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آخر تحديث: منذ 8 ثواني

La résistible ascension des pseudo-médecines, par le Pr Alain Fischer

العالم
L'Express
2026/03/20 - 05:15 502 مشاهدة

"Médecines douces", "médecines complémentaires", "médecine intégrative" ou, pire, "médecines alternatives". Autant de dénominations avantageuses pour désigner des pratiques non conventionnelles ou pseudo-médecines. La liste est longue, de l’homéopathie à la naturopathie, en passant par l’étiopathie, la médecine anthroposophique, l’aromathérapie ou encore la réflexologie plantaire. Elles se caractérisent par le fait qu’aucune preuve scientifique de leurs bienfaits n’a été apportée, en dehors d’un effet placebo.

Pourtant, leurs pratiques se déploient. En cause : une publicité intense sur les réseaux sociaux, la demande d’un public parfois insatisfait d’une écoute insuffisante des médecins, ou encore une recherche incessante de bien-être. Des personnes en situation de vulnérabilité physique ou psychique en sont les proies.

Un marché de 350 milliards d'euros

Malgré le déremboursement de l’homéopathie intervenu en 2018, le marché des pseudo-médecines est florissant : en 2020, aux États-Unis, il dépassait les 400 milliards de dollars (350 milliards d'euros). Internet et sans doute les moteurs conversationnels d’intelligence artificielle facilitent grandement leur accès, sans parler des rayons santé des librairies, trop souvent encombrés d’ouvrages en vantant les mérites.

Est-ce un problème ? Oui, lorsque ces pratiques se substituent à la médecine en entraînant des pertes de chance de guérison ou d’amélioration. Combien de patients ont-ils, de ce fait, interrompu le traitement d’un cancer ? Oui aussi lorsqu’elles s’associent à un refus de la vaccination ou qu'elles conduisent à des dérives sectaires. Oui encore en raison du caractère injustifié des frais induits, puisque ces pratiques ne sont pas scientifiquement fondées. Elles n’ont d’ailleurs pas fait l’objet de tentatives sérieuses pour y parvenir, sous prétexte que l’évaluation de leur succès ne pourrait s’apprécier selon les critères classiques, ce qui est un non-sens cognitif.

Des universités complices

Pour convaincre, leurs promoteurs essaient de s’octroyer les habits de la légitimité. En voici quelques exemples. Il existe un Institut français de la micro-immunothérapie, une pratique homéopathique censée "rééquilibrer le système immunitaire". Il ne présente aucune donnée sérieuse d’efficacité ni aucun essai clinique pour le démontrer. Plus grave encore, plusieurs universités s'impliquent dans l’enseignement de ces pratiques en délivrant des diplômes sur lesquels s’appuient les praticiens concernés (médecins ou non).

Ces derniers ont fondé un collège universitaire de médecine intégrative et une chaire de médecine intégrative a été créée au Conservatoire national des arts et métiers. Le discours est celui "d’une approche pluridisciplinaire" qui mêle des pratiques reconnues et utiles telles que la psychomotricité, l’hypnose et l’ergothérapie aux pseudo-médecines citées plus haut. Cet amalgame leur vaut une certaine crédibilité, qui pourtant cache nombre d'usages déviants. Ainsi, leur recherche de légitimité et de labellisation va jusqu’à l’organisation de colloques, comme celui en janvier dernier au Sénat qui a été justement dénoncé par de nombreux praticiens de santé.

Quand l'Ordre des médecins protège l'homéopathie

On peut aussi s’offusquer du fait que des mutuelles complémentaires proposent des contrats prenant en charge l’homéopathie, la naturopathie ou l’étiopathie. Cette attitude regrettable, manifestement destinée à attirer cette clientèle, va à l’encontre de ce qui devrait être la mission de ces mutuelles : promouvoir la santé publique.

On peut, encore, regretter que des médecins, sous prétexte d’atteinte aux règles déontologiques, aient été condamnés par l’Ordre des médecins pour avoir osé critiquer - de façon pertinente - l’homéopathie. Après des années de bataille juridique, le Conseil d’État semble enfin leur donner raison ! À nouveau, on attend que l’Ordre des médecins, les facultés de médecine et les mutuelles défendent les pratiques médicales éprouvées aux dépens des pseudo-médecines.

À l’heure où beaucoup se préoccupent de la désinformation, notamment en santé, et de ses conséquences toxiques, les institutions concernées et les pouvoirs publics doivent exercer leur vigilance. Celle-ci devrait aussi s’étendre à la régulation des réseaux sociaux. L’aspiration de chacun au bien-être ne peut servir d’excuse à un laisser-faire dangereux.

Alain Fischer est professeur émérite au Collège de France et cofondateur de l’Institut des maladies génétiques (Imagine).

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