« Je vends, si quelqu’un est intéressé » : le trafic de psychostimulants alimenté par les réseaux sociaux
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Le méthylphénidate, commercialisé sous le nom de Ritaline, est une molécule utilisée dans le traitement du trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN/AFP Ephraim (il souhaite rester anonyme), 20 ans, étudiant en BTS gestion des petites et moyennes entreprises, découvre la Ritaline en 2025, sur YouTube. « Depuis tout petit, je suis agité et j’ai du mal à me concentrer, explique-t-il. Un jour, j’ai vu une vidéo qui en parlait, puis d’autres contenus : tout le monde disait que c’était “trop bien”, sans effets secondaires, et que ça existait depuis les années 1950. Je me suis dit : “GO tester” [allez, on teste] » Mais ce médicament n’est légalement prescrit qu’aux personnes atteintes de trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), et ce n’est pas le cas d’Ephraim, qui se tourne donc vers un ami autorisé à le prendre. Rapidement, son usage personnel bascule en petit trafic. Sous des vidéos TikTok, il commente : « Je vends, si quelqu’un est intéressé. » Dans ses messages privés, Ephraim est contacté par plusieurs types d’acheteurs : amateurs de stimulants, étudiants en médecine souhaitant « enchaîner les heures de travail », et patients déjà diagnostiqués cherchant « un peu plus de doses pour tenir le rythme ». Le médicament, dangereux en cas de surdosage, peut rapporter gros sur le marché noir. Au fil des contacts pour obtenir plusieurs médicaments, Ephraim trouve une source proposant des boîtes à 10 euros, qu’il revend entre 200 et 500 euros. En quelques semaines, il estime avoir généré 1 500 euros de chiffre d’affaires, soit un bénéfice net d’environ 750 euros. Mais il cesse son commerce illégal à l’été 2025 : « Ça prenait trop de proportions », glisse-t-il. Il vous reste 62.13% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.




