La location de piscine, tennis ou jardin met les impôts en embuscade
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La location de piscine, tennis ou jardin met les impôts en embuscade Par Stéphanie Delmas Le 8 avril 2026 à 09h12 Sujets Location piscines Tennis parking jardin Copier le lien Lien copié Mail Facebook X Linkedin Messenger WhatsApp La location de piscines privées a le vent en poupe Alexandre Zveiger / AdobeStock Louer une partie de sa demeure ne procure pas des revenus nets d’impôts. Bien au contraire, le système étant construit sur une double déclaration, il y a peu de chance d’échapper à l’administration fiscale. Les montants perçus sont contrôlés, et pèse sur le contribuable l’obligation de les inscrire dans la bonne case de sa déclaration des revenus. Passer la publicité Passer la publicité Publicité Certains prétendent générer jusqu’à 10 000 € de revenus complémentaires, par an, en louant de temps à autre leur piscine à des particuliers par l’entremise de plateformes telles que Swimmy, sans penser un seul instant que les gains sont soumis à taxation. Avec un prix de location variant de 10 à 35 € de l’heure, par personne, pour une piscine et jusqu’à 50 € par heure et par personne pour les spas, la cagnotte grimpe vite pour un désagrément somme toute modeste. La France compte près de 3,4 millions de piscines privées (Fédération des Professionnels de la Piscine et du Spa), le potentiel des revenus taxables n’est, pour l’administration fiscale, pas à négliger. À découvrir Impôts 2026 : les dates limites de la déclaration de revenus selon votre département Une règle fiscale compliquée Les revenus tirés de la location pure et simple d’un bien immobilier, parce qu’une piscine est un bien immobilier, relèvent en principe pour les impôts, de la catégorie des revenus fonciers. En revanche, dès qu’une prestation est fournie ou une mise à disposition offerte en plus de la location, le fisc considère qu’il s’agit de Bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Passer la publicité Publicité Présentement, la différence opérée par l’administration fiscale est ténue pour celui qui loue occasionnellement pour arrondir ses fins de mois. Et ce, d’autant plus que la plupart du temps, il n’imagine pas qu’une telle location est soumise à l’impôt. Cela vaut pour les locations de piscines, mais aussi de terrain de tennis, ou de jardin comme de sa cave ou de son emplacement de stationnement. Une double déclaration fiscale Depuis 2023, les plateformes qui mettent à disposition de leurs utilisateurs un dispositif électronique permettant de mettre en relation des particuliers qui souhaitent louer à d’autres leurs biens, déclarent auprès du fisc les opérations réalisées. Les sommes perçues se retrouvent automatiquement affichées dans le parcours déclaratif en ligne des contribuables lorsqu’ils procèdent à leur déclaration de revenus sur impots.gouv.fr, « à charge pour eux de reporter les montants effectivement imposables dans les rubriques dédiées de leur déclaration de revenus », a expliqué Amélie de Montchalin, alors ministre de l’Action et des Comptes publics, juste avant de céder son poste en février 2026 à David Amiel. Cette opération n’est pas faite en catimini puisque ces mêmes plateformes adressent également à leurs utilisateurs, au plus tard le 31 janvier de chaque année, un récapitulatif annuel des opérations réalisées et du montant brut perçu à ce titre au cours de l’année écoulée. Une action requise du contribuable Pour l’établissement de l’impôt sur le revenu, il faut savoir que les revenus des propriétés bâties et non bâties sont compris dans la catégorie des revenus fonciers, lorsqu’ils ne sont pas inclus dans les bénéfices d’une entreprise industrielle, commerciale ou artisanale (CGI, art. 14). S’ajoute que la location d’établissements commerciaux ou industriels munis du mobilier ou du matériel nécessaire à leur exploitation constitue une activité à caractère commercial. Il en résulte que les revenus tirés de la location pure et simple, par bail à loyer, d’un immeuble nu relèvent en principe de la catégorie des revenus fonciers. En revanche, la location relève de la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) lorsqu’elle présente le caractère d’une exploitation commerciale, du fait que le bien est ouvert au public moyennant rémunération ou que cette location est accompagnée de la délivrance d’une prestation et/ou de la mise à disposition du preneur des équipements nécessaires à l’exploitation du bien. Passer la publicité Publicité C’est la raison pour laquelle, les revenus tirés de la location occasionnelle de dépendances de l’habitation principale (garages, caves, emplacements de stationnement, parcs, jardins d’agrément, piscines, terrains de tennis, etc.) relèvent des revenus fonciers si le propriétaire n’assure aucun service ou aucune prestation en complément de ladite location. Dans le cas contraire, ces revenus relèvent des BIC non professionnels (CGI, art.35) Une petite faveur fiscale de 760 € Les revenus générés par la location d’une ou plusieurs pièces de l’habitation principale, à des personnes n’y élisant pas domicile, sont exonérés d’impôt lorsque le montant n’excède pas 760 € par an. Au-delà de ce montant, ou dès le premier euro s’il s’agit d’une résidence secondaire, les revenus tirés de la location doivent être déclarés en « micro BIC », jusqu’à 83 600 € de recette annuelle, avec le bénéfice de 50 % d’abattement. Or, l’abattement minimal étant de 305 €, si les recettes sont inférieures à cette somme, aucun impôt n’est à payer. Pour ceux qui dépasseraient les 83 600 € de recette annuelle, la déclaration doit être faite sous le régime des BIC « régime réel » avec une déduction possible des charges.





