Free party : « Le mouvement ne va pas s’arrêter »… Pourquoi il est quasiment impossible d’identifier les organisateurs
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Par 78 voix de droite, du centre et de l’extrême droite, la proposition de loi de la députée Horizons, Laetitia Saint-Paul, a été adoptée. S’il est confirmé au Sénat - ce qui semble probable - le texte imposera des peines allant jusqu’à six mois de prison et 30.000 euros d’amende pour toute personne qui contribuera « de manière directe ou indirecte à la préparation, à la mise en place ou au bon déroulement » d’une free party. Objectif de la droite : acculer les organisateurs de ces rassemblements illégaux. Avec l’espoir, sans doute, que ces fêtes libres s’effacent peu à peu du paysage. Mais la mission d’identification s’annonce complexe. Car dans ce milieu autogéré, il est très difficile de trouver les têtes pensantes. Ce ne sont pas des associations déclarées avec un président, un secrétaire et un trésorier. Portées par des sound-system sans hiérarchie ni organigramme, les teufs sont des événements collectifs auxquels contribuent des dizaines de personnes qui partagent la même passion de la fête libre. « Il n’y a pas de chef, pas de donneur d’ordre. Chacun ramène ce qu’il peut et tout le monde file un coup de main. Alors oui, il y a des personnes qui sont plus dans l’orga que d’autres, mais on ne sait pas toujours qui c’est. On a un côté anarchiste », témoigne Fanny, qui fréquente le milieu depuis « six ou sept ans ». Les gendarmes ont beau tenter d’identifier les têtes pensantes, ils se heurtent à chaque fois à l’absence d’organigramme. Un exemple ? Au nouvel an 2021, en pleine pandémie de Covid, la teuf de Lieuron, en Ille-et-Vilaine, a défrayé la chronique. La France aurait alors volontiers fusillé les irresponsables qui ont organisé l'événement. En 2024, les quelques personnes identifiées et soupçonnées d’avoir participé à l’événement ont toutes été relaxées par la justice. Le mouvement underground est difficile à tracer. Car à chaque nouvelle fête, c’est une nouvelle équipe qui se forme pour installer le matériel, gérer les accès, prévenir les teufeurs et encadrer les stands de prévention. « Il n’y a pas de gourou ou de président. Tout simplement parce que personne ne peut faire ça seul. Tu ne fais pas une teuf juste avec quelques orgas. Tout le monde est un maillon de la chaîne, tout le monde file un coup de main », témoigne Jeff (prénom d’emprunt), organisateur et DJ habitué des free parties. Dans une tribune publiée sur Télérama, plusieurs collectifs, dont Tekno Anti Rep, ont dénoncé ouvertement cette loi jugée répressive. « Une politique qui criminalise et réprime aussi violemment la fête libre, ce n’est pas de la sécurité, c’est de l’autoritarisme », dénoncent les signataires. Mais faute de chef, la voix a du mal à être entendue. A part les teufeurs eux-mêmes, qui va se lever pour défendre un mouvement perçu comme un rassemblement de punks à chien qui écoutent du boum boum ? « Il y a des personnes qui ont essayé d’être des porte-paroles, mais ça n’a pas fonctionné. La free party n’est pas contrôlable », reconnaît Jeff. Critiquée par la gauche, la loi prévoit également une amende de 1.500 euros pour les simples participants. En augmentant sérieusement le prix des amendes, la France veut faire peur aux teufeurs. Est-ce que cela va les dissuader ? « Ça peut devenir un frein. Avant, les flics mettaient 135 euros d’amende au conducteur. On partageait, donc ça allait. Maintenant, ils mettent 135 euros à tout le monde. Ça te fait un peu réfléchir. Il y a des gens qui ne viendront plus », reconnaît Fanny. Ces dernières années, de nombreux préfets ont pourtant durci leurs arrêtés interdisant les rassemblements pour un week-end, une semaine, plusieurs mois ou même une année. « Pousser la fête encore davantage dans la clandestinité aggrave exactement ce que l’on prétend combattre », s’inquiètent les signataires du texte. Ce qui inquiète les adeptes de la teuf, ce sont les risques encourus par les participants. Avec cette nouvelle loi, les personnes « intervenant exclusivement dans le cadre des actions de réduction des risques » seront toutefois épargnées par les sanctions. Mais à entendre les anciens, la free party ne va pas s’arrêter là. « Ça fait plus de trente ans qu’on fait ça. Tu ne peux pas éteindre un truc qui est autogéré et autosuffisant. Ça va continuer à exister. Le mouvement ne va pas s’arrêter », explique Jeff. « Rien n’arrête un peuple qui danse », scandent souvent les teufeurs. Découvrez l‘ensemble de nos applications 20 Minutes ! 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