Iran : à l'approche de la fin du cessez-le-feu, le spectre d’une reprise de la guerre
Après bientôt deux mois de conflit dont on ne voit pas la fin, le cessez-le-feu de deux semaines entre les Etats-Unis, Israël et l'Iran s’apprête à expirer, ce mercredi 22 avril. Des négociations, annoncées par Washington, pourraient avoir lieu ce mardi au Pakistan. Mais ces dernières 48 heures, le président américain a fait monter au maximum la pression sur la République islamique, multipliant les déclarations menaçantes et laissant entrevoir une reprise du conflit.
L’échéance est imminente : Donald Trump a déclaré lundi que le cessez-le-feu prendrait fin "mercredi soir, heure de Washington", ajoutant qu’il était "très peu probable" qu’il soit prolongé en l’absence d’accord. Or, l’Iran n’a toujours pas confirmé sa participation aux pourparlers de paix censés se tenir entre mardi et mercredi à Islamabad. De son côté, la Maison-Blanche s'apprêterait à dépêcher le vice-président J.D. Vance, déjà envoyé le 11 avril au Pakistan pour une première série de négociations qui avaient échoué.
"Tout le pays sera dynamité"
Selon les médias iraniens, la levée du blocus du détroit d’Ormuz, actuellement contrôlé par les forces américaines qui empêchent certains mouvements de navires pétroliers iraniens, constituerait une condition préalable à toute reprise des discussions. La télévision d’État (IRIB) a ainsi affirmé que Téhéran n’avait "actuellement aucun plan pour participer à la prochaine session de discussions Iran – États-Unis", tandis que l’agence officielle Irna a indiqué qu’il n’existait "aucune perspective claire de négociations fructueuses". Le puissant président du Parlement iranien et chef de l’équipe de négociation, Mohammad Bagher Ghalibaf, a pour sa part évoqué de "nombreuses divergences".
Face à ce refus de revenir à la table des négociations, Donald Trump sort son arme habituelle : la menace. Les Etats-Unis "détruiront toutes les centrales électriques et tous les ponts en Iran" en cas d'absence d'accord d'ici mercredi soir, a-t-il prévenu dimanche. Avant d’ajouter sur Fox News que "s’ils ne signent pas ce document, tout le pays sera dynamité". Sur la chaîne PBS News, il a réitéré son florilège de menaces. Si le cessez-le-feu expire, "alors beaucoup de bombes vont recommencer à tomber", a déclaré le dirigeant dont la santé mentale est de plus en plus mise en cause, même au sein de son propre camp.
Donald Trump accusé d’avoir plombé les négociations
Selon certains médias américains comme la chaîne de télévision CNN, le président américain lui-même, par son attitude et ses déclarations, a participé à saboter les négociations en cours. Plusieurs éléments concrets, selon les sources de CNN, témoignaient ces derniers jours de discussions et de rapprochement prometteurs entre les équipes diplomatiques : des intermédiaires pakistanais faisaient état d’avancées significatives auprès de la Maison-Blanche, et des responsables américains évoquaient en privé la possibilité d’un accord imminent.
"Puis le président Donald Trump a fait exactement ce que ses collaborateurs avaient répété qu’il ne ferait pas : il a tenté de négocier par l’intermédiaire de la presse, en publiant des messages sur les réseaux sociaux", pointe le média. Parmi les affirmations lancées à tout va par le président américain sur les réseaux sociaux, Donald Trump a notamment soutenu que Téhéran aurait accepté plusieurs exigences américaines des plus controversées — notamment le fait de remettre aux États-Unis son uranium enrichi — alors même que les négociations n’étaient pas finalisées. De quoi faire exploser les pourparlers.
Lundi soir, l’Iran a répondu sur le même ton aux menaces américaines. Le pays est prêt à "abattre de nouvelles cartes sur le champ de bataille" si la guerre venait à reprendre, a prévenu sur X Mohammad Bagher Ghalibaf. Les forces armées apporteront "une réponse immédiate et décisive" à toute nouvelle action hostile de leurs adversaires, a ajouté ce mardi Ali Abdollahi, un haut commandant militaire iranien cité par l'agence de presse semi-officielle Tasnim. D'après ce dernier, Téhéran conserve l'ascendant sur le plan militaire, notamment en ce qui concerne la gestion du détroit d'Ormuz, qui en se retrouvant actuellement au cœur de la guerre installe chaque jour un peu plus la plus grande crise énergétique de l’histoire.




