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Le film de la semaine d’Euronews Culture : « Gelbe Briefe » mérite-t-il l’Ours d’or ?

تكنولوجيا
Euronews FR
2026/04/10 - 09:06 501 مشاهدة
Après son Das Lehrerzimmer (The Teacher’s Lounge), nommé aux Oscars, le réalisateur germano-turc Ilker Çatak a remporté l'Ours d'or lors d'une Berlinale sous haute tension grâce à Gelbe Briefe (Yellow Letters).Le film suit Derya (Özgü Namal) et Aziz (Tansu Biçer), dont tout le monde parle. Ce couple d'artistes d'Ankara est la coqueluche du théâtre d'avant-garde, Derya tenant le rôle principal dans la nouvelle pièce de son mari.Le soir de la première, Derya ne salue pas le gouverneur, présent dans la salle entouré de ses sbires. Le lendemain, Aziz, qui est professeur à l'université, encourage ses étudiants à rejoindre les manifestations pacifiques contre le gouvernement.Du jour au lendemain, il découvre qu'il a été licencié, que la pièce a été annulée (officiellement à cause de l'affront de Derya) et que la police harcèle leur propriétaire et leurs voisins. « Ils disent que l'endroit est rempli de traîtres et de terroristes. »Se retrouvant pris pour cibles par la censure d'État et menacés de poursuites pénales susceptibles de valoir à Aziz quatre ans de prison, le couple et leur fille adolescente Ezgi (Leyla Smyrna Cabas) décident de déménager temporairement à Istanbul, où ils s'installeront chez la mère d'Aziz.Mais alors que la famille tente de s'adapter à sa nouvelle vie et de joindre les deux bouts, il devient clair que la répression oblige à des compromis qui peuvent, à terme, mettre en péril ses principes et ses valeurs. Et l'amour ne suffit pas toujours...D'emblée, Çatak, qui cosigne le scénario de Yellow Letters avec Ayda Meryem Çatak et Enis Köstepen, recourt à un fascinant dispositif narratif qui fait voler en éclats le quatrième mur et reflète le cœur théâtral de la vie de ses personnages. Situé en Turquie mais tourné en Allemagne, Yellow Letters n'attend pas pour introduire une astucieuse pirouette brechtienne, avec des cartons indiquant : « Berlin comme Ankara » et « Hambourg comme Istanbul ».Ces décors de substitution volontairement artificiels montrent clairement que Çatak attire l'attention du public non seulement sur les difficultés de créer un art politisé en Turquie, mais aussi sur la dimension fictive de ce récit. Certes, il s'agit d'un drame familial sur fond de fascisme, mais le réalisateur ne cherche pas à se focaliser sur les seuls maux d'un pays face à l'emprise de l'autoritarisme.Symptomatiquement, les détails des supposées fautes du couple restent volontairement flous, afin de refléter le caractère irrationnel et insidieux de l'oppression des hommes forts, et le président turc Recep Tayyip Erdoğan n'est jamais nommé. Cela permet d'établir des parallèles sans frontières sur la menace qui pèse sur la liberté d'expression et fonctionne comme un avertissement percutant : ce qui se passe dans un pays peut très vite se présenter, sans y avoir été invité, sur le pas de la porte d'un autre.De plus, le fait que le film ait été tourné en Allemagne lui confère un écho contemporain fort et troublant. La marche de protestation qui conduit au licenciement d'Aziz montre des drapeaux palestiniens et renvoie à cette triste réalité : les manifestations pro-palestiniennes dans la capitale allemande ont été réprimées par la police, au point que des experts de l'ONU ont appelé l'Allemagne à mettre fin à la criminalisation des actions de solidarité avec la Palestine (source en anglais).On regrettera que le reste de la mise en scène ne soit pas à la hauteur de cette stimulante fioriture métatextuelle.Une fois cette mise en place prenante achevée et le premier acte bouclé, le reste de Yellow Letters paraît nettement plus timoré que sa subversion initiale. Lorsque Derya, Aziz et Ezgi s'installent dans cette « Hambourg comme Istanbul », le rythme s'essouffle et les thèmes du contrôle fascisant et des dérives d'un nationalisme rampant s'émoussent peu à peu.Pire : le précieux message de fond devient si appuyé qu'il finit par diluer à la fois le commentaire politique et le drame. Le troisième acte, précipité et sans véritable climax, plombe particulièrement l'ensemble, une sous-intrigue plaquée autour d'Ezgi, qui débouche sur une confrontation en voiture puis une crise au commissariat, étant totalement dépourvue de tension.Malgré cette frustration, Özgü Namal est irréprochable dans le rôle de Derya. Elle porte le film sur ses épaules et maintient l'enjeu dramatique, alors même que le scénario le grignote progressivement et s'installe dans des rails narratifs plus convenus.Au final, et malgré un départ galvanisant, Yellow Letters se replie sur un drame domestique sincère, mais ni aussi percutant ni aussi urgent qu'il aurait pu l'être. Les intentions sont louables, mais le résultat reste en deçà. Un Ours d'or mérité ? Peut-être l'Ours d'or que cette Berlinale, censée être apolitique cette année, méritait, dans la mesure où Yellow Letters reflète la crise qui a secoué le festival : le film commence comme un appel à la mobilisation, hésite, puis finit par jouer la carte de la prudence, de façon bien trop frileuse.Yellow Letters est actuellement à l'affiche dans une sélection de salles européennes. Il poursuivra sa sortie en salles ce mois-ci et sera présenté au Sydney Film Festival en juin. Les dates de sortie aux États-Unis et au Royaume-Uni n'ont pas encore été annoncées.
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