France : la traque des statues de Bugeaud, l’enfumeur d’Algérie se poursuit
Criminels en Algérie, honorés en France. De nombreux chefs militaires ayant commis les pires atrocités en Algérie pendant la conquête coloniale ont toujours leurs statues érigées ou des rues qui portent leurs noms dans les villes françaises.
Le débat sur l’opportunité de continuer à honorer de tels personnages revient régulièrement en France.
Le plus ciblé est le maréchal Bugeaud, dont les crimes commis en Algérie sont aussi innombrables qu’insoutenables. Dans le Périgord (sud-ouest de la France), associations et historiens continuent de faire la traque aux monuments érigés en l’honneur du sinistre personnage.
Il s’agit particulièrement de deux statues qui trônent dans les villes de Périgueux et Excideuil.
Bugeaud est encore honoré à cause d’une grande tromperie. Ayant été député et maire d’une localité de la région (Lanouaille), c’est soi-disant au nom de ce qu’il a accompli pendant ses mandats que ses statues sont maintenues.
Mais la supercherie ne trompe plus grand monde : c’est bien en sa qualité d’officier de l’armée française, et particulièrement son action en Algérie, que le maréchal est célébré.
“Nous militons pour une juste biographie, seule une partie élogieuse de l’histoire est présentée aux Périgourdins”, déclare au journal Sud-Ouest une membre du collectif “Déboulonnons Bugeaud”.
Bugeaud a massacré des Algériens et même des Français
Ce collectif, avec un autre baptisé “Traques de traces coloniales en Périgord”, ont depuis plusieurs années dans le viseur les statues, noms de places publiques et autres hommages rendus aux criminels de guerre en Algérie.
Dans le cas de Bugeaud, la tromperie va jusqu’à cacher aux habitants locaux qu’il a un registre sombre même en France et que ses victimes se comptent aussi parmi le peuple français.
“On connaît le créateur des comices agricoles, mais on ne dit pas, par exemple, que Bugeaud réprimait férocement ceux qui luttaient contre la monarchie”, souligne la même militante. Car avant de s’ “illustrer” en Algérie à partir de 1836, il a fait ses “preuves” en France en étant l’auteur du massacre de la rue Transnonain à Paris qui a ciblé les opposants à la monarchie.
En Algérie, comme commandant de corps expéditionnaire puis comme gouverneur général (1840-1847), il s’est distingué par ses méthodes d’une rare atrocité pour venir à bout de la résistance du peuple algérien à la conquête coloniale. La politique de la terre brûlée et les enfumades des populations algériennes dans des grottes ont notamment eu lieu sous ses ordres. Des méthodes dont se sont inspirées les nazis allemands durant la Seconde guerre mondiale.
La ‘’pacification’’ de l’Algérie par Bugeaud a donné lieu à des “crimes contre l’Humanité”
Parmi les contestataires contre les statues du maréchal dans le Périgord figure aussi l’historien Olivier Le Cour Grandmaison. Lors d’une récente conférence donnée à Excideuil, il a rappelé que la ‘’pacification’’ de l’Algérie par Bugeaud a donné lieu à des “crimes contre l’Humanité”.
La semaine passée, l’historien a affirmé que le « ce récit réputé glorieux de l’histoire de France » a permis de dissimuler « l’extrême brutalité de la colonisation française ». Il a réitéré la comparaison aux crimes nazis faite par le journaliste Jean-Michel Aphatie.
“Les cadavres ont parfois été brûlés dans des fours à chaux pour les faire disparaître” et ces techniques de terreur “n’ont pas grand-chose à envier aux méthodes employées par la division Das Reich à Oradour-sur-Glane”, a-t-il déclaré à France 24.
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