en "exposition majoritairement environnementale", dont en lien avec l'alimentation. Le seuil d'apparition des effets rénaux est toutefois d'un microgramme de cadmium par gramme de créatinine, le double du seuil osseux. Reste que le risque est bien réel, en particulier pour les personnes âgées dont la charge en cadmium s'est accumulée tout au long de leur vie.

Le lien entre le cancer du poumon et le cadmium est le troisième le mieux documenté. Néanmoins, ce risque n'est pas établi pour la population générale exposée par l'alimentation, mais pour les travailleurs exposés. "Les études épidémiologiques liées à une exposition par inhalation [ont été] réalisées pour la plupart en milieu professionnel", souligne l'Anses, qui ajoute que "le comportement tabagique des individus doit également être pris en compte". La classification du cadmium comme cancérogène certain par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) repose d'ailleurs sur ces données professionnelles et tabagiques, pas sur l'exposition alimentaire.

Des risques à explorer, mais insuffisamment démontrés

Si les preuves concernant les atteintes aux os, aux reins et aux poumons sont solides, d'autres méritent de plus amples recherches. Ainsi, le rapport mentionne qu'un lien entre exposition au cadmium et effets cardiovasculaires "a été mis en évidence" à des doses comparables à celles associées aux effets osseux. Mais l'Anses précise que ce signal mérite d'être surveillé, sans pour autant être considéré comme un danger aussi solidement documenté que les précédents.

L'expertise s'inquiète aussi de l'exposition prénatale, puisque le cadmium accumulé par la mère - principalement par voie alimentaire - traverse en partie la barrière placentaire et peut représenter jusqu'à 40 % de l'imprégnation du nourrisson dans ses trois premiers mois de vie. Plusieurs études épidémiologiques suggèrent qu'une exposition au cadmium durant la période fœtale est associée à des effets neuro-développementaux, ainsi qu'à des altérations du développement. Néanmoins, ces preuves restent "suggestives", selon l'Anses. Il s'agit de signaux pertinents à creuser, mais pas encore de preuves établies. "Sur le plan épidémiologique, ce n'est pas très consistant, même si les modèles animaux vont dans ce sens. De nombreuses études examinent à la fois les effets du mercure, du plomb et du cadmium et on a parfois des difficultés à séparer les effets de l'un et de l'autre", note Luc Multigner. Par ailleurs, le cadmium est également classé "toxique pour la reproduction catégorie 2" selon le règlement européen CLP, ce qui signifie que ces effets sont suspectés, mais pas formellement démontrés chez l'Homme.

Pas de lien entre l'alimentation et les cancers

En revanche, si des liens entre l'alimentation et les cancers du sein, de la prostate, du rein et du pancréas sont "suspectés" par certains travaux, aucune démonstration robuste n'est venue le confirmer. Sur ce point, le rapport de l'Anses est sans ambiguïté : "Les données disponibles restent insuffisantes pour établir une relation dose-réponse claire entre le cadmium et la survenue de cancers à la suite d'une exposition par voie orale." Et d'ajouter : "Chez l'Homme, aucune étude ne permet de montrer clairement une association entre exposition par voie orale et cancer."

Cette prudence scientifique contraste avec des affirmations entendues dans la presse, comme celle du Dr Arnaud Cocaul, médecin nutritionniste, qui assurait en 2025 qu'il était "avéré que le cadmium est responsable de l'explosion des cancers, en particulier du pancréas". Comme L'Express l'avait déjà détaillé, l'état actuel de la science ne soutient pas cette affirmation et aucun spécialiste des pathologies associées au cadmium ne soutient cette thèse. Des travaux sont en cours pour tenter de trancher la question, notamment l'étude Expo-PanCan, coordonnée par des chercheurs de l'Inserm, ainsi que l'étude de biosurveillance Albane, lancée par Santé publique France. Leurs résultats ne sont pas attendus avant plusieurs années.

Les aliments à surveiller

En attendant ces résultats, le rapport de l'Anses livre des recommandations en matière de consommation. Ainsi, si les céréales du petit-déjeuner et les barres sucrées représentent moins de 5 % de l'exposition au cadmium chez les enfants et les adolescents et à peine 1 % chez les adultes et que le chocolat contribue à moins de 3 % de l'exposition totale à partir de 5 ans, l'Anses les montre néanmoins du doigt, estimant que la population peut plus facilement s'en passer que les autres aliments concernés.

Car les véritables contributeurs majeurs sont plus banals : le pain et les produits de panification (jusqu'à 21 % chez les adultes), les pommes de terre (12 à 25 % selon l'âge), les pâtes, riz et céréales raffinées (7 à 12 %), les légumes et les viennoiseries. Des aliments de base, consommés quotidiennement et difficiles à éliminer de nos régimes alimentaires. L'Anses suggère néanmoins de favoriser les légumineuses (pois, fèves, lentilles), dix fois moins contaminées que les céréales, mais présentant un intérêt nutritionnel au moins égal, voire supérieur. Les substituer en partie aux produits céréaliers dans le régime alimentaire permettrait de réduire l'exposition sans diminuer la qualité de l'alimentation. Consommer bio plutôt que conventionnel ne change en revanche rien à l'affaire : l'Anses ne met pas en évidence de différence significative de contamination au cadmium entre les deux modes de production.

Reste que ces recommandations alimentaires individuelles ne suffisent pas, suggère le rapport. La principale solution passe plutôt par une réduction de la contamination à la source, soit la diminution de l'usage des engrais riches en cadmium, ou encore en évitant de cultiver les sols naturellement riches en cadmium. Des solutions qui ne manqueront pas de relancer un débat bouillant, devant prendre en compte les considérations économiques et sanitaires, tout en évitant les arguments de certains vendeurs de peur.

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