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Frappes sur des infrastructures civiles en Iran : l’effet boomerang pour Donald Trump

العالم
L'Express
2026/04/04 - 16:11 501 مشاهدة

Donald Trump multiplie les menaces contre l'Iran. L'une des dernières en date ? Le président américain a averti, dans son allocution dans la nuit du 1er au 2 avril, qu'il allait "renvoyer l'Iran à l'âge de pierre auquel il appartient", brandissant la menace de nouvelles frappes lors des prochaines semaines. Un peu plus tôt, le 30 mars, Donald Trump a menacé de mettre fin à la guerre en "faisant sauter et en anéantissant" toutes les centrales électriques, les puits de pétrole, le terminal pétrolier de l'île de Kharg et "éventuellement" toutes les usines de dessalement iraniennes si le pays n'ouvrait pas le très stratégique détroit d'Ormuz. Ce samedi 4 avril, le locataire de la Maison-Blanche a lancé un nouvel ultimatum à l’Iran, lui accordant "48 heures" pour parvenir à un accord avec Washington ou rouvrir le détroit d'Ormuz, faute de quoi les Etats-Unis promettent de "déchaîner les enfers sur eux".

Les frappes américaines et israéliennes se poursuivent contre l'Iran, et les infrastructures civiles sont de plus en plus touchées par des frappes jugées potentiellement contraires au droit international humanitaire. Au lendemain de l'allocution télévisée du président américain, l'Institut Pasteur d'Iran, le centre de recherche médicale et de santé publique le plus ancien et le plus prestigieux du pays et du Moyen‑Orient, situé à Téhéran, a été gravement endommagé lors d’une attaque aérienne. Ni les Etats‑Unis ni Israël n'ont, à ce stade, revendiqué cette frappe. Ce centre, désormais hors service après ces attaques, fournissait plus de 50 % des vaccins du pays, produisant annuellement plus de 15 millions de doses, principalement pédiatriques, rappelle Le Monde.

Le pont B1 détruit par les Etats-Unis

Le 31 mars, selon les autorités iraniennes, des frappes distinctes avaient touché Tofigh Darou, l'une des plus grandes entreprises pharmaceutiques publiques d'Iran. Ces missiles ont détruit ses unités de production et de recherche et développement, ont rapporté mardi les médias d'Etat, accusant Israël d'être à l'origine de cette frappe. Selon la Société d'investissement de la sécurité sociale, dont une filiale est propriétaire de l'entreprise, Tofigh Darou est un important producteur de médicaments anticancéreux et d'anesthésiques en Iran. Ces frappes contre le système de santé ne sont pas isolées. Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a dénoncé "les multiples attaques" visant des établissements de santé en Iran depuis le début de la guerre, précisant que "plus de 20 attaques contre des structures de santé ont été vérifiées".

Les voies de circulation sont également visées. Jeudi 2 avril, le pont suspendu B1, à Karaj, a été fortement endommagé. Ce pont en construction, permettant de relier Téhéran à la mer Caspienne, a été bombardé à deux reprises par des avions américains. Les Iraniens avaient réussi un véritable coup de force en faisant sortir de terre cet édifice, long de 1,2 kilomètre et haut de 136 mètres, soit l'ouvrage présenté par l'Iran comme le plus haut de ce type au Moyen-Orient. Quelques heures plus tard, Donald Trump a revendiqué ces frappes sur son réseau Truth Social : "Le plus grand pont d'Iran s'est effondré et ne sera plus jamais utilisé."

Un effet contre-productif ?

Ce n'est pas la première fois que les infrastructures civiles sont visées en Iran. Une école du sud du pays a ainsi été détruite le premier jour de la guerre, la frappe attribuée aux Etats-Unis tuant plus de 160 enfants et enseignants, alors que Washington et Tel Aviv affirment ne frapper que des cibles utilisées à des fins militaires ou par les services de sécurité. Dans un communiqué du 8 mars, rappelle Bloomberg, le commandement central américain a ainsi déclaré qu'il "prend toutes les précautions possibles pour minimiser les dommages causés aux civils, mais ne peut garantir la sécurité des civils dans ou à proximité des installations utilisées par le régime iranien à des fins militaires".

Israël a également frappé assez tôt dans le conflit des installations civiles, notamment des centres de soin. Mais sa priorité opérationnelle était d'affaiblir le régime et d'encourager les Iraniens à le renverser. Un objectif qui semble de plus en plus lointain et illusoire. "L'expérience montre que le régime iranien ne se transforme pas sous l'effet des bombardements extérieurs. Une évolution durable suppose des dynamiques internes, portées par la société iranienne elle-même", analyse Hamid Enayat, politologue et spécialiste de l'Iran, auprès de La Tribune. "L'hypothèse implicite d'un affaiblissement rapide du régime, voire d'un soulèvement populaire, ne s'est, à ce stade, pas vérifiée. Bien au contraire", abonde Reza Pirzadeh, expert en relations internationales dans une analyse publiée sur le site de l'Institut Montaigne. "La société iranienne a été replacée dans une logique de défense nationale. Les destructions d'infrastructures, les pertes civiles et les atteintes au territoire ont provoqué un réflexe de ralliement classique en temps de guerre", constate-t-il.

Selon cet expert, si "une partie de la population iranienne a pu, un temps, accorder du crédit aux promesses de Donald Trump de lui venir en aide, les développements récents (comme les destructions d'infrastructures civiles et les citoyens tués dans les frappes américano-israéliennes, NDLR) ont profondément altéré cette perception". "Cette évolution nourrit une colère croissante envers Israël et les Etats-Unis", relève-t-il. Selon Reza Pirzadeh, "cette guerre pourrait produire un effet inverse à celui recherché : non pas l'effondrement de la République islamique, mais sa transformation et son renforcement".

La nouvelle tactique du pouvoir iranien

Tous ces événements consolident le régime dans sa narration de "défense de la nation". Comme le relève Reuters, les dirigeants iraniens ont adopté une nouvelle tactique pour montrer qu'ils sont toujours aux commandes, et pour tenter d'obtenir le soutien d'une partie de la population pendant cette guerre. De hauts responsables se promènent ainsi ouvertement dans les rues au milieu de petits groupes rassemblés en soutien à la République islamique, afin d'afficher une image d’unité face aux attaques, et mettre en avant la résistance contre l'agression étrangère, qui tend à renforcer le sentiment anti-occidental. Ces derniers jours, le président et le ministre des Affaires étrangères iraniens ont ainsi été vus séparément au milieu de groupes de plusieurs centaines de personnes dans le centre de Téhéran.

Des analystes affirment que le pouvoir en place cherche notamment à amplifier le coût "politique et réputationnel" des frappes. Selon Hadi Ghaemi, directeur du Centre pour les droits de l'homme en Iran basé à New York, le régime utilise également ces foules loyales comme boucliers humains pour augmenter le coût de toute tentative d'assassinat. Il faut dire que le régime des mollahs est fragile, après les manifestations de janvier réprimées très durement : si la République islamique est née d'une révolution en 1979 soutenue par des millions d'Iraniens, des décennies de règne marquées par la corruption, la répression et la mauvaise gestion ont érodé ce soutien et aliéné une grande partie de la population.

Si le conflit perdure et que le régime reste en place, la population pourrait donc non seulement être confrontée à une répression politique et sécuritaire accrue, mais aussi à des problèmes provoqués par les frappes américano-israéliennes, notamment sanitaires. "En détruisant ou en paralysant l'Institut Pasteur, ce n'est pas seulement une capacité de production qui disparaît, mais tout le système de surveillance microbiologique, de prévention des épidémies et de réponse sanitaire d'urgence", avertit ainsi auprès du Monde Iradj Sobhani. Selon ce professeur à la Faculté de médecine du groupe hospitalier universitaire de Paris‑Créteil (AP‑HP) et de l'université Paris-Est‑Créteil, en cas d'atteinte aux réseaux d'eau potable ou d'assainissement, "le pays serait exposé à un risque majeur de catastrophe infectieuse, notamment en temps de guerre ou de catastrophe naturelle".

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