Le Lutetia, ce palace parisien au cœur de l’espionnage israélien
Les espions font souvent basculer l’Histoire. Dans l’ombre, depuis des siècles et partout sur la planète, certaines opérations ont défini le monde tel que nous le connaissons. Dans "Nid d’espions", le podcast de L’Express consacré au renseignement, on ouvre un dossier secret-défense, dans lequel le rôle des espions a tout changé.
Le 14 juin 1940, les troupes allemandes arrivent à Paris. Dès le lendemain, l'hôtel Lutetia, palace de la rive gauche, est réquisitionné. Ses couloirs voient défiler l’Abwehr et la GFP, la Geheime Feldpolizei. Le service de renseignements et de contre-espionnage de l’état-major allemand, et la police secrète de la Wehrmacht, l’armée du IIIe Reich, installent leurs bureaux, à deux pas du Sénat. Le rôle de la GFP est simple : assurer la sécurité de l’armée allemande en pays occupé. Dans les couloirs de l’hôtel, on croise des collaborateurs notoires, comme Henri Lafont et Pierre Bonny, à la tête de l’un des centres de la Gestapo française. Et malgré leur présence menaçante, les employés du Lutetia réussissent par exemple à dissimuler une collection de grands crus dans la cave, hors de la vue des collaborationnistes et des Allemands.
Mais l’histoire du palace ne s’arrête pas à la collaboration. Le 8 mai 1945, c'est la Libération de la France. Le monde découvre l’ampleur de l’horreur de la Shoah. Henri Frenay, ministre des Prisonniers, Déportés et Réfugiés développe un programme sanitaire. Mais en constatant la faiblesse physique des rescapés, et surtout le nombre de personnes concernées, le projet prend une tout autre dimension : ce sont 10 000 personnes qui arrivent quotidiennement à la gare d’Orsay. Frenay se saisit alors du Lutetia. Pendant cinq mois, les 350 chambres de l’hôtel accueillent 18 000 rapatriés.
Hier QG des services de renseignement nazis, puis centre d’accueil pour les déportés des camps de concentration, le palace redevient hôtel en 1955 lorsque la riche famille Taittinger en devient propriétaire. Il accueille des stars, des milliardaires et des hauts dirigeants, mais est aussi devenu un point de chute pour les agents du Mossad.
Dans cet épisode de "Nid d'espions", Alexandra Saviana, rédactrice en chef adjointe du service Société de L’Express et spécialiste des questions de renseignement, et Charlotte Baris s'intéressent à ce palace parisien devenu le repère des espions israéliens.
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Cet épisode a été écrit et monté par Mélanie Pierre, présenté par Charlotte Baris et réalisé par Jules Krot.
Crédits : INA, France 24
Musique et habillage : Emmanuel Herschon / Studio Torrent
Visuel : Alice Lagarde
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