Journée mondiale de la liberté de la presse : Paris dit "agir" pour le retour de Christophe Gleizes
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À l'occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse ce dimanche 3 mai, l'ONU alerte sur les dangers qui pèsent sur les journalistes : censure, harcèlement judiciaire, violences, et meurtres."Toute liberté repose sur la liberté de la presse. Sans elle, il ne peut y avoir ni droits humains, ni développement durable, ni paix", a déclaré António Guterres, secrétaire général des Nations unies, dans un message vidéo. Il a souligné que ces dernières années ont été marquées par une augmentation du nombre de journalistes tués, en particulier dans les zones de guerre.Le secrétaire général a également dénoncé le fait que 85 % des crimes commis contre des professionnels du secteur restent non élucidés et non jugés, un niveau d'impunité qu’il qualifie d'"inacceptable".Selon le décompte d'UNESCO, 14 journalistes ont perdu la vie depuis le début de l'année 2026.En 2025, ils étaient 129 journalistes et employés de presse à avoir été tués sur l'ensemble de l'année, selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).La liberté d'informer, "une cible"La diplomatie française a à son tour condamné ce dimanche "les attaques et violences commises à l’encontre des journalistes et professionnels de médias", rendant hommage à "celles et ceux, trop nombreux encore cette année, qui ont été tués dans l’exercice de leur métier, partout dans le monde, en Palestine, en Ukraine, au Soudan, et ailleurs".Selon Paris, quatre journalistes sont morts depuis le mois de mars dans des bombardements menés par l'armée israélienne dans le sud du Liban. "Le ciblage délibéré de journalistes, lorsqu’il est avéré, est constitutif d’un crime de guerre", insiste le ministère des Affaires étrangères.Le Quai d'Orsay a également salué la mémoire d'Antoni Lallican, photojournaliste français de 37 ans, tué le 3 octobre dernier lors d'une frappe de drone russe près de Kramatorsk, en Ukraine. "La Russie a fait de la liberté d’informer une cible", poursuit le communiqué.Reporters sans frontières (RSF) avait qualifié la frappe de "délibérée", alors qu'Antoni Lallican se trouvait sur le terrain avec son confrère ukrainien Georgiy Ivanchenko, grièvement blessé dans l'attaque.À travers l'Europe, les alertes se multiplient."Il est de notre devoir de toujours le rappeler, et plus encore aujourd'hui, dans un moment historique marqué par une escalade continue de la violence et par des violations répétées du droit international humanitaire [...] : les personnes qui ne participent pas aux conflits – civils, personnels médicaux et humanitaires, et journalistes – ne doivent pas être attaqués", a déclaré Rosario Valastro, à la tête de la Croix-Rouge italienne.La présidence portugaise déplore que le lourd bilan pour les professionnels des médias "contredise les attentes de progrès que la consolidation des démocraties devrait garantir".À des exactions s'ajoutent des "menaces plus silencieuses", souligne le bureau d'António José Seguro, citant "le recul démocratique dans plusieurs régions du globe", "la précarité économique des rédactions", la concentration du capital, ou encore "la prolifération de la désinformation qui pollue l’espace public", tandis que les médias ne jouent pas toujours leur "rôle d’antidote".La libération des journalistes détenus arbitrairement, un "impératif" pour la FranceSelon l'ONU, environ 330 journalistes sont actuellement détenus dans le monde, auxquels s'ajoutent 500 journalistes citoyens et blogueurs défenseurs des droits humains.Il y a aussi des lueurs d'espoir. Fin avril, le journaliste Andrzej Poczobut a retrouvé la liberté, après cinq ans de détention au Bélarus. Correspondant du journal polonais Gazeta Wyborcza et figure de la minorité polonaise dans le pays, purgeait une peine de huit ans de prison pour avoir "incité à des actions mettant en danger la sécurité nationale".Après sa libération, dans le cadre d'un échange, il a été accueilli à la frontière polonaise, par le Premier ministre polonais, Donald Tusk.Ce dimanche 3 mai, le président Karol Nawrocki a décoré l'ex-prisonnier d'Alexandre Loukachenko de l'Ordre de l'Aigle blanc, la plus haute distinction polonaise, pour son "attitude inébranlable face aux manifestations de régimes totalitaires renaissants".En France, Christophe Gleizes n'est pas oublié. Le gouvernement "continue d’agir auprès des autorités algériennes" pour obtenir la libération du journaliste sportif, condamné en appel, en décembre 2025, à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme" et "possession de publications dans un but de propagande nuisant à l’intérêt national". Son arrestation, survenue lors d'un séjour en Kabylie, a alimenté les tensions entre Paris et Alger.La veille de la Journée mondiale de la liberté de la presse, Amélie Oudéa-Castéra, ex-ministre d'Emmanuel Macron et actuelle présidente du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), a dénoncé sur X "la peine la plus lourde infligée à un journaliste depuis 10 ans"."Le sport a besoin de ses journalistes. Les journalistes ont besoin de liberté. Christophe mérite qu'on se batte pour la sienne", a-t-elle conclu.Le 3 mai a été proclamé Journée mondiale de la liberté de la presse par l'Assemblée générale des Nations Unies en 1993, après la recommandation de l'UNESCO en 1991 et l'appel de journalistes africains ayant adopté la Déclaration de Windhoek pour le pluralisme et l'indépendance des médias.





