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Le pape Léon XIV en Algérie : les dits et les non-dits d'une visite qui interroge

سياسة
L'Express
2026/04/12 - 16:00 501 مشاهدة

Miraculeuse, inattendue et historique ; la visite du pape Léon XIV en Algérie, du 13 au 15 avril, suscite des superlatifs. Un an après son élection, ce déplacement dans un pays musulman est une première pour un souverain pontife. Forcément, le choix de l'Algérie interroge. Que vient faire Léon XIV dans un pays où l'Église catholique est petite ? La première réponse à cette interrogation est donnée par le souverain pontife lui-même. Dès son intronisation, il a rappelé sa filiation spirituelle avec Saint-Augustin d’Hippone. Le célèbre prêtre chrétien est en effet né à Taghast, actuelle Souk-Ahras, dans l’est de l’Algérie, en 354 de notre ère. C’est également dans la ville voisine d’Hippone, aujourd’hui Annaba, qu’il fut évêque de 396 jusqu’à sa mort en 430.

Sur les traces de Saint Augustin

Le pape part donc sur les traces de son maître religieux. "La figure de saint Augustin aide beaucoup pour établir un pont parce qu’il est très respecté en Algérie comme fils de la patrie", avait-il confié lors de son voyage à Beyrouth en décembre dernier.

Les responsables de l’Église catholique d’Algérie, à commencer par son archevêque, le cardinal Jean-Paul Vesco, nuancent cette version. Ce dernier rappelle que le souverain pontife s'est déjà rendu en Algérie à deux reprises. Ce n'est donc pas "pour lui qu’il vient", insiste-t-il. En 2001, il avait participé à un colloque organisé par l’ancien président Abdelaziz Bouteflika, sur la vie de Saint-Augustin. En 2013, il avait assisté à la réouverture de la Basilique d'Annaba, qui porte le nom de l’évêque d’Hippone, après une restauration financée en partie par l’Etat algérien.

"Au-delà de sa personne, Sa Sainteté vient aussi pour le peuple algérien. Ce peuple, majoritairement musulman, est d’une hospitalité remarquable", ajoute Jean-Paul Vesco. "Nous sommes une petite église, mais nous vivons en bonne intelligence avec les musulmans. Le pape doit le constater par lui-même", renchérit de son côté Paul Desfarges, l’ancien archevêque d’Alger, annoncé dans la délégation qui accueillera Léon XIV à Annaba, lors de la deuxième et dernière étape de ce pèlerinage papal, après une escale à Alger.

Le dialogue interreligieux au cœur du voyage

En Algérie, le Pape souhaite également donner du sens à son appel pour le dialogue interreligieux. Il se rendra à la Basilique Notre-Dame-d’Afrique où, en plus de la messe qu’il célébrera avec des représentants de l’Église catholique, il prononcera un discours sur la paix et la communion entre toutes les religions.

Pour concrétiser ce vœu, il se rendra lui-même à la Grande Mosquée d’Alger, un édifice monumental et moderne inauguré en 2021 dans la capitale algérienne. Le Pape y rencontrera le Recteur de cette institution religieuse musulmane, Mohamed Maâmoun Al Kacimi Al Hoceini, un dignitaire algérien appartenant au soufisme, un courant modéré et tolérant.

La communauté catholique en Algérie compte environ 40 000 adeptes, pour l'essentiel des expatriés (les chiffres sont difficiles à obtenir à cause de l’absence d’un recensement précis). Elle est plus ou moins tolérée en dépit de l'absence de nouvelles paroisses.

Un climat religieux complexe et sous tension

Les protestants évangéliques, majoritairement des Algériens convertis, éprouvent toutes les peines du monde pour pouvoir prier ou tout simplement exister. Sur les quarante-huit églises recensées dans le pays, dont une majorité en Kabylie, il ne reste que celle d’Alger, les autres étant fermées faute d’autorisation. Ce sésame que doit détenir toute association représentant un culte non-musulman dans un pays où l’article 2 de la Constitution dit clairement que "l’Islam est la religion de l’Etat" et où, pour devenir président de la République, il faut être impérativement musulman. Or, une loi votée en 2006 rend quasiment impossible l’obtention d’un tel document.

Des évangélistes sont également confrontés aux poursuites judiciaires. Certains ont été condamnés pour "exercice illégal" d’une religion non islamique ou d’offense à la religion majoritaire dans le pays. C’est le cas de Slimane Bouhafs. Ce quinquagénaire originaire de Kabylie a été condamné à deux reprises à une peine de trois ans de prison chacune pour avoir, dans un premier temps, affiché publiquement - ce qu’il continue de faire d’ailleurs - son attachement au christianisme. Il a formulé ensuite des critiques contre le Culte de Mohamed, ayant assisté à des tueries au nom de l’Islam au cours de la décennie noire. Il est désormais libre, mais il a été empêché récemment de se rendre à l’étranger, sans aucune décision de justice.

En plus de la bureaucratie, beaucoup de ces Algériens convertis au christianisme sont confrontés au rejet de la société et, plus douloureux encore, de leurs familles. La discrimination religieuse touche également d’autres groupes, à l’instar des Ahmadites qui croient à un Prophète peu connu né en Iran. Même les Musulmans chiites ne sont pas épargnés, puisque régulièrement, des fidèles de ce courant religieux sont présentés devant les tribunaux.

Le discours officiel des autorités algériennes et des responsables de l’Eglise catholique d’Algérie à propos du voyage de Léon XIV vise à éviter toute dissonance dans ce domaine. Les sujets qui pourraient fâcher ne manquent pas. A commencer par le sort du journaliste français Christophe Gleizes. En décembre dernier, ce spécialiste du football africain a été condamné en appel à sept ans de prison ferme pour "apologie de terrorisme". Son crime ? Il était en contact avec des dirigeants du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK, séparatiste, considéré par Alger comme un mouvement terroriste). Depuis, sa famille et des ONG de défense des Droits de l’Homme réclament sa libération. Son comité de soutien en France a même demandé au président Emmanuel Macron de plaider la cause du journaliste auprès du Pape lors de sa visite le 10 avril au Saint-Siège.

Mais ces sujets ne sont visiblement pas à l’ordre du jour de la visite de Léon XIV à Alger où il sera reçu avec faste et à Annaba où la tonalité sera beaucoup plus spirituelle que politique. Une source de l’Eglise catholique d’Algérie indique que le souverain pontife ne vient pas "pour cliver". Et ce malgré les interpellations des défenseurs des droits de l’Homme, ou de l'écrivain Kamel Daoud. Quitte à offrir aux autorités algériennes leur revanche sur ceux qui critiquent leur isolement diplomatique.

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