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"Kremlin confidentiel", le vrai visage de Vladimir Poutine : sa fortune démentielle, ses maîtresses, la corruption...

العالم
L'Express
2026/03/25 - 17:00 501 مشاهدة

"La démarche du pistolero". C’est ainsi que des professeurs de neurologie du très sérieux British Medical Journal ont baptisé l’étrange façon de marcher de Vladimir Poutine, rappelle le journaliste Vincent Jauvert dans son livre Kremlin confidentiel, dont L’Express publie les bonnes feuilles. "Nous avons observé qu’[il] présente une réduction notable du balancement du bras droit pendant la marche, écrivent-ils en 2015. Nous avons trouvé dans un manuel de formation du KGB une explication plausible : les recrues étaient entraînées à garder le bras droit immobile près du corps afin de pouvoir dégainer rapidement une arme. Nous pensons que cette habitude acquise a été conservée inconsciemment dans [sa] posture et [sa] démarche". Fruit d’une enquête fouillée et nourrie par de nombreux documents et témoignages, l’ouvrage de Vincent Jauvert vise à dévoiler la vraie nature du président russe, tout ce qu’il veut cacher : "sa quête effrénée de luxe, de pouvoir et de vengeance – sa vie privée et ses crimes aussi". Dans un texte saisissant, l’auteur montre comment ce chef mafieux a construit sa dictature à vie, accumulé une immense fortune, planifié l’invasion de l’Ukraine, et entraîné l’Europe dans une guerre sans fin. Extraits.

Monsieur 35 %

C’est sa face la plus secrète. Poutine, qui a vécu, comme l’immense majorité des Soviétiques, dans la pauvreté et la fascination de l’abondance occidentale, aime le luxe. Pendant des années, il a vu les oligarques et certains hauts fonctionnaires acheter des propriétés somptueuses sur la Côte d’Azur, des yachts, des montres Patek Philippe en or, des Bentley et des costumes anglais hors de prix. C’est son tour. En même temps qu’il impose son système politique ­ autocratique, le président russe met en place un système complexe de détournement de fonds à son profit inspiré des méthodes de la mafia. Pour bâtir sa fortune, [il] va d’abord utiliser son ami Nikolaï Chamalov, l’un des huit de la coopérative Ozero [NDLR : une coopérative de datchas située sur un vaste terrain, à 150 kilomètres de Saint-Pétersbourg, au bord du lac Komsomolskoïe], chez qui, quatre ans plus tôt, il a passé des vacances d’hiver en famille à Davos. Rond et yeux clairs, Chamalov est le représentant de Siemens en Russie et l’un des principaux actionnaires d’une société baptisée Petromed. C’est via cette compagnie que Poutine va engranger ses premiers millions de dollars.

Le schéma de ce détournement de fonds m’a été expliqué par un autre actionnaire de Petromed, Sergueï Kolesnikov. Docteur en médecine militaire, ce quinquagénaire à allure de comptable n’a pas supporté d’être complice d’une vaste entreprise de corruption. En 2010, il a dénoncé le système dans une lettre ouverte au président russe de l’époque, Dmitri Medvedev, le pantin que Poutine a installé au Kremlin pour quatre ans de 2008 à 2012. Dans cette missive à scandale, Koslesnikov fournissait toutes les preuves des malversations au profit du Premier ministre Poutine, toujours l’homme fort du régime. Evidemment, Medvedev n’a rien fait. Tandis que Kolesnikov s’est envolé dans la nature par peur de représailles. Ses révélations ont été confirmées bien plus tard par l’agence Reuters et le réseau OCCRP (Organized Crime and Corruption Reporting Project) de journalistes spécialisés dans les enquêtes sur la corruption. Voici ce qu’ils ont découvert. Créée en 1992 à Saint-Pétersbourg, Petromed a pour vocation de construire et d’importer du matériel médical high-tech en Russie. Au début, il s’agissait d’une joint-venture public-privé. Côté privé, Chamalov et Kolesnikov ; côté public, le département des relations économiques internationales de Saint-Pétersbourg représenté par son directeur, Vladimir Poutine. Après la défaite [d'Anatoli] Sobtchak [ancien maire de Saint-Petersbourg], la ville a vendu ses parts aux deux fondateurs qui ont fait prospérer leur affaire.

Dès son installation à la tête de l’Etat, Poutine leur propose un marché. Comme le gouvernement russe n’a pas les moyens d’acheter le matériel médical dont le pays a besoin, il va mettre au point un système original de financement : le Kremlin va demander à de riches hommes d’affaires de donner de l’argent à Petromed et avec ces sommes, la société achètera des équipements puis les fournira aux villes qui en ont besoin. Par exemple, un centre de chirurgie cardiaque à Perm. Une bonne affaire pour Petromed, qui prend un pourcentage sur chaque contrat. Mais il y a une condition : un gros tiers (35 % exactement) des montants offerts devront être transférés à…Poutine, lui-même, via un montage financier complexe. Pour être précis, ces 35 % devront être virés sur le compte au Lichtenstein de la société russe Rosinvest qui, elle-même, est détenue par une compagnie du Lichtenstein, Lirus Investment Holding. Selon Kolesnikov et les journalistes cités plus haut, Poutine détient 94 % des actions de Lirus – actions au porteur, c’est-à-dire non nominatives. Chamalov accepte.

Les années suivantes, le système de détournement de fonds au profit du "boss" va prendre une dimension quasi industrielle. En 2005, Poutine lance les "projets nationaux prioritaires". Il s’agit de calmer une population qui gronde et de contrer un éventuel débordement de la révolution orange ukrainienne. Il dote ces projets de budgets sans précédent : 150 milliards de roubles pour l’éducation, 100 pour le logement, 70 pour l’élevage. Et surtout 300 milliards pour la santé, soit environ 10 milliards de dollars dont Petromed rafle une bonne partie. Comme convenu, elle reverse 35 % de ses recettes à la société Lirus, donc à Poutine.La manne sera telle que le maître du Kremlin va pouvoir financer l’un de ses rêves. Selon Sergueï Kolesnikov, après le lancement des projets nationaux, Lirus a pu acheter un terrain près de Sotchi. Un immense territoire à Guelendjik, sur les bords de la mer Noire, destiné à un projet secret : un palais. "Au début, il s’agissait d’un bâtiment de 'seulement' 16 millions de dollars, m’a-t-il raconté. Mais, à partir de 2006 [et le lancement des projets nationaux], le projet a changé de dimension. On a ajouté un théâtre d’hiver, trois héliports, une discothèque, une patinoire souterraine, un ascenseur de plage, une marina, une ligne électrique, un gazoduc et plusieurs routes menant directement au palais. Sans parler de l’aménagement intérieur, la vaisselle, les meubles fabriqués à l’unité par des designers italiens…au total, tout cela se chiffrera à plus de 1 milliard de dollars."

Ses maîtresses cachées

Pendant la même période [lorsqu’il était maire adjoint de Saint-Pétersbourg et que son mariage commençait à battre de l’aile, dans les années 1990], il entretenait une liaison avec une jeune femme de vingt-trois ans sa cadette, Svetlana Krivonogikh, qui étudiait la finance à l’université de Saint-Pétersbourg et faisait des ménages pour arrondir ses fins de mois. La relation, dont Poutine niera toujours l’existence, continue aux débuts des années 2000 alors qu’il est déjà chef de l’Etat. D’après Proekt [un site d'investigation créé par deux journalistes russes exilés aux Etats-Unis], Svetlana accouche en 2003 d’une petite fille, Elizaveta. L’enfant n’est pas reconnue par son père mais son patronyme est, selon le registre des naissances, "Vladimirovna" c’est-à-dire "fille de Vladimir". Il y a beaucoup de Vladimir en Russie. (...). Mais plusieurs éléments conduisent à penser que le Vladimir en question est bien le maître du Kremlin. Selon les Pandora Papers, en 2003, c’est-à-dire l’année de son accouchement, Svetlana Krivonogikh devient propriétaire d’une société offshore dans les îles Vierges britanniques. Quelques mois plus tard, cette compagnie achète un appartement à Monaco pour 4 millions de dollars puis un yacht de 37 mètres baptisé Al’Doga. Par la suite sa fortune n’a cessé de croître. En 2008, après un tour de passe-passe avec un homme de paille de Poutine, elle devient propriétaire d’un appartement de 200 mètres carrés dans l’un des quartiers les plus chic de Saint-Pétersbourg. La diplômée en finance, dont la fortune s’élèverait aujourd’hui à 100 millions de dollars, apparaît aussi comme copropriétaire de la compagnie Ozon qui gère Igora, la station de ski préférée de Poutine.

Et puis, il y a LA maîtresse : Alina. En avril 2008, l’hebdomadaire Moskovski Korrespondent publie le scoop que beaucoup de journalistes politiques russes n’osent révéler : le "leader national" aurait divorcé de Lioudmila et s’apprêterait à convoler avec la jeune gymnaste de 24 ans, Alina Kabaeva. Selon le journal, la fête se déroulera en juin à Saint-Pétersbourg, au palais Constantin, là où Vladimir a accueilli le G8. Le reporter tient cette dernière information du traiteur retenu pour les agapes. Pour les Russes, Alina Kabaeva n’est pas du tout une inconnue. Double championne du monde de gymnastique rythmique, médaillée d’or aux Jeux olympiques d’Athènes en 2004, elle est déjà l’une des rares icônes féminines du régime qui s’affichent au bras du maître du Kremlin lors de galas et de cérémonies officielles. A 19 ans, elle a rejoint l’équipe dirigeante de Russie unie, le parti de Poutine, dont elle est députée à la Douma. Elle le restera sept ans, pendant lesquels elle ne contribuera qu’à cinq projets de loi dont celui sur les "agents de l’étranger". […] Le mariage n’aura pas lieu. En tout cas, pas en juin 2008. Mais la liaison avec Alina Kabaeva, surnommée "la reine sans couronne de Russie" par le site Proekt, va se poursuivre. Et la fortune de l’ex-gymnaste, grossira de façon exponentielle.

Les somptueux cadeaux du tsar

Quel Tartuffe ! Chantre d’une morale étriquée, Poutine profite de son troisième mandat pour dépenser la fortune accumulée en secret. Il puise dans toutes ses caisses noires pour flamber des milliards. Manoirs, yachts, actions, fêtes somptueuses… le maître du Kremlin gâte outrageusement sa fille cadette, son gendre, son ex-femme, ses maîtresses. Et il ne s’oublie pas. Tandis qu’il moralise et se présente comme un ascète, Poutine prend livraison d’un cadeau somptueux qu’il s’est fait à lui-même. Un autre yacht, plus grand que l’Olympia. Évalué à 100 millions de dollars, celui-là mesure 82 mètres. Poutine le baptise Graceful, "Gracieux" en français. Un trait d’humour, sans doute. Construit par un chantier naval russe et parachevé par une société de Hambourg réputée, le navire possède douze suites, un héliport, une piscine intérieure transformable en piste de danse et une cave à vin de 400 bouteilles.

[...] Ce 23 février 2013, un traîneau tiré par trois chevaux blancs glisse sur la neige puis s’arrête devant le Palais de Glace d’Igora. De cette troïka, descend un couple très glamour : une jeune femme athlétique portant une robe de mariée couleur perle et un homme grand dans un costume sombre. La fête du mariage le plus couru et le plus secret de Russie peut commencer. Elle va durer trois jours et trois nuits, à huis clos. La mariée a 26 ans et s’appelle Katerina Tikhonova. C’est, en tout cas, le nom de famille qu’elle utilise, celui de sa grand-mère maternelle. En réalité, jusqu’à ce mariage, elle s’appelait Ekaterina Poutina, elle est la fille cadette du président, née à Dresde. Les Russes ont entendu parler d’elle mais la plupart ignorent ses liens avec le maître du Kremlin. C’est une championne de danse sportive. En octobre 2013, le couple qu’elle forme avec son partenaire de danse arrivera cinquième au championnat du monde de rock acrobatique à Moscou.

Le jeune marié a 30 ans, il connaît Ekaterina depuis qu’ils sont enfants. Il se prénomme Kirill, il est le fils de Nikolaï Chamalov, un autre ancien d’Ozero, milliardaire lui aussi qui alimente, via sa compagnie de matériel médical Petromed, la première caisse noire de Poutine. Fils d’un prince du régime, Kirill fait une carrière époustouflante. Diplômé de l’université de droit de Saint-Pétersbourg (comme Poutine), il a été nommé, à 25 ans, directeur général adjoint de Gazprom-Media, qui détient plusieurs chaînes de télévision et une radio très écoutée, l’Echo de Moscou. Gazprom-Media est elle-même une filiale de Gazprombank dont l’un des directeurs est son frère, Youri Chamalov. Un hasard, sans doute.

Les intertitres sont de la rédaction.

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