Guerre en Ukraine : un nouveau musée à Pyongyang expose des chars et des blindés américains, allemands et français
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Guerre en Ukraine : un nouveau musée à Pyongyang expose des chars et des blindés américains, allemands et français Par Alexis Feertchak Le 28 avril 2026 à 11h15 Suivre Sujets Ukraine Russie Corée du Nord Lire dans l’app Sauvegarder Nouvelle fonctionnalité ! Avec votre compte, vous pouvez désormais sauvegarder des articles pour les lire plus tard sur tous vos appareils. Sauvegarder Fermer Sauvegarder un article Pour sauvegarder un article vous devez être connecté, vous pourrez ainsi les consulter sur tous vos appareils. Créer un compte Se connecter Copier le lien Lien copié Mail Facebook X Linkedin Messenger WhatsApp Kim Jong-un devant un char Leopard. Médias nord-coréens. Chars Abrams, Leopard, blindés AMX-10RC et VAB... Capturées lors de la guerre d’Ukraine, ces pièces occidentales ont été montrées en triomphe dimanche, lors de l’inauguration du «musée des opérations militaires étrangères». Passer la publicité Passer la publicité Publicité Il est loin le temps où la Russie gardait le silence autour de la présence de soldats nord-coréens engagés dans la bataille de Koursk. À l’été 2024, les Ukrainiens avaient réussi une percée spectaculaire dans cet oblast russe frontalier de l’Ukraine. À l’automne, les Russes contre-attaquaient, avec l’appui de quatre brigades nord-coréennes, ce qui sera officialisé début 2025 par Pyongyang et Moscou, la bataille de Koursk s’achevant en avril. Depuis, le régime ermite vante les hauts faits de ses soldats, passant sous silence les pertes élevées rapportées par les services de renseignement occidentaux - 2000 morts sur 12.000, selon Séoul. Qu’importe, pour Pyongyang, le symbole est ailleurs : pour la première fois de son histoire, la République de Corée a mené une opération militaire extérieure à l’étranger, qui plus est en Europe, à près de 7000 km de ses frontières. À découvrir PODCAST - Écoutez le club Le Figaro International Suivez les informations sur la guerre en Ukraine avec l'application du Figaro Une entreprise permise par la signature à Moscou en juin 2025 du «traité de partenariat stratégique global» russo-nord-coréen, qui contient une clause de défense mutuelle, une sorte d’équivalent de l’article 5 de l’Otan. Il s’enracine aujourd’hui à Pyongyang avec l’édification d’un «musée des opérations militaires étrangères» inauguré le 26 avril par Kim Jong-un, en présence d’une délégation russe composée, notamment, du ministre de la défense Andreï Belousov, et du président de la Douma d’État, Viatcheslav Volodine. À la télévision d’État nord-coréenne, les images glorieuses défilent, reprises par les médias russes, mais aussi chinois. Le public a été ému par les représentations de «batailles sanglantes» mais aussi de «combats au corps à corps défiant la mort et d’explosions héroïques et suicidaires choisies sans hésitation par les jeunes soldats», a rapporté KCNA. Passer la publicité Publicité Abrams, Leopard, AMX-10 RC, VAB... Au menu, feu d’artifice, concert, défilé aérien et soldats qui exultent devant leur dirigeant, tout sourire. Mais aussi traces matérielles de cet héroïsme mis en scène : en arrière-fond, les huiles défilent devant les carcasses de matériels pris à l’ennemi. C’est ainsi, désormais, qu’un char américain Abrams M1A1, un char allemand Leopard 2A4 ou un blindé de reconnaissance-feu français AMX-10RC peuvent être aperçus, les chenilles ou les roues fichées dans le sol de Corée du Nord. Ont aussi été aperçus un blindé de sécurité M1117 américain et un véhicule de transport de troupes VAB français. Il y a quelques années encore, cette présence incongrue serait passée pour farfelue. Elle fait désormais partie de ce nouveau monde où la conflictualité se mondialise sur fond d’alliance renforcée et plus ou moins assumée entre Moscou, Pékin, Téhéran et Pyongyang. À ce stade, néanmoins, les forces nord-coréennes n’ont pas été identifiées à grande échelle sur le territoire ukrainien. Elles ne sont intervenues massivement que sur le sol russe, dans le cadre de la bataille de Koursk, comme pour crédibiliser par le sang le nouveau «traité de partenariat stratégique global» dont l’encre était à peine sèche. À cet égard, la présence du blindé AMX-10RC français, utilisé par les forces armées ukrainiennes, est un bel exemple de propagande : cet exemplaire exposé n’a pas été capturé par les Nord-Coréens du 11e corps d’armée de l’Armée populaire, mais par les Russes en 2023 dans l’oblast de Zaporijjia. L’engin à six roues, équipé d’un canon de 105 mm, a d’abord été exhibé à Marioupol, dans le Donbass annexé, puis à Moscou en 2024. À lire aussi De l’Ukraine à l’Iran, les leçons de Svetchine, le stratège soviétique qui avait prédit le péril des longues guerres d’usure Depuis la fin de la bataille de Koursk, les missions nord-coréennes se poursuivent en Russie, mais surtout en matière de déminage et de logistique, en arrière du dispositif engagé en Ukraine. Pourraient-elles aller plus loin ? La Corée du Nord «soutiendra comme toujours pleinement la politique de la Fédération de Russie visant à défendre la souveraineté nationale, l’intégrité territoriale et les intérêts sécuritaires», a déclaré Kim Jong-un à Andreï Belousov, cité lors de sa visite par l’agence de presse nord-coréenne KCNA. Le dirigeant a exprimé sa «conviction que l’armée et le peuple russes remporteraient sans aucun doute la victoire dans cette guerre sacrée et juste». En attendant, les blindés américains, allemands ou français capturés, réunis dans ce nouveau cimetière communiste, sont malgré eux passés à l’Est.





