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Jordan Bardella au Medef : entre le RN et le patronat, l'histoire d'une relation contrariée

سياسة
L'Express
2026/04/20 - 16:02 501 مشاهدة

Le rendez-vous a été annoncé par le Medef lui-même. A un an de l’élection présidentielle, l’organisation patronale a reçu, ce lundi, Jordan Bardella à déjeuner dans un hôtel cossu du XVIIe arrondissement. Une forme de consécration pour le président du parti d’extrême droite qui multiplie depuis de longs mois les œillades au patronat. "Je ne suis pas de gauche, je n’ai pas l’entreprise honteuse", récitait-il encore, ce lundi 20 avril, en amont de sa rencontre avec les patrons. Ajoutant : "Je crois que nous avons un programme résolument tourné vers la production, vers la croissance et les dirigeants d’entreprise pourront trouver avec nous des alliés parce que nous avons besoin d’eux pour redresser l’économie française."

Un tel discours ne détonne plus au Rassemblement national. Il est pourtant à des années-lumière de celui que tenait Marine Le Pen, en 2012, dans son ouvrage Pour que vive la France (Éditions Jacques Grancher), destiné à rendre compte de sa vision du pays. "En tant que responsable politique, ce qui me paraît le plus intéressant est la consistance idéologique de cette caste au pouvoir ; elle croit profondément au projet mondialiste, et à tout ce qui en découle : marche forcée vers l’Europe de Bruxelles, libre-échange, dilution des peuples via la mise en concurrence féroce et l’immigration, écrivait alors la candidate à l’élection présidentielle […] L’élite financière, bien sûr, approuve ce modèle parce qu’il sert objectivement les intérêts des grands patrons mondialisés, CAC 40 et Medef réunis."

L'espoir de peser sur le programme

Près de quinze ans plus tard, les choses ont évolué. Dans les sondages, le Rassemblement national devance largement ses partis concurrents au premier tour dans toutes les configurations, et la présence d’un candidat d’extrême droite - qu’il s’agisse de Marine Le Pen ou Jordan Bardella - au second tour fait office de quasi-certitude dans tous les esprits. Encore plus dans ceux des dirigeants d’entreprises : ceux-ci assument aujourd’hui de rencontrer au grand jour des représentants du Rassemblement national dans l’espoir de peser sur le programme économique du parti, dont la plupart des représentants répètent qu’il est en construction et ne sera révélé au grand public que le plus tard possible. Comprendre : avec une possibilité d’être amendé dans la dernière ligne droite si besoin.

Ces derniers mois, plusieurs rencontres entre les patrons et les dirigeants du RN ont défrayé la chronique. La dernière en date : un dîner, révélé par le Nouvel Obs, qui a réuni le 7 avril, Marine Le Pen et une quinzaine de grands dirigeants français, parmi lesquels Bernard Arnault, PDG de LVMH, Patrick Pouyanné, patron de TotalEnergies, ou encore la directrice d’Engie Catherine MacGregor. Dans la foulée de cette révélation, la plupart des participants à cette soirée se sont empressés de faire savoir qu’ils n’avaient pas été convaincus par le discours de la députée du Pas-de-Calais. Au RN, on n’a cure de ces tentatives de distanciation. "Jamais le milieu patronal n’a été si enclin à nous recevoir", assure un lieutenant mariniste qui jure que Marine Le Pen et Jordan Bardella ont, à eux deux, rencontré la moitié des dirigeants du CAC 40.

Entre condamnation et recherche de soutien

Entre condamnation et recherche de soutien, le parti d’extrême droite a toujours entretenu une relation contrariée avec le milieu patronal. Y compris dans les premières années de son existence. 1982, Jean-Marie Le Pen n’est pas encore la bête médiatique de l’élection présidentielle de 2002, et végète dans le creux de la vague politique. Entre quelques apparitions télévisées, pourtant, il cherche, déjà, à accompagner le tournant droitier radical de certaines professions. En septembre de la même année, il marche aux côtés de petits patrons dans les rues de Paris, répondant à l’appel du SNPMI (Syndicat national des petites et moyennes industries), une organisation animée par Gérard Dreuil et Pierre Descaves, qui deviendront candidats frontistes aux élections législatives de 1986.

Pour ces élections, Jean-Marie Le Pen, déjà, entend se placer dans une "démarche d’ouverture" - une expression toujours d’actualité au Rassemblement national - et rameute à ses côtés un ancien dirigeant de la FNSEA, ou le neveu de l’ancien dirigeant du CNPF (Centre national du patronat français), ancêtre du Medef. En janvier 1986, le président du Front national rencontre également Marcel Dassault, qu’il connaissait déjà, pour que ce dernier lui remette un chèque destiné à financer la campagne du FN - la scène est racontée dans l'ouvrage des journalistes Philippe Cohen et Pierre Péan, Le Pen, une histoire française (Robert Laffont).

Le chant des sirènes du RN envers les patrons n'est pas nouveau

Par la suite, avec l’arrivée de Bruno Mégret et même après son départ, des lieutenants seront toujours chargés de créer des ponts avec les milieux patronaux. C’est le cas par exemple de Bruno Gollnish, en 1992, qui chargera Jean Michel Dubois, ancien responsable du SNPMI (Syndicat national des petites et moyennes entreprises) de séduire les commerçants, professions libérales et petits patrons. Il recevra même 700 000 francs de la part de Jean-Marie Le Pen pour accomplir sa mission.

Le chant des sirènes du Front national à l’égard du patronat n’a rien de nouveau. Depuis toujours, le parti d’extrême droite a cherché à entretenir des rapports avec les organisations représentatives du monde de l’entreprise. Marine Le Pen elle-même, malgré un virage populiste et étatiste assumé à partir de 2012, a pris sa part de corvée. Si l’ancienne patronne du Medef, Laurence Parisot, lui consacre, en 2011, un livre intitulé Un piège bleu marine (Editions Calmant Lévy) alertant sur le danger du projet lepéniste, cela n’empêche pas la candidate à la présidentielle, treize ans plus tard, de rencontrer le nouveau président de l’organisation patronale, Patrick Martin.

Ne pas se renier

Aujourd’hui, Jordan Bardella fait de sa velléité de nouer des ponts avec le monde de l’entreprise une carte d’identité politique. Le voilà qui multiplie les déclarations sur la nécessité de relancer la croissance, la force de la valeur travail, et autres caciques de la droite classique. Il communique sur ses nouveaux conseillers censés l’aider à lutter contre l’ostracisme de son parti. Le nouveau venu s’appelle François Durvye. Il travaille en réalité depuis 2022 pour le parti d’extrême droite, mais vient de quitter ses fonctions auprès du milliardaire réactionnaire Pierre-Édouard Stérin pour rejoindre officiellement l’équipe de Jordan Bardella. Il était présent, ce lundi, lors du déjeuner avec le Medef à propos duquel l’entourage du patron frontiste assure : "C’était un bon dialogue, dans la continuité naturelle d’échanges précédents, et qui permettra d’en avoir d’autres."

Du côté de Marine Le Pen, en revanche, on ne renie pas tout à fait les diatribes passées contre "la caste" et "le grand patronat international". On assure cependant que ce discours est "moins vrai car, sans doute par pragmatisme, cette 'caste' voit bien que le monde bouge et que les peuples ne supportent plus ce projet.." Se rapprocher du monde de l’entreprise, oui, à condition de bien préciser que ce n’est pas le RN qui change, mais bien le milieu patronal.

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