« L’Appartement », une exposition en forme d’ode à l’habitat collectif à Nanterre
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Le parc André-Malraux, à Nanterre. J.-P. SALOMON/PARIS LA DÉFENSE C’est un massif urbain. Cinq paquebots qui s’élèvent comme des ziggourats, tous construits au début des années 1970 à Nanterre par l’architecte Jacques Kalisz (1926-2002), en association avec Roger Salem. Situés le long de la grande artère qui relie l’Arc de triomphe à l’arche de la Défense, en bordure du parc André-Malraux, ils se nomment « Liberté », « Egalité », « Fraternité », « Vallona », « Central Parc ». De quoi nourrir de grandes espérances. Collectivement, ils représentent près de 2 000 logements. Pourtant, on ne les voit pas. Cachés d’un côté par une rangée d’immeubles de bureaux qui ont poussé au cours des décennies 1980 et 1990, ces bâtiments conçus dans une logique d’urbanisme de dalle sont absorbés, de l’autre, par l’aura multicolore des tours dites « Nuages » d’Emile Aillaud (1902-1988). A partir d’un plan en croix, ils s’élèvent dans une forme de retrait depuis la rue. Les façades, peintes en beige ou bardées d’un isolant blanc, selon les cas, depuis qu’elles ont été restaurées, contribuent à cet effacement – les traces des interventions de Maurice Calka (1921-1999) et Fabio Rieti (1925-2020), artistes mandatés à l’origine pour injecter de la couleur et déployer des mosaïques, dans un jeu de séduction avec la ville, ont presque entièrement disparu. Aujourd’hui, ces grandes structures semblent tout entières tendues vers le parc, lequel diffuse en retour dans les coursives, à tous les étages, sa sérénité chlorophyllée, offrant aux habitants un feuilleté de perspectives plus fabuleuses les unes que les autres. Il vous reste 81.63% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.





