Le sucre jouerait un rôle déterminant dans la mémoire à long terme
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Une drosophile, en avril 2004. BARTOMEU BORRELL/BIOSPHOTO Au cours d’une session de travail ou de lecture un peu intense, vous vous êtes peut-être déjà retrouvé devant la porte de votre réfrigérateur, sans comprendre comment vous en étiez arrivé là. Il se trouve que ce phénomène de fringale après un effort intellectuel est bien identifié, mais encore mal interprété. Les premières pistes de compréhension s’orientaient vers la satisfaction de besoins physiologiques. Pourtant, les variations de dépense énergétique lors du travail cognitif, réelles, sont insuffisantes pour justifier la consommation frénétique d’aliments. D’autres travaux proposent un système de « récompense compensatoire », dans lequel l’organisme rechercherait une satisfaction afin de gérer le stress engendré par l’effort intellectuel. Aucune des deux hypothèses n’est aujourd’hui privilégiée. Les deux processus, besoins énergétiques ou plaisir, interviendraient à des degrés différents. Les travaux d’une équipe du laboratoire Plasticité du cerveau à Paris, dirigée par le neurobiologiste Pierre-Yves Plaçais (CNRS), contribuent à faire avancer le débat en reliant alimentation et mémoire. Leurs résultats, publiés dans la revue Nature le 25 mars, montrent que des neurones sensibles au fructose sont impliqués dans la mémoire à long terme chez la drosophile, une petite mouche des fruits très employée en recherche. « Notre équipe cherche à expliquer les phénomènes de consolidation de la mémoire olfactive, précise Pierre-Yves Plaçais. Initialement, nous ne travaillions pas sur les réseaux cérébraux de la prise de nourriture. » Il vous reste 72.88% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.




