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Léon XIV et les espions : plongée dans les réseaux secrets du Vatican

العالم
L'Express
2026/04/08 - 15:00 501 مشاهدة

Rendez-vous de maîtres espions sous les fresques de Michel-Ange. Ce vendredi 12 décembre 2025, le pape Léon XIV reçoit dans la loge des bénédictions du Vatican… les directeurs des services secrets italiens. Une audience totalement inédite, lors de laquelle le nouveau souverain exhorte les quatre principaux dirigeants du renseignement transalpin à exercer leur métier "avec professionnalisme, mais aussi avec une perspective éthique qui prenne en compte au moins deux aspects essentiels : le respect de la dignité de la personne humaine et la communication". Puis il les remercie de leurs efforts "afin d’assurer la sécurité du Saint-Siège".

Cette rencontre a été facilitée par la présence au gouvernement d’Alfredo Mantovano, sous-secrétaire d’Etat chargé des services de renseignement, que le quotidien La Stampa décrit comme "un Italien au Vatican et un représentant du Vatican en Italie". L’homme politique a longtemps présidé Aide à l’Eglise en détresse (AED), une association de défense des chrétiens menacés dans le monde, très appréciée du pape François. Dans le plus petit Etat du monde, les liens entre la sphère religieuse et le monde des espions sont constants, comme une seconde nature. Au point que "L’Entité", comme on surnomma le renseignement du Saint-Siège, créé en 1566 par Pie V, selon l’écrivain Eric Frattini, fut considérée par le chasseur de nazis Simon Wiesenthal comme le "meilleur service d’espionnage du monde".

Officiellement, il n’existe pas d’"Entité", ni de "Sainte-Alliance", un autre des surnoms de cette introuvable agence d’espionnage. Les liens avec les services secrets étrangers sont gérés par la secrétairerie d’Etat, sorte de ministère des Affaires étrangères local, sous la direction du cardinal italien Pietro Parolin, et du secrétaire pour les relations avec les Etats, actuellement le Britannique Paul Richard Gallagher. De 1990 à 2003, le poste fut occupé par le cardinal Jean-Louis Tauran, réputé excellent correspondant de la DGSE et de son chef de poste à Rome, selon Yvonnick Denoël, auteur des Espions du Vatican (Nouveau Monde), l’ouvrage de référence sur le sujet. Les relations avec les agences étrangères dépendent des affinités des proches du souverain catholique, de leur maîtrise de la langue. "Avant d’être élu pape, Joseph Ratzinger, alias Benoît XVI, avait un lien quotidien avec le BND, le renseignement allemand", souligne ainsi l’écrivain. Depuis octobre 2025, l’ambassadeur d’Allemagne au Vatican n’est d’ailleurs autre que… Bruno Kahl, auparavant directeur du BND. Léon XIV l’a immédiatement reçu.

Réseau mondial de prélats

Plus qu’une organisation rigide, le renseignement au Vatican s’appuie sur des réseaux que chaque pape active. Sous Ronald Reagan, c’est-à-dire dans les années qui suivent la tentative d’assassinat dont il est l’objet en 1981, Jean-Paul II s’entretenait directement avec … le directeur de la CIA William Casey et l’émissaire Vernon Walters. Bizarrerie dans un monde de l’espionnage fondé sur l’échange transactionnel : le souverain aurait constamment obtenu beaucoup plus d’informations secrètes qu’il n’en donnait. "Dans les services étrangers, il y a une volonté impressionnante de se faire apprécier du Vatican", jauge Yvonnick Denoël.

Considérer le pape comme un profiteur serait pourtant réducteur. En échange de renseignements de la CIA, de la DGSE ou du BND, il peut apporter les multiples informations que lui apporte son réseau mondial de prélats. Particulièrement dans les dictatures où les espions occidentaux ont parfois plus de mal à évoluer. "Sous Jean-Paul II, le Vatican a parachuté des prélats à l’Est, en lien avec la CIA et la DGSE", indique Yvonnick Denoël. Jusqu’à mener de véritables opérations de subversion : dans les années 1980, le pape donne l’ordre de monter un réseau clandestin de financement du syndicat polonais Solidarnosc. Parmi, semble-t-il, d’autres infiltrations. En 2004, Victor Guitard, journaliste à Paris Match, publie L’Agent secret du Vatican (Albin Michel), un livre-entretien avec Giovanni Saluzzo, le pseudonyme d’un prêtre franco-italien du Saint-Siège.

Scouts d'Europe et Opus Dei

Il affirme appartenir à "La Sapinière", encore un surnom pour désigner le service d’espionnage occulte du micro-Etat, nommé en hommage à un réseau antimoderniste monté sous Pie X, au début du XXe siècle. Cet "Etat dans l’Etat", dit Saluzzo, aurait été dirigé par "Don Jorge", un proche de Jean-Paul II. Il assure encore que "La Sapinière" recruterait notamment au sein de l’organisation des Scouts d’Europe et que ses membres seraient formés aux "photographies cachées" avant de "s’entraîner secrètement avec des unités de parachutistes de l’armée italienne". Un vrai cursus d’espion.

Si cette dimension "paramilitaire" de la "Sainte-Alliance" n’est pas corroborée, notamment par les autres services de renseignement occidentaux, l’efficacité des réseaux du Vatican est reconnue. Notamment en ce qui concerne la diplomatie secrète. Parmi les émissaires officieux du pape, la communauté Sant’Egidio a pris une dimension importante depuis quarante ans. Fondée par l’ex-ministre italien Andrea Riccardi, elle excelle dans la médiation en zone de guerre, où les services de renseignement occidentaux sollicitent fréquemment ses éclairages. Emmanuel Macron lui a rendu hommage plusieurs fois ; il doit de nouveau échanger avec ses membres lors de sa visite au Saint-Siège, les 9 et 10 avril. Quant à l’Opus Dei, "il s’est repositionné depuis l’élection de Léon XIV", affirme Emmanuel Goût, proche de l'union mondiale des vieux-croyants, connaisseur des affaires papales. Cette institution ultra-conservatrice peut mettre ses 90 000 membres au service de la diplomatie vaticane. Son avantage ? L’appartenance secrète de ses membres, ce qui favorise les missions discrètes. Selon le journal italien Il Fatto quotidiano, Alfredo Mantovano serait "proche de l’Opus Dei". Parmi ses membres, en France, l’homme d’affaires Charles Beigbeder ou Michel-Yves Bolloré, le frère du propriétaire de médias.

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