France : ces médias qui parlent de l’Algérie « matin, midi et soir »
Avant même la crise politique entre Alger et Paris, certains médias français notamment ceux du groupe Bolloré se sont fait une spécialité de s’attaquer à l’Algérie et de dénigrer les Algériens de France. Qui sont ces médias, qui les contrôlent et pourquoi un tel acharnement, qui a tout l’air d’une action concertée, sur un pays étranger ?
L’Algérie est omniprésente dans la thématique de certains médias français. On en parle “matin, midi et soir”, pour reprendre la formule de la députée écologiste Sabrina Sebaihi, et pas souvent en bien. Cette obsession ne saute pas seulement aux yeux, elle est désormais chiffrée.
En décembre dernier, en réplique à l’affaire dite de “la bûche”, la chaîne publique algérienne Al24 News a souligné que le mot « Algérie » a été cité plus de 24 000 fois en 2025 sur plusieurs chaînes d’information françaises, notamment CNews, BFM TV, LCI et France Info. Les chaînes françaises ont diffusé pendant la même année plus de 2000 émissions “contre” l’Algérie, a ajouté le média algérien.
Ces données sont issues de surveillances médiatiques et de comptages automatisés, a-t-on précisé.
L’affaire de la bûche de Noël illustre justement cet acharnement à coup de mensonges. Cnews avait soutenu que l’Algérie a décrété l’interdiction de la vente des gâteaux en forme de bûche dans les pâtisseries à l’approche des fêtes du nouvel an. L’idée était de faire croire que les libertés religieuses étaient persécutées en Algérie.
CNews, la palme de “l’Algérie bashing”
CNews, la chaîne du groupe Vincent Bolloré, détient la palme de ce qui est considéré comme de “l’Algérie bashing”, notamment à travers son émission phare ”L’heure des pros” animée par Pascal Praud.
Lancée en 1999 par le groupe Canal+ sous le nom de i-Télé, la chaîne d’information est rebaptisée Cnews en 2017, après la prise du contrôle du groupe Canal+ et de Vivendi par le milliardaire d’extrême-droite Vincent Bolloré.
Depuis, le média est classé par Reporters sans frontières (RSF) comme une chaîne d’opinion et non pas d’information. L’arrivée de Bolloré a provoqué une grève des journalistes et le départ des trois quarts d’entre eux.
Bolloré a constitué un empire médiatique appelé par la presse française “la galaxie Bolloré”, composée des chaînes du groupe Canal+, de magazines (Gala, Voici, Capital), de journaux comme Le Journal du Dimanche (JDD) racheté en 2021 au groupe Lagardère, et de maisons d’édition.
Vincent Bolloré a mis tous ses médias au service du courant extrémiste, anti-immigrés et anti-algérien. Un comble pour un homme d’affaires qui doit sa fortune à l’Afrique, où sa société de transport et de logistique réalisait 40% de son chiffre d’affaires.
Quand Europe 1 insulte son passé
La radio Europe 1 appartient au groupe Lagardère mais un accord avec le groupe de Bolloré a fait basculer son contenu. La chaîne est actuellement l’un des porte-voix de l’extrême-droite et de la droite identitaire, avec une omniprésence de l’Algérie dans ses programmes.
Depuis 2021, la stratégie mise en place s’articule autour de la diffusion conjointe de programmes avec CNews, comme Punchline de Laurence Ferrari, L’Heure des Pros de Pascal Praud ou encore Le Grand Rendez-vous avec la Franco-tunisienne Sonia Mabrouk qui a fini par quitter le navire, poussée à la sortie.
La relation avec l’Algérie et l’immigration algérienne sont parmi les thèmes centraux de ces émissions.
Pour Europe 1, il s’agit d’une insulte à son passé, elle qui fut l’un des rares médias français à avoir eu le courage de dénoncer la torture pendant la guerre d’Algérie.
La même chose peut-être dite du magazine L’Express qui même s’il ne fait pas partie de la même galaxie, a offert récemment une lecture très biaisée de la visite du Pape Léon XIV en Algérie.
Tout comme le magazine Le Point qui sans faire partie de la galaxie Bolloré, même le même combat que les médias de cet homme d’affaires ultraconservateur, et le Figaro, un journaliste de droite dont le courant a épousé sans contrepartie toutes les thèses de l’extrême droite.
Toujours dans la presse écrite, Vincent Bolloré a acquis Le Journal du Dimanche (JDD), racheté à Lagardère en 2021. Là aussi, la transaction était suivie d’une grève et d’un départ des employés. Depuis, l’hebdomadaire à la longue histoire (fondé en 1948) défend les thèses du courant extrémiste et la ligne anti-algérienne.
Frontières, un gourou nommé Xavier Driencourt
L’apparition de Boualem Sansal à la Une de ce journal, avec l’extrémiste Philippe de Villiers en avril dernier, avait ravivé les accusations d’avoir basculé complètement dans le courant extrémiste qui ciblaient l’écrivain franco-algérien.
Avant cette Une, les éléments qui confortaient cette accusation étaient nombreux. A peine sorti de prison, Sansal a quitté son éditeur historique, Gallimard, pour un autre de la galaxie Bolloré, Grasset, suscitant un séisme littéraire en France.
Toute l’affaire Sansal avait du reste commencé par une interview accordée à un média d’extrême-droite. En novembre 2024, Sansal avait soutenu dans le média Frontières qu’une partie de l’Algérie appartient historiquement au Maroc, ce qui lui a valu d’être poursuivi et condamné en Algérie.
Ce média a été lancé sous la forme d’abord d’une chaîne Youtube appelée Livre noir puis d’un site internet, par trois personnages de la droite identitaire, Erik Tegnér, François de Voyer et Swann Polydor, avant de se décliner en version papier et radiophonique.
Frontières est considéré comme un soutien “officieux” d’Eric Zemmour et compte dans son “comité stratégique” un certain Xavier Driencourt, l’ancien ambassadeur en Algérie devenu un grand pourfendeur de ce pays.
Ce sont là quelques titres de la presse française qui ont fait ces dernières années de l’Algérie un thème central de leur contenu. Évidemment, la liste est loin d’être exhaustive.
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